22/05/2018

Victor Hugo et Genève

Le 22 mai 1885, Victor Hugo décédait à Paris. Au cours de sa vie, il avait parcouru la Suisse et séjourné sur les bords de notre lac en 1839. Manifestement, revenu à Genève à la fin de sa vie, sa déception fut grande lorsqu'il découvrit les changements urbanistiques qui avaient modifié la physionomie de notre cité. Sa description fut alors féroce ! 

" Genève a beaucoup perdu et croit, hélas ! avoir beaucoup gagné. La rue des Dômes a été démolie. La vieille rangée de maisons vermoulues, qui faisait à la ville une façade si pittoresque sur le lac, a disparu. Elle est remplacée par un quai blanc, orné d’une ribambelle de grandes casernes blanches que ces bons genevois prennent pour des palais. Genève, depuis quinze ans, a été raclée, ratissée, nivelée, tordue et sarclée de telle sorte qu’à l’exception de la butte Saint-Pierre et des ponts sur le Rhône il n’y reste plus une vieille maison. Maintenant, Genève est une platitude entourée de bosses. Mais ils auront beau faire, ils auront beau embellir leur ville, comme ils ne pourront jamais gratter le Salève, recrépir le Mont-Blanc et badigeonner le Léman, je suis tranquille. Rien de plus maussade que ces petits Paris manqués qu’on rencontre maintenant dans les provinces en France et hors de France. On s’attend à une vieille ville avec ses tours, ses devantures sculptées, ses rues historiques, ses clochers gothiques ou romans, et l’on trouve une fausse rue de Rivoli, une fausse Madeleine qui ressemble à la façade du théâtre Bobino, une fausse colonne Vendôme qui a l’air d’une colonne-affiche."

 

Extrait de :  https://ebooks-bnr.com/ebooks/pdf4/hugo_en_suisse.pdf

 Victor Hugo.jpgIllustration : Wikipedia 

Compilation Claude Bonard

 

10:55 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Hé oui, c'est triste, cette imitation servile de Paris... Stendhal félicitait Chambéry de ne pas y céder... C'était il y a longtemps... Quand les évêques fermaient culturellement la frontière, empêchant les Savoyards de lire les auteurs français et les contraignant à lire les Italiens comme Manzoni, Pellico et saint Alphonse de Liguori... A présent les Savoyards aussi imitent les Parisiens, c'est ça la liberté...

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/05/2018

Il a tort au moins sur un point. Le Salève est bel et bien raclé par une société avide de tirer le maximum de l'exploitation de la carrière qui monte déjà jusqu'au milieu de la montagne. La blessure est telle qu'elle se voit depuis le pays de Gex.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/05/2018

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