07/05/2018

7 mai 1954 - Pour ne pas oublier ceux d' Huguette, Anne-Marie, Françoise, Claudine, Isabelle, Gabrielle, Béatrice, Dominique et Eliane !

Dien Bien Phu.jpeg7 mai 1954, Diên Biên Phu, aux confins de la Chine et du Laos, un jour noir et pourtant héroïque pour l'armée française en Indochine. Après des combats d’une rare violence entre les soldats du corps expéditionnaire  et les troupes du Vietminh, le camp retranché français implanté dans la cuvette de Diên Biên Phu, fruit d'une décision stratégique insensée, tombait aux mains des forces du général Võ Nguyên Giáp à 17 h 30. Depuis 30 mars 1954,  la "bataille des cinq collines" faisait rage. La piste d'aviation avait été été rendue inutilisable très rapidement suite aux tirs de l'artillerie du Vietminh. Les points d’appui Huguette, Dominique, Claudine tombèrent les uns après les autres. Restait Eliane, proche du PC du colonel de Castries. C’est là, que se joua l’affrontement final sur Eliane 2 , lieu de la dernière et héroïque résistance française. On peut estimer à environ 8 000 le nombre de soldats vietminh tués pendant la bataille et à 2 293 celui des tués dans les rangs de l'armée française. Plus de 11 000 combattants français et indigènes prirent le chemin des camps de travail et de "rééducation". Les prisonniers qui survécurent après leur long calvaire rentrèrent en France dans un état sanitaire catastrophique. Le camp retranché de Diên Biên Phu était commandé par le colonel Christian de La Croix de Castries ( 1902 – 1991). Un cavalier que rien ne prédestinait à  mener une guerre de positions, retranché dans une cuvette indéfendable en plein territoire hostile. Le colonel  de Castries était sorti de l'Ecole de cavalerie de Saumur en 1926. Christian de La Croix de Castries embarqua pour l’Indochine en septembre 1946 où il commanda le Régiment de Marche de Spahis marocains d'Extrême-Orient. Il  fut blessé le 16 janvier 1951 à Vinh Yên. Rapatrié en juillet 1952, il décida de repartir pour l'Indochine en août 1953. Promu colonel, c'est alors que pour son plus grand malheur, il fut affecté au commandement du camp retranché de Diên Biên Phu. Ses étoiles de général de brigade lui furent  parachutées pendant la bataille. A l'issue des combats, il passa plusieurs mois en captivité avant de rentrer en France. Au nombre des "rescapés de l'enfer" des camps de "rééducation, on trouve  les figures légendaires de la bataille de Diên Biên Phu que furent les colonels Langlais et Bigeard , le commandant Pouget , le médecin-commandant Grauwin, le capitaine Bergot, le capitaine Harvouët ou le sous-lieutenant Mengelle pour ne citer que ces quelques noms. 

Sur le plan diplomatique,  un mois avant le drame  de Diên Biên Phu,  Genève se préparait  déjà à accueillir la conférence sur l'Indochine qui se réunira formellement du 26 avril au 21 juillet en présence des représentants des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'U.R.S.S., de la France, de la République populaire de Chine (dont ce fut l'entrée sur la scène diplomatique), des deux Corées, du Laos, du Cambodge, du Vietnam et du Viêt-minh. La conférence mit d'abord la Corée à son ordre du jour puis consacra ses travaux à l'Indochine. 

Claude Bonard

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