15/04/2018

Il y a 220 ans exactement, Un Genevois devenu général français envahit Genève.

Non, la composition  d'Elzingre qui illustre ce blog ne représente par la maréchaussée genevoise dispersant devant l'Hôtel de Ville les perdants dépités ou furieux, à l'issue des élections genevoises  sous les yeux du Père Glôzu !  Elle représente en réalité une page bien sombre de l'histoire genevoise, celle de l'arrivée des troupes françaises du général Girard d'origine genevoise (!!!) le 15 avril 1798 qui met fin à l'indépendance de la République. Jusqu'en décembre 1813, Genève ne sera que le simple chef-lieu français du département du Léman. Rembobinons le film : le 15 avril 1798, l'armée française du général Jean-Pierre Girard-dit-Vieux, investit Genève. Curieux destin que celui du général Girard, un Genevois qui a été banni par les autorités genevoises en 1782 et qui revient à Genève seize ans  plus tard en tant que général français pour occuper la Cité ! Comment en est-on arrivé là ? Jean Pierre Girard est le fils de de Jean Pierre Girard, maître horloger, d'une famille genevoise originaire d'Italie. Il entre en 1768 dans les gardes suisses au service de la France, et reste pendant douze années dans ce corps. Le 12 mars 1775, il épouse à Genève au Temple Neuf, Suzanne Benoît qui lui donnera deux fils, Déodat, mort à quatre ans et Pierre Louis, qui sera chef d’escadron puis maire de Bains dans les Vosges. En 1782, de retour à Genève , il participe à la prise d'armes et au soulèvement opposant Représentants et Négatifs. Après l'échec du soulèvement, Il fait partie du millier de Représentants condamnés à l'exil. Bénédict Dufour, le père du futur général Dufour fera lui aussi partie des bannis. En France, Girard soutient la Révolution française et devient chef du 3e bataillon de volontaires de la Gironde. Par un paradoxe dont l'Histoire a le secret, le 15 avril 1798, il commande les troupes françaises qui entrent dans Genève au moment de l'annexion préparée par Félix Desportes. L'année suivante, Girard quitte cette ville et reçoit le commandement du département du Pas-de-Calais, puis celui de la 46e division militaire. Il reçoit la croix de la Légion d'honneur. Girard fera ensuite une belle carrière, se battant notamment à Wagram en 1809. Napoléon le fait baron de l'Empire le 31 décembre 1809 et grand officier de la Légion d'honneur le 16 juillet suivant. Le général Girard-dit-Vieux, meurt à Arras le 2 mars 1811. Girard.jpgSon nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile en 1841, sur le pilier Est, 20e colonne.

Claude Bonard

Illustration :  composition d'Edouard Elzingre ( Ed. ATAR, d.r.).

17:13 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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