01/01/2018

Le néo-autoritarisme promis à un bel avenir entre Danube, Oder Warta et Bug

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Dans mon blog du 17 décembre dernier consacré aux différentes formes de démocratie, je pointais du doigt des modèles désormais très en vogue entre Danube, Oder, Warta et Bug qui ont pour nom démocratie autoritaire, démocratie illibérale et nec plus ultra , démocratie nationale patriote et catholique. Excusez du peu ! Certains commentateurs politiques issus des partis d'opposition dans ces contrées d'Europe centrale caractérisent cette posture de “néo-autoritarisme” et font part de leur inquiétude. Une attitude qui se caractérise par une démarche politique de gouvernants qui, ayant été régulièrement et démocratiquement élus, font systématiquement et plus que de raison appel aux notions de nationalisme, de patrie, aux valeurs traditionnelles et à l'église catholique, sans oublier un révisionnisme historique et un   euroscepticisme érigés en dogme, pour asseoir et justifier leur politique, tout en fustigeant les dérives de la démocratie libérale. Ce discours est simple et compréhensible. Il consiste à affirmer avec conviction que la forme de démocratie qu'ils prônent ne signifie pas un rejet des valeurs démocratiques mais seulement un juste retour du politique pour corriger les excès du libéralisme. CQFD ! Pourtant, plutôt que de se lamenter et de récriminer en criant au déni de l'Etat de droit, il convient de s'interroger sur les raisons d'un tel glissement politique. L'excellent éditorialiste Jacques Julliard fait ce simple constat dans un récent numéro de Marianne s'agissant de la stabilité et de la continuité d'un système gouvernemental ( il se réfère à la France il est vrai mais le constat est applicable à tout Etat démocratique) : « On peut souhaiter que toute majorité régulièrement élue dispose de moyens pour gouverner dans le respect des droits de l'opposition ». Nous y voilà. Tout est dit en cette seule petite phrase. Là où le bât blesse entre Danube, Oder Warta et Bug, c'est que si la majorité dispose effectivement de tous les moyens pour gouverner, tant au gouvernement qu'au parlement et au sénat, elle ne respecte en revanche en rien les droits de l'opposition. Bien au contraire, elle dénigre avec un mépris  sarcastique tous ceux qui ne partagent pas ses valeurs, mettant dans le même sac tous les partis d'opposition, accusés des pires turpitudes.  L'objectivité commande de dire toutefois que ces partis d'opposition ne font rien pour inverser le cours des choses ! Ils se tartuffisent, se chamaillent, gesticulent, se complaisent dans une pitoyable guerre des chefs, donnant ainsi un affligeant spectacle. Voudrait-elle se saborder, cette opposition, qu'elle ne s'y prendrait pas autrement, donnant jour après jour au pouvoir en place des verges pour se faire battre. Son seul programme  - et c'est inquiétant - consiste à se figer dans une posture d'opposition totale, je dirais même bornée, sans programme concret à la clé, ce qui n'annonce rien de bon dans la perspective des futures échéances électorales. Alors, tel un rouleau compresseur, le pouvoir en place applique sa politique la fleur au fusil. Bref , vous l'aurez compris, nous sommes à mille lieues d'un modèle démocratique tel qu'imaginé par Jean-Jacques Rousseau et qui fonctionne «  comme le système de la volonté générale ».

C'est affligeant mais c'est ainsi.

Claude Bonard

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Commentaires

Je vous adresse, Monsieur Bonard, mes meilleurs vœux pour l’année qui vient et j’espere que vous continuerez à publier ces petits textes d’histoires qui me permettent de passer un bon moment souvent en apprenant quelque chose et de plus en me faisant souvent sourire. Bonne fin de journée.

Écrit par : grindesel | 02/01/2018

Réponse à : grindesel

Votre message me touche et m'encourage à rechercher des sujets curieux et intéressant concernant notre histoire genevoise, la grande et la petite ! A mon tour de vous souhaiter le meilleur pour 2018 !
Cordialement,
Claude Bonard

Écrit par : Bonard | 06/01/2018

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