04/07/2017

De Juillet 1782 à juillet 1794, sale temps politique à Genève

De juillet 1782 à juillet 1798, le baromètre politique est sur "tempête" à Genève.  Le mois de juillet 1782 est un mois synonyme d'agitation politique et d'occupation militaire pour la République. En effet, l20170704_125051 (1).jpges armées de Berne, du roi de France et aussi de Sardaigne interviennent militairement et rétablissent l’ordre à Genève à la suite du soulèvement des Natifs et de ses suites. En effet, de nombreux membres de la fraction conservatrice des autorités, connus sous le nom « d’Ultra-Négatifs » sont arrêtés à la suite de cette insurrection et détenus en tant qu’otages. Un nouveau Conseil général est réuni, qui élit de nouveaux membres des Conseils, lesquels ne sont pas reconnus par les cantons suisses effrayés par cette poussée révolutionnaire. Berne et Zurich rompent leurs relations diplomatiques avec Genève. Le roi de France prend fort mal cette révolution qui éclate à ses frontières et le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III ne veut pas laisser au seul roi de France et à Berne, l’initiative de pacifier Genève qui doit alors faire face à une coalition de trois armées qui vont converger vers la cité. L’armée bernoise est commandée par le général Robert-Scipion de Lentulus, âgé de 68 ans. Il établit son camp à Bois-Bougy près de Nyon avec trois bataillons de grenadiers, de la cavalerie et son artillerie. Il marche sur le Petit-Saconnex et Varembé. Au même moment, Français et Sardes marchent aussi sur Genève. Sous le commandement du maréchal de camp Charles-Léopold, marquis de Jaucourt, 6'000 hommes prennent leurs quartiers dans le pays de Gex. Les troupes sardes, soit 4’000 sont commandées par le comte de La Marmora, lieutenant-général du Royaume en Chablais, Genevois et Faucigny. En ville, la volonté de résister est fortement ébranlée et finalement, les Représentants renoncent à la lutte. Le 2 juillet 1782, les trois armées pénètrent dans la ville. Les anciennes autorités sont restaurées sous la protection des baïonnettes. Cette occupation militaire durera plusieurs mois jusqu’à la promulgation d’un nouvel édit, appelé par les Genevois, le « Code noir ». Une épuration violente condamne à l’exil de nombreux Représentants dont les biens sont confisqués. Bénédict Dufour fait partie des proscrits et c’est à Constance, en exil, que naîtra son fils Guillaume-Henri, le futur général. Quant aux Habitants et Natifs, ils perdent les droits qu’ils avaient acquis antérieurement. Les cercles politiques sont supprimés. La fête de l’Escalade est interdite. Pourtant, cet apparent succès des Ultras sera de courte durée.

 De nouvelles secousses politiques doublées de sérieuses difficultés économiques affecteront Genève dès 1785. En janvier 1789, alors que le lac et le Rhône sont gelés et que les moulins ne fonctionnent plus, le Conseil militaire ordonne que des réserves de farine soient mises à l’abri dans les casernes du Régiment de la République, garnison soldée dont la création remonte à 1783 afin de maintenir l’ordre public à Genève. Le prix du pain est augmenté. Le 27 janvier, c’est l’émeute populaire à Saint-Gervais. A la suite de cet événement, un Edit de Pacification est voté le 10 février. Pourtant, rien n’est terminé et les esprits fermentent. Le point culminant de la violence sera atteint avec la Révolution genevoise du 19 juillet 1794 et plus particulièrement avec la Terreur genevoise, ses fusillades, son Tribunal révolutionnaire, aboutissant à l’exécution de sept condamnés à mort, dans la nuit du 24 au 25 juillet 1794 aux Bastions. Décidément les mois de juillet ne sont pas calmes à Genève à cette époque.

 

Claude Bonard

 

13:24 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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