27/02/2018

1789, lorsque le froid glacial annonçait des périodes chaudes à Genève !

Est-ce prémonitoire s'agissant des prochaines élections cantonales ? Il fut un temps où à Genève, le froid glacial annonçait des troubles politiques qui fragilisèrent tellement  la République de Genève qu'elle ne s'en remettra pas. Pas de conclusions hâtives me direz-vous, car autres temps autres moeurs.  L'événement mérite toutefois d'être rappelé. Les froidures du début de l'année 1789 furent  catastrophique pour l'approvisionnement de la population genevoise.  En janvier, alors que le lac et le Rhône sont gelés et que les moulins ne fonctionnent plus, le Conseil militaire ordonne que des réserves de farine soient mises à l’abri dans les casernes du Régiment de la République, garnison soldée dont la création remonte à 1783 afin de maintenir l’ordre public à Genève. Le prix du pain est augmenté. Le 27 janvier, c’est l’émeute populaire à Saint-Gervais. A la suite de cet événement, un Edit de Pacification est voté le 10 février. Pourtant, rien n’est terminé et les esprits fermentent tant et plus. Le point culminant de la violence sera atteint avec la Révolution genevoise du 19 juillet 1794 et plus particulièrement avec la Terreur genevoise, ses fusillades, son Tribunal révolutionnaire, aboutissant à l’exécution de sept condamnés à mort, dans la nuit du 24 au 25 juillet 1794 aux Bastions.

Quelle époque qui soufflait alors le froid et le chaud  !

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Illustrations : Tribune de Genève (D.R.)
Sources : Forney Jacques, Le Conseil Militaire et le Régiment de la République 1782-1789, Genève, mémoire de licence, 1972, pp.114.ss.
et Bonard Claude, Histoire du Corps de musique de Landwehr 1783-1789-1989, Genève, 1989, p. p. 16.

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23/02/2018

Un portrait de la reine Marie Leszczynska fille du roi de Pologne et reine de France à Genève

Ce  23 février  marque, en 1766, le décès du roi de  Pologne et duc de Lorraine Stanislas Ier  Leszczynski en 1766 qui succomba dans d'atroces souffrances, ayant été brûlé vif du fait que sa robe de chambre s'était enflammée alors qu'il avait trébuché à proximité de sa cheminée. Les magistrats, députés, fonctionnaires visiteurs ou hôtes de marque qui pénètrent dans la partie sud de l’Hôtel de Ville de Genève réalisée entre 1701 et 1707 par Jean Vennes et Moïse Ducommun découvrent dans l’antichambre portant le nom délicieux et désuet de "salon bleu" les grands en pied des rois de France Louis XV et Louis XVI ainsi que celui de l'épouse de Louis XV, la reine Marie Leszczynska. Ces portraits, de même que ceux du "salon jaune" sont des portraits aux dimensions imposantes offerts à la République de Genève par les représentants diplomatiques des souverains concernés. Le portrait de Marie Leszczynska en grande robe de cour exécuté en 1726 par les ateliers royaux d'après celui peint Charles-André van Loo (1705-1765) a été offert par le roi à Genève en 1730. L'original est à Versailles. L'épouse polonaise de Louis XV le « Bien-Aimé ». Marie-Catherine-Sophie-Félicité Leszczynska était la seconde fille de Stanislas Ier Leszczynski, roi de Pologne en exil et de Catherine Opalińska. Epouse de Louis XV et reine de France (1725-1768), elle fut la grand-mère de Louis XVI.

Par deux fois, le père de Marie, Stanislas fut roi de Pologne. Après son abdication, sur l'initiative de son beau-père le roi Louis XV, il prit possession du duché de Lorraine. La superbe place Stanislas à Nancy rappelle qu'il fut un roi ami des arts et de la culture. A Genève, les trois portraits royaux du "salon bleu"  rassemblent ainsi trois membres d'une même famille  et nous rappellent  les destins  de Marie, princesse de Pologne en exil, de Louis XV "le Bien-Aimé" qui finit son règne étant "Mal-Aimé", préfigurant ainsi la chute de son petit-fils, le pauvre roi Louis XVI décapité le 21 janvier 1793 à 10 h 22, à Paris, sur la place de la Révolution appelée antérieurement place Louis XV, du nom de son grand-père !  Dès 1795, cette place porte le nom qui est le sien encore aujourd'hui, celui de place de la Concorde.  

Lors de votre prochaine visite à l'hôtel de ville, si vous avez l'occasion de vous rendre dans les salons, pensez à cette histoire tragique lorsque vous regarderez les trois portraits  du "salon bleu". Quant à ceux qui ornent le "salon jaune", je vous en parlerai une autre fois.

Claude Bonard

Pour ceux qui désirent en savoir plus, à lire l'excellent article publié sur le site Herodote.net https://www.herodote.net/23_fevrier_1766-evenement-176602...

Découvrez la visite virtuelle de l'Hôtel de Ville de Genève. On y voit le portrait de Marie Leszczynska exposé dans le "salon bleu" : https://www.ge.ch/hotel_de_ville/visite_virtuelle/

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21/02/2018

Georges Borgeaud, quelques souvenirs à propos d'un peintre valdo-genevois au grand coeur

En lisant aujourd'hui l'article de la Tribune de Genève consacré à la dispersion de la collection Givel, de vieux souvenirs me reviennent en mémoire. Il est vrai qu'ils ne concernent pas le peintre vaudois Marius Borgeaud dont il est question dans l'article et dont les oeuvres enrichissent la collection Givel mais un homonyme, un autre Borgeaud, lui aussi vaudois et peintre connu, prénommé Georges. L'artiste avait quitté son canton de Vaud natal pour s'établir à Certoux (GE) jusqu'à son décès en 1998. Voici donc mon histoire. En 1964, j'étais apprenti au sein de la défunte Swissair dans les locaux occupés dans la gare de Cornavin par lnotre compagnie aérienne nationale. Les nouveaux apprentis étaient régulièrement bizutés par quelques chefaillons aux galons argentés sur les manches de leur uniforme Swissair. C'était tout sauf agréable et nous trouvions du réconfort auprès du nettoyeur de nos bureaux. Un homme enjoué avec une physionomie de boyard russe, cheveux noirs presque jusqu'aux épaules et épaisse moustache tombante. Toujours vêtu de sa blouse grise, maniant son balais de coton avec dextérité, Il irradiait la joie de vivre avec un accent vaudois puissant. Le personnage  était modeste, chaleureux, drôle et bourré d'humour. Nous ne connaissions que son prénom : Georges ! Un peu plus tard, nous nous sommes liés d'amitié et j'ai découvert sa passion, la peinture; j'ai connu aussi son nom de famille :  Borgeaud. Je l'ai écouté attentivement lorsqu'avec sa voix profonde et chaleureuse il racontait les moments difficiles de son enfance d'enfant placé et de valet de ferme. C'est alors qu'il m'a fait visiter un samedi son refuge, cet atelier de peintre qui se situait alors dans les combles de l'hôtel Métropole. Quel enchantement que de découvrir les toiles de Georges et notamment celles dépeignant  cette Bretagne qu'il aimait tant et dont il parlait si bien. Dix-huit ans plus tard, en 1982, alors que j'étais directeur administratif de la clinique La Métairie à Nyon, l'établissement célébrait le 125e anniversaire de sa fondation. Avec les médecins et les responsables de l'atelier d'ergothéraphie, la décision fut prise d'organiser une exposition d'art brut avec les peintures et dessins des patients. J'ai alors repris contact avec Georges Borgeaud, alors devenu un peintre reconnu  loin à la ronde, en Suisse et à l'étranger. Avec sa simplicité coutumière malgré ses succès,  Georges l'artiste s'est spontanément mis à disposition afin de venir animer  un atelier de peinture avec les patients et nous honorer de sa présence lors de l'inauguration de l'exposition qui s'est tenue dans une salle de l'auberge du cavalier de Saint-George sur la route du Marchairuz. Notre dernière rencontre remonte à l'année 1993 à Martigny, où une rétrospective lui fut consacrée à la fondation Gianadda. Je n'oublierai jamais Georges Borgeaud, le peintre au grand coeur.

Claude Bonard

A regarder et écouter : https://www.rts.ch/…/…/tj-midi/3466431-georges-borgeaud.h...

https://www.rts.ch/…/un-jour-…/3466432-georges-borgeaud.h...

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