19/09/2017

Révolution genevoise du 7 octobre 1846 et dissolution du Sonderbund en 1847, deux événements étroitement liés.

L'anniversaire de la révolution fazyste du du 7 octobre 1846 ne donne étrangement Fazy 1846.jpg lieu à aucune commémoration dans notre République. Pourtant, il s'agit d'un événement déterminant, s'agissant de l'histoire des institutions genevoises. Un événement qui aura aussi une incidence capitale sur une page mouvementée de l'histoire de la Suisse. Petit rappel des faits. A Genève, le 3 octobre 1846, le Conseil d’Etat et la majorité du Grand Conseil interdisent à la députation genevoise à la Diète fédérale de voter la dissolution du Sonderbund. Situation paradoxale que celle de « Genève, canton réformé, soutenant, pas toujours nettement, ni toujours franchement, les cantons catholiques ». (citation de François Ruchon). Le climat politique se détériore. La ville est en ébullition. Deux politiques sont en présence, « Saint-Gervais contre la Ville haute ». Le 7 octobre à 15h16, c’est la guerre civile. Les canons de la milice pilonnent les barricades de Saint-Gervais. Bilan de la journée, 17 morts de nombreux blessés. La suite, on la connaît. Les gens du Faubourg prennent le dessus. Les autorités sont dissoutes et c’est la victoire de James Fazy et des siens. Quelques explications s'imposent pour comprendre ce qu'est le Sonderbund. A Lucerne, où s'opposent les milieux catholiques conservateurs et les libéraux, le Grand Conseil décide en octobre 1844 de rappeler les Jésuites et de leur confier l'enseignement secondaire supérieur. Une décision confirmée par le peuple qui suscite de véhémentes protestations au sein des milieux protestants et libéraux. Des troubles éclatent. Les libéraux mobilisent des corps francs. Ces colonnes armées vont sévir en 1844 et 1845 et lancer des raids meurtriers sur Lucerne. La Diète fédérale reste impuissante et la tension monte. Les cantons de Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwald, Zoug, Fribourg et du Valais concluent une alliance défensive séparée (Sonderbund) pour garantir leur souveraineté. A Berne, Zurich, mais aussi Genève et Lausanne, de vives protestations ont lieu. Désormais, les tensions religieuses empoisonnent le climat dans toute la Suisse. Deux conceptions politiques s’affrontent. Les cantons du  Sonderbund  face aux gouvernements cantonaux progressistes qui exigent des mesures de répression visant à la dissolution de l’alliance séparée. Le 20 juillet 1847, la Diète vote la dissolution du Sonderbund, les cantons progressistes ayant désormais la majorité grâce notamment à la voix du nouveau gouvernement radical genevois de James Fazy. Des négociations ont lieu afin de faire revenir à la raison les cantons séparés. Rien n'y fait et après une ultime tentative de médiation se solde par un échec. Le 4 novembre, la Diète nomme le Genevois Guillaume-Henri Dufour à la tête de l'armée fédérale avec la mission de réduire le Sonderbund par les armes. Le conflit sera de courte durée (25 jours) et les pertes humaines limitées, ce qui permettra à Dufour de mettre à profit ses talents d’humaniste et de pacificateur afin de faire revenir la concorde au sein des cantons.

 

Claude Bonard

 

 

10:40 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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