31/08/2017

Paris : Traitre ou Patriote, héros ou salaud... un drôle de coeur genevois au Panthéon

Le 15 avril 1798, les troupes françaises occupent militairement Genève. Une occupation qui sonne le glas de l'indépendance de la République après des années de convulsions et de troubles politiques. Hasard, choix militaire tactique judicieux   ou étonnant retour des choses, c'est un Genevois, le général Jean-Pierre Girard qui commande les unités qui occupent la cité. Le 23 juin 1798. Girard est même nommé général commandant les troupes du Département du Léman. Il fera ensuite une belle carrière militaire au service du Consulat puis de l’Empire et fera d'ailleurs partie des privilégiés qui seront conviés le 2 décembre 1804 à assister au sacre de Napoléon 1er et de Joséphine à Notre-Dame.   Essayons d'y voir un peu plus clair à son sujet :

Jean-Pierre Girard  est né à Genève le 9 août 1750. Il est le fils d'un maître horloger. Attiré par le métier des armes, il sert tout d'abord dès 1768 au régiment des gardes Suisses au service de France puis revient à Genève où il embrasse la cause des Représentants, la fraction militante de la bourgeoisie genevoise en lutte contre les Négatifs au pouvoir, ces aristocratiques conservateurs  qui font la sourde oreille en ignorant superbement le droit de représentation de la bourgeoisie. Après l'échec de la prise d'armes de 1782, la répression s'abat sur les Représentants. Beaucoup  d'entre-eux sont exilés dont Du Roveray, D'Ivernois et Bénédict Dufour, le père de notre  futur général.  Jean-Pierre Girard fait aussi partie de la charrette  des bannis.  En France, la Révolution lui donne l'occasion de s'illustrer au sein des armées de la République où il se fait remarquer et prend rapidement du grade jusqu'à être promu général de brigade le 2 novembre 1793. Il est aussi très apprécié par le général Moreau, le grand rival de Bonaparte qui ne lui en tiendra cependant pas rigueur. Jean-Pierre Girard sert tout au long des campagnes napoléoniennes avec distinction notamment à Essling et Wagram en 1809. Il meurt à Arras en 1811. Conformément aux usages du temps s'agissant des chefs militaires prestigieux de l'Empire, son cœur est déposé au Panthéon. Ultérieurement, le nom de Jean-Pierre Girard sera   gravé du côté Est de l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Excusez du peu !

Curieux retournement de l'Histoire qui veut que celui qui fut chassé hors les murs de Genève en 1782 revienne 16 ans plus tard à la tête d'une armée d'occupation ! Aux yeux de l'Histoire et des Genevois, que dire de Jean-Pierre Girard... était-il un patriote dont il faut saluer le combat, lui qui fut condamné à l'exil à Genève pour avoir milité en faveur des droits politiques des citoyens ?  ou est il un traître ayant mis son épée au service d'une puissance étrangère et ce faisant, ayant renié ses origines ? 

Vaste question que je vous laisse méditer.

Claude Bonard

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Pierre_Girard-dit-Vieux

Illustration Edouard Elzingre 

Girard.jpg

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Commentaires

Nous avons le même problème sur Vaud avec Frédéric-César de Laharpe, qui est allé chercher Bonaparte pour libérer Vaud des Bernois, ce qui justement arrangeait bien le Corse, qui est parti avec la caisse...

Écrit par : Géo | 31/08/2017

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