25/09/2017

Pologne - Bialowieza, la forêt de la discorde

Le 22 septembre dernier, RTS INFO nous apprenait que le fonds Bruno Manser avait déposé une pétition réclamant l'abandon des travaux de défrichage entrepris dans la forêt de Bialowieza une vaste zone boisée de 1500 km 2 qui s'étend située de part et d'autre de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie et qui constitue la dernière forêt primaire d'Europe. Cette forêt classée par l'UNESCO au titre de réserve mondiale de la biosphère est un véritable paradis pour les animaux sauvages qui y vivent :  bison d’Europe, cerf, chevreuil, sanglier, loup, castor, lynx , loutres , renards sans même parler des oiseaux, des reptiles et invertébrés. Le bison d'Europe, animal emblématique y prospère en liberté puisqu'on en compte près de 450 qui vivent dans la partie polonaise de la forêt et environ 300 en Biélorussie. Depuis quelques mois,Geenpeace et le WWF notamment, s'opposent vigoureusement aux travaux de défrichage entrepris par le gouvernement polonais dans la forêt de Bialowieza. L'Union européenne a prié la Pologne de mettre fin sans délai à ces abattages d'arbres conformément à une décision de sa Cour de justice. Le gouvernement polonais a recouru contre cette décision et attend l'issue du recours. Il y a dix jours à Bialowieza, j'ai voulu en savoir plus, tout en me gardant bien de me mêler à une querelle de nature politique. J'ai prêté une oreille attentive à ce qui se disait autour de nous par les uns, notamment quelques étudiantes sensibilisées à l'écologie, et par les autres, notre guide forestier actif dans la forêt depuis plus de quarante ans. Comme souvent en pareil cas, je me suis rendu que la vérité est à mi-chemin. De quelle forêt parle-t-on ? Quel en est le périmètre véritablement protégé ? J'ai pu constater par exemple que les coupes de bois sont entreprises en dehors de l'immense territoire de la principale réserve. S'agissant des raisons justifiant les coupes invoquées par les autorités, si au départ il était question de lutter contre les ravages causés par  le bostryche typographe et de couper des centaines d'arbres morts, aujourd'hui, ces coupes sont motivées pour des raisons de sécurité. Quel en est le vrai motif ? difficile de le dire ! S'agissant du bois abattu, il est récolté, débité et commercialisé, ce qui exacerbe le conflit avec les protecteurs de la forêt qui souhaitent pour le moins que ce bois abattu soit laissé sur place pour se décomposer progressivement selon un processus naturel. Pour compliquer les choses, en dehors du périmètre protégé, si certaines parcelles de Bialowieza sont propriété du gouvernement, d'autres sont aux mains de propriétaires privés qui les exploitent sous la supervision de l'Office national des forêt. Et plus généralement, Il ne faut pas être grand spécialiste pour se rendre compte que l'équilibre de la forêt a été au fil du temps mis à mal par l'activité humaine en raison notamment d'une monoculture forestière à rebours du bon sens, sans parler de la pollution atmosphérique générée par l'usage du charbon, principale source de chauffage en Pologne et aussi vraisemblablement, des retombées indirectes de la catastrophe de Tchernobyl. Je croyais aussi que l'immense forêt de Bialowieza n’avait quasiment pas été modifiée par l’homme depuis son apparition, il y a douze mille ans. Là encore, il m'a fallu déchanter. En marche sur la Russie en 1812, les armées de Napoléon avaient passé par là, chassant pour se nourrir et coupant du bois pour se chauffer. Avant la Première Guerre mondiale, la forêt à été exploitée intensivement et sans égard pour la nature par l'Empire russe. Plus tard, pendant la Première Guerre mondiale, plus de 5 millions de mètres-cubes de bois ont été coupés par les Allemands qui occupaient la région depuis 1915. Un réseau de 300 km de rails a même été construit permettant d'assurer le ravitaillement en bois, matière première stratégique pour les militaires. Après la fin du conflit, ce réseau ferré fut utilisé par le jeune Etat polonais en mal de devises, faisant lui aussi commerce du bois abattu même si c'est de 1921 que date le premier décret de protection d'une partie de la forêt. La Seconde Guerre mondiale et la période qui suivit laissèrent aussi des traces indélébiles sur la forêt. En conclusion, je crains qu'on n'en ait pas encore fini avec les péripéties qui défraient la chronique s'agissant des enjeux écologiques, politiques et juridiques liés aux abattages d'arbres dans la forêt de Bialowieza. Plus généralement, il est vital que ce joyau de la nature puisse être préservé dans le respect des intérêts des uns et des autres pour les générations futures. Le bon sens doit prévaloir et le contraire serait un crime contre la nature.

 Claude Bonard

Bialowieza carte.jpg Pour en savoir davantage :

http://ct50.espaces-naturels.fr/node/1680

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/02/en-pologne-le-pouvoir-qui-gache-la-foret_1587825

https://de.wikipedia.org/wiki/Bia%C5%82owie%C5%BCa-Urwald

 

 

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24/09/2017

Français Autrichiens et Russes se sont battus en Suisse en 1799 ! Ne l'oublions pas !

La Suisse, fut le champ de bataille de l'Europe. Zurich.jpgOn a tendance à l'oublier aujourd'hui, Français, Russes et Autrichiens se sont affrontés en Suisse, notamment en 1799 au coeur du massif alpin, au Saint-Gothard, en Engadine mais surtout à Zurich à deux reprises où André Masséna, futur duc de Rivoli et prince d'Essling fut victorieux les 25-26 septembre 1799 en battant l'armée russe du général Korsakov.

Cette victoire fut déterminante pour les armées de la République et sauva la France de l'invasion. A noter qu'il y eut deux batailles de Zurich au cours de l’année 1799.

La première du 2 au 6 juin 1799, qui vit la victoire de l'armée autrichienne de l'Archiduc Charles et qui contraignit Masséna à se replier, et la seconde, victorieuse pour les Français les 25 et 26 septembre 1799.

Illustration: Masséna à Zurich par François Bouchot


Pour en savoir davantage :DHS : http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8917.php

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22/09/2017

Soigner en politique, l'art du guérisseur

Bréviaire.jpeg

Or donc, nous avons un nouveau ministre des affaires étrangères en Suisse en la personne de M. Ignazio Cassis dont la mission première sera celle de mettre en œuvre la politique extérieure du pays et d'assurer les relations avec tous les partenaires de la Suisse au niveau diplomatique. 
Un médecin aux affaires étrangères, pourquoi pas ? peut-être pourrait-il "soigner" les crises et les plaies qui caractérisent aujourd'hui les relations internationales comme on soignerait un patient ! et Il y a aujourd'hui comme hier, pas mal de "malades qui nous gouvernent "pour reprendre l'expression du Dr Pierre Rentchnick dans un livre resté célèbre.

Cette désignation m'a fait ressortir de ma bibliothèque et relire un petit livre dont l'écriture est attribuée au cardinal Mazarin, (Giulio Raimondo Mazzarino) que je vous recommande. Un ouvrage qui n'a pas pris une ride et que toute personne s'intéressant aux relations diplomatiques devrait avoir lu au moins une fois. Je vous en livre ces quelques citations :

- "Agis avec tes amis comme s’ils devaient devenir un jour tes ennemis.

- "Dans une communauté d’intérêts, il y a danger dès qu’un membre devient trop puissant.

- "Méfie-toi de tout ce vers quoi t’entraînent tes sentiments.

- "Cinq conseils :
1. Simule.
2. Dissimule.
3. Ne te fie à personne.
4. Dis du bien de tout le monde.
5. Prévois avant d’agir.
- Les amis n’existent pas. Il n’y a que des gens qui feignent l’amitié."

Il nous reste à souhaiter bonne chance à M. Cassis !

Pour en savoir davantage, lire http://montaiguvendee.fr/cms/uploads/pdf/Bibliotheque/Schopenhauer/Br%C3%A9viaire%20des%20politiciens.pdf

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