09/02/2018

1834 - Giuseppe Mazzini, conspire à Genève

Le 9 février 1849, à Rome, Giuseppe Mazzini (1815-1872) proclame la République  et la déchéance du pouvoir temporel du pape. La jeune République aura une bien courte existence  puisque cinq mois plus tard, les troupes françaises envoyées par le Président de la République Louis-Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III, rétablissent par les armes le pape dans ses droits. En 1831, Mazzini, conspirateur invétéré, avait créé à Marseille une société secrète portant le nom de Jeune Italie, “Giovine Italia” dont le but était la libération et l'unification de l'Italie en une république une et indivisible. Il créa sur le même modèle en 1834 le mouvement Jeune Europe constitué d'exilés Polonais, Allemands et Italiens avec l'objectif, utopique pour l'époque, de constituer une fédération d'Etats républicains et d'abolir les monarchies européennes. Les multiples actions insurrectionnelles organisés par Mazzini auront des répercutions jusqu'à Genève. En 1834, Giuseppe Mazzini tente en effet de renverser le roi de Sardaigne en envahissant la Savoie avec une troupe d'exilés polonais réfugiés en Suisse. Cet événement est connu à Genève sous le nom “d'Affaire des Polonais”. L’opération militaire imaginée par Mazzini est conduite par Gerolamo Ramorino, un aventurier ayant participé à l’insurrection de Pologne. Ramorino arrive à Genève le 30 janvier 1834. Le samedi 1er février 1834, vers 8 heures du matin, les Polonais prennent le large après avoir trompé la vigilance des gardes du port de Nyon. Leur barque doit se diriger sur Thonon afin d’y opérer une jonction avec une colonne commandée par Ramorino. Mais rien ne se passe comme prévu. L’embarcation dérive et accoste à la Belotte, en territoire genevois. Grâce à la vigilance de la police avertie par ses indicateurs, les autorités genevoises ne sont pas prises au dépourvu. Les Polonais sont arrêtés et conduits à la Capite et à Vésenaz. Vers 20 heures, ils sont expulsés à destination du canton de Vaud. Presque au même moment, à Carouge, un autre détachement de Polonais et d’Italiens se met en mouvement. Une proclamation datée du 1er février, écrite à Saint-Julien par Mazzini annonce la libération de la Savoie. Les insurgés progressent par Annemasse et Ville-la-Grand. Des accrochages ont lieu lorsqu’ils veulent franchir l’Arve. Les douaniers d’un poste situé près d’Annemasse ouvrent le feu. La population surprise, reste passive et ne fournit aucun appui à ses  «pseudo-libérateurs». L’opération se solde par un échec. Ce qui reste de la troupe reflue sur la frontière genevoise. Les fuyards sont arrêtés et désarmés par la milice genevoise à Cara, Puplinge et dans le secteur de Chêne – Thônex. «L’Affaire des Polonais» est révélatrice du climat politique ambiant à Genève. La droite conservatrice effrayée par les rapides progrès de l’esprit démocratique trouve en face d’elle des adversaires politiques libéraux dont l’aile gauche va devenir le creuset du radicalisme naissant.

Claude Bonard

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Pour en savoir davantage:

Bonard Claude : L'Affaire des Polonais a agité Genève en 1834. Passé simple, mensuel romand d'histoire et d'archéologie, No 3 – 2015. 

Burgy Etienne : « L’affaire des Polonais de février 1834 à travers les brochures genevoises de l’époque », Recueil anniversaire pour Jean-Daniel Candaux - C’est la faute à Voltaire C’est la faute à Rousseau, Genève, 1997, p.559-572.

Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) : http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F17237.php

 

12:38 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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