13/07/2018

14 juillet 1789, un déserteur de Genève prend la Bastille !

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Voici l'histoire d'un déserteur du régiment soldé de la République créé à Genève en 1783 par le gouvernement patricien conservateur suite à l'échec la prise d'armes des Natifs du 8 avril 1782. Ce déserteur du nom de Pierre-Auguste Hulin, sera l'une des figures marquantes de la prise de la Bastille. Hulin avait débuté sa carrière comme sous-officier enrôlé à Genève au sein du Régiment « mercenaire » de la République. Il déserte et quitte Genève pour Paris en 1785. Devenu garde suisse, il est congédié vu sa mauvaise conduite et vit chichement comme employé de buanderie. Il adhère aux idées de la Révolution. Le 14 juillet 1789 à la Bastille le gouverneur Bernard René Jourdan, marquis de Launay refuse de remettre les armes et la poudre que des insurgés parisiens conduits par Hulin sont venus chercher à la forteresse faiblement défendue par 82 invalides et 32 soldats du régiment suisse de Salis-Samedan. Après de multiples tergiversations et sur ordre du marquis de Launay, le lieutenant Ludwig von Flüe commande le feu. A l'issue des combats, on dénombre plusieurs victimes tant parmi les défenseurs de la Bastille que du côté des assaillants. De Launay qui avait menacé de faire sauter la forteresse entière et le quartier environnant finit par capituler en échange de la vie sauve pour lui et ses hommes. Fait prisonnier et plutôt chanceux, le lieutenant Ludwig von Flüe en réchappera.Il mettra sans tarder son épée au service de l'Angleterre puis après le retour de la royauté en 1815, à nouveau au service de France. Comme quoi il avait de la suite dans les idées. En revanche, de Launay fut moins chanceux. Il fut lynché en place de Grève par la foule furieuse et poignardé à plusieurs reprises Sa tête fut sciée par le boucher Mathieu Jouve Jourdan puis fixée au bout d'une pique. Pierre-Auguste Hulin, notre déserteur genevois était une forte tête que rien ne prédisposait à entrer dans l'histoire  une seconde fois, vingt-trois ans plus tard, devenu général et comte d'Empire, en 1812 à Paris, où il sauva le régime impérial en déjouant la conspiration du général Malet alors que Napoléon était embourbé en Russie. Il commandait alors  la place de Paris. Un poste stratégique s'il en est. En pleine tentative de coup d'Etat, le général putschiste tira à bout portant sur Hulin dont la joue fut transpercée par une balle, d'où son surnom depuis lors de "Général bouffe la balle".

Claude Bonard

09:16 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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