27/03/2018

Pastiche genevois du poème "l'Expiation" de Victor Hugo

L'actualité genevoise  m'inspire ce pastiche du poème de Victor Hugo “L'Expiation” :

"Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle et la clé de Genève baissaient la tête.
Sombres jours ! (...)
Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
Celle de Plainpalais. On ne reconnaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier les grandes ambitions, et maintenant les déceptions.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. (…) 
Boulets, mitraille, obus, rumeurs et fausses nouvelles mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les Genevois , surpris d'être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
(...)
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense cohorte un immense linceul.

Genève ! Genève ! Genève ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.

D'un côté c'est le Grand Genève, et de l'autre, Piogre.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Genève ! je pleure et je m'arrête, hélas !
(...)
S'agissant de la campagne électorale qui s'achève, le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l'offensive et presque la victoire ;
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l'horizon, sombre comme la mer.
L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme."

Et ce sera tout pour aujourd'hui !

Claude BonardVictor_Hugo.jpg

12:21 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |