29/08/2018

Un objet témoin des guerres de l'opium exposé à Genève à la Fondation Zoubov

En marge du Traité de Nankin (Nanjing)  du 29 août 1842 :

Un  étonnant témoin des guerres de l'opium  est visible à Genève. Le public peut en effet admirer ce grand brûle-parfum en émaux cloisonnés de Pékin à la Fondation Zoubov, sise Hôtel de Sellon, 2 rue des Granges. Pourquoi a-t-on fait la guerre au nom de l'opium ? Petit rappel des faits : Le 29 août 1842, le traité de Nankin (Nanjing) mit fin à la première guerre de l'opium. Un conflit qui s'était  terminé l'écrasante victoire du Royaume-Uni face à  l'Empereur Daoguang, 8e empereur  de Chine de la dynastie Qing. Pour comprendre l'origine du conflit il faut remonter à 1773, lorsque le le Royaume-Uni obtint le monopole de la vente d'opium en Chine. Ce trafic était très lucratif pour les Britanniques, qui en vendirent plusieurs milliers de tonnes chaque année en provenance des Indes. En 1839, la Chine interdit l'importation et la consommation d'opium et détruisit plus de 1'000 tonnes d'opium à  Canton. ce fut le début de la première guerre de l'opium qui dura jusqu'en 1842. Pourtant, l'histoire n'allait pas en rester là puisqu'une seconde guerre de l'opium opposera la France et le Royaume-Uni à la Chine dès 1856, la Grande-Bretagne ayant exigé une révision complète du  Traité de Nankin de 1842, afin d'étendre ses privilèges en Chine. Cette demande fut soutenue par la France et les Etats-Unis, mais refusée par  l'Empereur  Xianfeng qui avait succédé à Daoguang. Ce refus entraîna une nouvelle opération militaire conduite brutalement par les forces anglo-françaises dès le mois d'octobre 1856, connue sous le nom de seconde guerre de l'opium. C'est au cours de ce conflit que le Palais impérial d'été Yuanmingyuan (parc de Clarté) à Pékin fut incendié et mis à sac L'imposant brûle-parfum exposé à la rue des Granges à Genève a été miraculeusement sauvé du brasier. Par on ne sait quel miracle, cet incroyable objet se retrouva un jour en vente au bazar de Téhéran où les Zoubov le découvrirent et en firent l'acquisition.Zoubov.jpeg

Claude Bonard

 

A propos des guerres de l'opium, lire : https://www.monde-diplomatique.fr/2004/10/ROUX/11590

A propos du brûle parfum, lire : https://www.ge.ch/zoubov/oeuvres/brule_parfum.asp

A propos de la Fondation Zoubov, lire : https://www.ge.ch/zoubov/comtesse_fondation.asp


Illustration : www.ge.ch

13:07 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/08/2018

Le 15 août 1944, les Alliés débarquaient en Provence

Le débarquement de Provence du 15 août 1944, moins connu des historiens que celui du 6 juin en Normandie, n’en a pas moins été d’une importance capitale pour les Alliés. Pour le général Eisenhower, cette opération était stratégiquement déterminante, de sorte que les troupes débarquées dans le sud de la France constituent la seconde mâchoire de la tenaille venant «enfermer» les troupes allemandes occupant la France, la première mâchoire étant constitués par les troupes progressant depuis la Normandie. Stratégiquement toujours, il était vital pour les Alliés de disposer de nouvelles bases portuaires pour débarquer troupes et matériels sur les plages françaises, afin de libérer la France puis de poursuivre la progression en direction de l’Allemagne.

Grâce aux opérations conduites par les forces placées sous le commandement du général de Lattre de Tassigny et avec  la libération de Toulon puis de Marseille, les Alliés ne cessent de recevoir toujours plus d’armes et de matériels. A partir de la fin du mois d’août 1944,  les ports de les-francais-dans-le-debarquement-de-provence-carte.jpgToulon et Marseille assurent le transit journalier de 14 divisions et 18'000 tonnes de ravitaillement en armes et matériel. La progression des Alliés est rapide. Psychologiquement parlant, grâce au courage des troupes venues d’Afrique notamment, les victoires de Provence constitueront des facteurs déterminants symbolisant le renouveau de la France et de son armée. 

Claude Bonard 

 

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08/08/2018

Août - septembre 1792 - les pages tragiques de l'histoire des Suisses au service de France

Dans son "Récit de la conduite du régiment des Gardes Suisses à la journée du 10 août 1792", Charles Pfyffer d'Altishofen a écrit : "Le 4 août, le Régiment reçut ordre de se porter sur Paris (l’on savait alors que les fédérés et les faubourgs devaient attaquer les Tuileries). Le Régiment partit la nuit des casernes de Courbevoie et de Rueil, après avoir enterré une partie des drapeaux.  (...) Tout fut tranquille au château et, la même nuit, le régiment retourna aux casernes".

Un calme trompeur car il n'imaginait  pas  la tragédie qui allait se dérouler  au coeur de Paris, six jours plus tard, le 10 août  1792. Les Suisses défendent alors le palais des Tuilerie pris d'assaut par la populace en furie. Au cours des combats, ils subissent de lourdes pertes. Ironie du sort,   le roi avait  quitté  les lieux vers 8h30 du matin pour se réfugier auprès de l'Assemblée. C'est un  Louis XVI déboussolé, et hésitant sur la conduite à tenir qui, pensant calmer le jeu, rédige un ordre pour le moins ambigu dont les conséquences vont tout au contraire attiser le feu. Il  signe en effet  le billet fatidique qui de facto sacrifie les Suisses : "Le roi ordonne aux Suisses de déposer à l'instant les armes et de se retirer dans leurs casernes". Sur plus de 800 gardes suisses présents aux Tuileries, environ 300 sont tués. Conformément  à l'ordre du roi, les gardes se replient vers la place Louis XV (l'actuelle place de la Concorde). Ils  sont encerclés, capturés, conduits à l'Hôtel de Ville et massacrés.  Pour les Suisses survivants, le pire est pourtant à venir avec les massacres de septembre. Dans un climat surchauffé induit par l'annonce de l'arrivée des Prussiens et des Autrichiens sur sol français afin d'écraser la Révolution,  les  septembriseurs  prennent d'assaut  les prisons de Paris, se livrent à de honteuses mutilations sur les prisonniers et passent  plus de 1 300 personnes  au fil de l'épée  dont les gardes suisses retenus prisonniers. Le monument du Lion de Lucerne taillé dans le rocher par le sculpteur danois Bertel Thorvaldsen  rappelant le sacrifice des Suisses  sera inauguré en 1821. Depuis lors, de nombreux ouvrages ont été consacrés à cette page tragique  de l'histoire  des régiments suisses au service de France. L'histoire étant une création continue, la lecture  qui est faite aujourd'hui  de ces  événements écorne le mythe, ce qui toutefois n'enlève rien au sacrifice de ceux qui sont tombés à Paris. Nous savons par exemple aujourd'hui que sur les gardes suisses ayant survécu à la journée du 10 août puis aux massacres de septembre,  environ 350 ont rejoint les armées de la République, d'autres  les armées blanches des Chouans en lutte contre les Bleus*.Garde suisse.jpg

* source Dictionnaire historique de la Suisse

Claude Bonard

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