09/09/2017

Promotion de la paix dans le monde - Jean-Jacques de Sellon, un précurseur

Le 10 septembre 2002, il y a quinze ans, la Suisse devenait membre de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Le 12 septembre, à l'occasion d'une cérémonie protocolaire émouvante à laquelle j'ai eu l'honneur d'assister, le drapeau suisse rejoignait ceux des états membres qui ornent l'allée centrale conduisant au Palais des Nations, siège européen de l'ONU, ironie du sort, un bâtiment terminé en 1937 à l’époque du naufrage de la défunte Société des Nations. On a coutume de dire que l’émergence et l’affirmation de la vocation internationale de Genève datent d’une part de 1864 avec la signature de la première Convention de Genève pour les secours aux blessés et, d’autre part, de l’arbitrage de l’Alabama de 1872 faisant suite à la Guerre de Sécession américaine. Pourtant, quinze ans après l'entrée officielle de la Suisse au sein de l'ONU, il me paraît judicieux de rappeler une belle figure genevoise qui a oeuvré très tôt au profit de la promotion et de la préservation de la paix dans le monde. Il s'agit de Jean-Jacques de Sellon (1782-1839) dont une rue porte le nom dans le quartier des Grottes, à proximité du parc des Cropettes. Jean-Jacques de Sellon est né dans une famille huguenote ayant fui la ville de Nîmes lors de la révocation de l'Edit de Nantes. Il était le fils de Jean, seigneur d'Allaman, dont le magnifique château entouré de vignes est encore visible aujourd'hui. Il reçoit une éducation conforme à celle en usage dans les familles patriciennes de son temps. Héritier d'une grande fortune, il pourra donner libre cours à ses passions. Jean-Jacques de Sellon va beaucoup voyager et rencontrer les grands de ce monde. Naspoléon 1er fera même de lui un chambellan. A la mort de son père, il hérite de biens considérables et s'installe à Genève dans l'hôtel familial au 2 de la rue des Granges, aujourd'hui Fondation Zoubov. Jean-Jacques de Sellon participe activement à la vie politique genevoise. Visionnaire, il se passionne aussi pour la cause de l'abolition de la peine de mort. Il rédige aussi de nombreuses brochures afin de propager l'idée de la promotion de la paix dans le monde. Ce courant pacifiste et philanthropique est perceptible en Europe quinze ans après la fin des guerres napoléoniennes qui ont ruiné les nations européennes. En 1830, Jean-Jacques de Sellon fonde une « Société de la Paix » à Genève et publie un journal intitulé « Les Archives de la société de la paix à Genève » sur le modèle du « Herald of peace » de Londres. A l'occasion d'une conférence internationale réunissant en 1843 à Londres les représentants de ces mouvements, il fut décidé d'adresser un courrier à tous les gouvernements civilisés pour les persuader d'introduire dans les traités de paix ou d'alliance une clause par laquelle ils s'engageraient en cas de dissentiment à accepter la médiation d'un tiers désintéressé. Une démarche révolutionnaire, novatrice pour ne pas dire révolutionnaire à l'époque qui peina pourtant à atteindre son but même si En France par exemple, le roi Louis-Philippe y fit bon accueil en répondant : « La paix est le besoin de tous les peuples, et, grâce à Dieu, la guerre coûte beaucoup trop aujourd’hui pour qu’on s’y engage souvent, et je suis persuadé que le jour viendra où, dans le monde civilisé, on ne la fera plus. » Il faudra attendre la fondation de la Croix-Rouge, la signature des Conventions de Genève puis, après les ravages de la Première Guerre mondiale, la création de la Société des Nations et après la Seconde Guerre mondiale celle de l'Organisation des Nations Unies pour voir les idées de Jean-Jacques de Sellon se concrétiser. Pour la petite histoire, notre héros était aussi un admirateur inconditionnel de Jean Calvin et il se lamentait de voir qu'aucun monument ne rappelait sa mémoire à Genève. Aussi, c'est dans son jardin, sur la terrasse de son hôtel particulier de la rue des Granges, qu'il fit ériger un monument funéraire honorant la mémoire du réformateur.

Claude Bonard

Sellon.jpegPour en savoir davantage : http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F26552.php

http://www.ge.ch/zoubov/hotel_sellon.asp

 

Source lettre du roi Louis Philippe : http://herve.dequengo.free.fr/Molinari/GDG/GDG_3_B.htm

12:45 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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