28/04/2017

Le coq et l'aigle noir

“La haine, c’est l’hiver du coeur”

Victor Hugo

coq job.jpgCette illustration de JOB me fait penser à des événements très actuels. Jacques Onfroy de Bréville, dit JOB, était un illustrateur français décédé en 1931 à Neuilly-sur-Seine. Son nom d'artiste, « Job », est composé à partir de l'initiale de son prénom "Jacques et de celles de son nom de famille, Onfroy de Bréville. Ses livres d'histoire, illustrés par son talent, ont enchanté des générations d'enfants. J'en suis toujours friand. C'est mon côté enfant qui ressort ( à 71 ans!). Ceux de ma génération et de celles qui ont précédé ont rêvé en tournant les pages de  "Murat", "Le Grand Napoléon des petits enfants", "Jouons à l'histoire", "Louis XI", "Napoléon", "Bonaparte" et "Les Gourmandises de Charlotte" notamment.  Ces ouvrages ont  pourtant  stimulé un nationalisme exacerbé qui a conduit à la confrontation de 1914-1918. On le mesure aujourd'hui, ce qui n'enlève rien au talent de l'artiste.  En Alsace, le génial illustrateur "Hansi", au même titre que JOB, a  dessiné de féroces satire anti-allemandes, fort heureusement passées de mode aujourd'hui. Hansi demeure pourtant un artiste incontournable en Alsace, au même titre qu'Edouard Elzingre, le peintre de l'Escalade et de l'histoire genevoise l'est chez nous.

Cette affiche de propagande dessinée par jOB remonte à une époque fort heureusement révolue, celle de la "revanche".  Une "revanche" suivie  de la "Der des Der" si sanglante. Et 21 ans plus tard, notre continent sombrait à nouveau dans une violence et lune terreur plus dévastatrices encore. Aujourd'hui, 72 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette affiche me semble à nouveau d'une brulante actualité. Elle doit nous inciter à nous souvenir. Rien n'est acquis définitivement. Je trouve ce graphisme plutôt en phase avec la période que nous vivons.... l'aigle noir à terrasser n'étant plus l'aigle de 1914. Le coq triomphant de 1918 est devenu  pacifique et l'aigle d'outre Rhin cheminent aujourd'hui main dans la main pour la défense de la démocratie.

En revanche, d'autres volatiles noirs maléfiques rodent dans le ciel de l'Europe et du monde. Et ce ciel n'a pas de frontières. Alors prenons garde !  JOB et Hansi ont des successeurs. Fasse le ciel que les orages qui plombent l'horizon  ne leur donne  pas l'opportunité de dessiner  à  nouveau de sombres et belliqueux volatiles ! 

Claude Bonard 


Illustration, collection CB

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27/04/2017

Même si "l'Histoire ne repasse pas les plats"

Ces jours, au vu de l'emballement de l'actualité, je ne peux m'empêcher de penser à cette citation de Jean-Rodolphe de Salis (1901-1996) tirée de ses "Réflexions sur l'étude de l'histoire" publiées en 1936. Une citation plus actuelle que jamais, même si "l'histoire ne repasse pas les plats".

" A quoi sert l'histoire sinon à relier les unes aux autres les générations qui passent, et à représenter la continuité de l'effort humain ? Tant qu'il y a une histoire, nous resterons en possession de l'héritage que nos devanciers nous ont légué. Si vous l'abolissez, nous ne serions bientôt que de lamentables dépossédés qui retomberaient en barbarie. Nous cesserions, en effet, de comprendre le monde qui nous entoure, et, ne le comprenant plus, il serait comme un arbre à qui on a coupé ses racines".

A propos de von Salis, lire : https://books.google.ch/books

 

 

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26/04/2017

Etait-ce possible, au 19e siècle d'avoir été Conseiller fédéral en Suisse, puis de devenir général dans l'armée française ?  Réponse OUI ! 

Petit résumé : Ulrich Ochsenbein est élu au Conseil fédéral le 16 novembre 1848. Il prend la tête du Département militaire fédéral. Il ne sera pas réélu en 1854. Il réoriente sa carrière et c'est comme officier dans l'armée française qu'il va s'illustrer hors de nos frontières. En effet, l'Empereur Napoléon III qui avait grandi en Thurgovie et qui avait accompli sa formation militaire à Thoune sous la direction de Dufour appréciait au plus haut point les compétences militaires des Suisses. Il souhaitait  créer une "Légion suisse". Ochsenbein usa de son influence pour faire renoncer l'Empereur à cette appellation qui aurait pu faire quelques vagues en Suisse, même si au même moment, les Anglais créaient une "British Swiss Legion" destinée au front de Crimée. Ochsenbein prit ainsi le commandement de ce que l'on appela la "2e Brigade étrangère" . Son parcours sera impressionnant puisqu'il deviendra général de brigade en 1855 pendant la guerre de Crimée, puis général de division en 1871 pendant la guerre franco-allemande.

À la suite de l’armistice du 28 janvier 1871, le général Ochsenbein, titulaire de la croix de chevalier de la Légion d'honneur  est libéré de ses obligations militaires et rentre en Suisse où il tente de revenir en politique, sans trop de succès.  Je me souviens de l'époque où son uniforme de général français était exposé au Musée d'histoire de Berne, suscitant la curiosité des visiteurs.  De nombreuses publications historiques ont été consacrées à cet étonnant personnage.

Curieux 20170426_123831.jpgparcours ne trouvez-vous pas ?

 

Claude Bonard

Sources : 

Lire dans le Dictionnaire Historique de la Suisse l'article qui lui est consacré : http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F4633.php

Lire aussi : https://www.infolio.ch/livre/ulrich-ochsenbein-1811-1890.htm

Site internet : http://farac.org/index.php/infos-farac/traditions-et-documents/item/johann-ulrich-ochsenbein-2

 

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