19/12/2017

Décembre 1813, les Autrichiens occupent Genève. Bubna et la brosse à reluire

Dès le 30 décembre 1813, l'arrivée du Comte Ferdinand De Bubna et Littitz et de ses troupes engendre de nombreuses difficultés pour les Genevois. Au total, jusqu’au 30 juin 1815, grâce aux recherches effectuées par M. David Foldi, publiées il y a de nombreuses années dans le bulletin du Musée Militaire Genevois, nous savons que ce sont des troupes issues de 17 régiments d’infanterie et de 5 régiments de cavalerie qui vont se succéder et prendre leurs quartiers à Genève pendant dix-huit longs mois. Dans les rues de la cité, les Genevois croiseront des Wallons, des Galiciens, Ruthènes et Polonais, des Hongrois, des Moraviens, des Bohêmiens et des Silésiens. La population supportera avec une curiosité mêlée de crainte la présence de ces soldats issus de toutes les composantes de l’Empire autrichien, de ces « Kaiserliks », comme elle les appelait. Les réquisitions, les nuisances, les atteintes à la propriété et autres inconvénients seront le lot du quotidien. Les arbres de nos parcs et de nos campagnes seront abattus en grand nombre afin de pourvoir les feux et les campements autrichiens. Les finances de Genève s’en ressentiront aussi lourdement car des impôts extraordinaires seront levés pour faire face à cette occupation militaire qui, même pacifique, reste une occupation. L’hôpital général surpeuplé aura à soigner en nombre les militaires autrichiens accidentés ou atteints de maladies diverses si vous voyez ce que je veux dire. Laissant son armée sur place, Bubna quitte Genève le 23 mars 1814. Ainsi que l’écrivit François Ruchon : «  Les Genevois le virent partir sans beaucoup de regrets ; très populaire au début, Bubna indisposa très vite la population par ses réquisitions et le Conseil par ses tracasseries, par ses ruses, par la regrettable affaire des canons ».

Mais, comme le dit le proverbe : tout est bien qui finit bien. Le 10 juillet 1815, le Comte Ferdinand De Bubna et Littitz est admis à la bourgeoisie d’honneur de Genève par des autorités qui jouent à fond la carte de la diplomatie, de l’apaisement et surtout  de la brosse à reluire ( on ne sait jamais...). Bubna se voit décerner cet honneur tenez-vous bien : «  pour l’appui qu’il a donné à notre Gouvernement naissant ; pour la discipline qu’il a maintenue parmi ses troupes, pour la protection paternelle qu’il a accordée à nos personnes et à nos propriétés et pour la fermeté avec laquelle il a préservé notre ville de l’invasion des troupes françaises. » Aujourd'hui, seul le « Passage De-Bubna » presque oublié des Genevois reliant le Boulevard Helvétique à la rue des Glacis-de-Rive rappelle cet épisode contrariant de notre histoire. Dans mon prochain blog, je vous parlerai des « Estomacs d'Autriche ». Bubna_gross.jpg

 

Claude Bonard

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