19/12/2017

Genève 31 décembre 1813 Le retour des perruques poudrées : « la souveraineté du peuple est une chose détestable »

Dans douze jours nous allons une nouvelle fois célébrer l'anniversaire de la Restauration genevoise du 31 décembre 1813. Je vous propose d'évoquer à partir d'aujourd'hui quelques aspects oubliés ou peu connus de cet événement de notre histoire. Premier épisode, le retour des perruques poudrées : Ce n’est pas rabaisser les mérites des acteurs de la Restauration genevoise de décembre 1813, hommes courageux et déterminés, que de rappeler qu'ils n'imaginaient alors pas autre chose que le retour à l’ordre ancien qui prévalait avant la révolution genevoise de décembre 1792, celui des patriciens. Le rattachement à la Suisse, n'était pas encore leur préoccupation première. Joseph Des Arts, chef de file et instigateur de la première « Commission de Gouvernement » secrète du 24 décembre 1813, avec Ami Lullin et Abraham-Auguste Saladin de Budé n’écrivait-t-il pas 18 ans plus tôt, en 1795 que « les hommes naissent et demeurent inégaux en droit » ou encore que « la souveraineté du peuple est une chose détestable ». D’ailleurs, après la chute du régime de Napoléon Ier on assiste dans toute l’Europe au retour du conservatisme le plus étroit sous l’égide de la Sainte-Alliance. Une fois la Restauration accomplie, Genève se dote d’une nouvelle constitution adoptée le 24 août 1814. La nouvelle charte fondamentale de la jeune République écarte la majeure partie des Genevois de toute participation à la vie publique. Témoin avisé de cette époque, l’avocat et écrivain Amédée Pierre Jules Pictet de Sergy – qui n’était pourtant pas un révolutionnaire - écrira en 1869, soit 55 ans après les événements que « la constitution de 1814 était   un travail improvisé dans de mauvaises conditions d’étude et de réflexions, et qu’elle a vécu ce que vivent les constitutions ». Et d’ajouter cette phrase superbe : … « Elle est descendue dans le gouffre qui engloutit les œuvres usées et vaincues. Nous sommes loin de songer à l’en exhumer. » Avouez que comme exécution, on ne fait pas mieux ! Dès lors, la mèche de la bombe qui provoquera le réveil démocratique de 1841 est allumée. Une nouvelle constitution verra le jour en 1842, suivie quatre ans plus tard, de la révolution radicale de 1846 qui marque la naissance de la Genève moderne.

Restauration perruques poudrées.jpgClaude Bonard

11:13 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Cher ami, mille mercis pour ce précieux rappel. A méditer aussi en parallèle avec l'actualité. A ce détail près que les perruques poudrées d'aujourd'hui flattent le peuple avant de s'en servir. Mais leur mépris à leur endroit est bien du même airain.

Écrit par : Jean-Noël Cuénod | 19/12/2017

S'il y a un parallèle à faire avec l'actualité, on sait quel est le parti qui veut absolument limiter le droit d'initiative populaire. Merci de ne pas si ouvertement travestir la réalité...

Écrit par : Géo | 19/12/2017

J’adore quand vous balancez des vérités Géo!

Écrit par : Patoucha | 20/12/2017

Passer des perruques de la restauration post-Bonaparte sans évoquer le rôle contra de suisses de l'époque, à 2017, sans évoquer les genevois soutiens dans la résistance (Ain-Bellegarde etc, ma mère en était) lors de la dernière guerre?

Vous arrivez à récolter les commentaires d'immigrés nord-africains en Suisse qui ici s'esclaffent mais ne savent rien et ne veulent rien savoir de la constitution de la Confédération helvète, qui ignorent tout du rôle de types comme Pestalozzi à l'époque, de sa révolte contre les retours de bâton post-révolution française, du pacte fondateur de la conféd, du rejet du décret bonapartiste.

Ces migrants-électeurs aux connaissances surfaciques de notre histoire mais détenteurs de plein droits sont un ensemble qui en 2017 ont fait le lit du désastre de notre actuele république et canton de Genève,

qui avec plus de 65% de résidents exogènes s'efface du terreau suisse,

et reste fin 2017 incapable de rédiger les lois d'application du principe de laïcité de sa constitution de 2013.

Écrit par : divergente | 20/12/2017

Comme le souligne Jean-Noël Cuénod les perruques poudrées d'aujourd'hui flattent le peuple avant de s'en servir mais, depuis le temps, le peuple ne devrait-il pas s'en être aperçu

l'avoir réalisé afin d'agir, choisir et décider (oser changer d'avis!) en conséquence?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 20/12/2017

Il s'agit De l'esprit de la restauration genevoise vs la vox populis, ou pas. Mais, encore ici,

le fatras des blablas que nous assène à tous blogs l'opportuniste MB migrée de Paris à la banlieue lausanoise, n'a ici, encore une fois, rien à voir avec le billet qu'elle commente.

Nous faudrait-il avec Yes-Billag entretenir l'égo de Myriam Belakovsky sur tous blogs tdg?

Écrit par : divergente | 20/12/2017

A tous mes lecteurs : merci de ne pas perdre de vue que mon texte évoque un fait historique, celui de la restauration de la République de Genève après 15 ans d'occupation française, les 30 et 31 décembre 1813. Ni plus, ni moins. Il s'agit d'un texte ayant caractère de rappel historique. Vous me permettrez dès lors de m'étonner de voir fleurir des commentaires liés à des problématiques aussi diverses que No Billag, les immigrés etc. etc. Si je n'ai pas censuré ces commentaires, c'est afin de respecter le principe de la liberté d'expression. Je e remercie néanmoins celles et ceux qui me font l'amitié de me lire de ne pas broder sur des thèmes qui sont à mille lieues de mon sujet.

Écrit par : Bonard | 20/12/2017

L'animosité n'ajoute rien et le commentaire ci-dessus, de divergente, n'a rien à voir avec l'article présent de Monsieur Claude Bonard.

Si nous avons lu l'article de Monsieur Bonard apprécié, appris, également, nous avons en tête l'actualité.

Le passé nous instruit, certes, mais nous n'en pouvons rien changer sinon en tenir compte pour nous orienter en évitant, s'il y a lieu, la répétition des mêmes erreurs.

Les personnes qui consultent des psys le font bien souvent précisément parce qu'observant leurs échecs, certains d'entre eux, toujours les mêmes de façon récurrente... malgré leurs meilleures intentions.

Pour en revenir au commentaire de divergente Il va de soi de privilégier l'anonymat en blogosphère mais que d'insultes, de mensonges et de calomnies passeraient par la corbeille ou ne ne seraient pas envoyés si les commentateurs comme en la plupart des Courriers de lecteurs de devaient honnêtement comme courageusement signer de leurs prénoms et noms.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/12/2017

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