29/09/2018

Nouveau milliard d'aide aux pays de l'Est, attention, terrain miné !

S'agissant des pays concernés par le versement d'un second "milliard de cohésion" destiné aux pays de l'Europe de l'Est , je me dis que la Suisse se doit d'être vigilante quant au choix des bénéficiaires. En effet, à quoi assiste-t-on dans plusieurs pays de cette partie de l'Europe ? on y voit depuis quelques années plusieurs  régimes qui ont instauré  des politiques se caractérisant par un néo-autoritarisme  marqué. Des gouvernants qui, ayant été démocratiquement portés au pouvoir - il est objectif de le rappeler -  font malheureusement appel  à un nationalisme sourcilleux en s'appuyant sur un révisionnisme historique et un   euroscepticisme érigés en dogme pour asseoir leur politique. Pour aussi hélas,  égratigner l'Etat de droit et  dire tout le mal qu'ils pensent de la démocratie libérale considérée comme porteuse de tous les maux. Une partie de l'opinion publique sensible à ces sirènes affiche  par exemple ouvertement une intolérance de plus en plus marquée envers Bruxelles, l'UE  étant  accusée d'adopter une posture néocolonialiste qui bafoue les prérogatives d'Etats souverains. Une autre partie de cette même opinion publique, minoritaire et  issue des milieux de l'opposition tente, sans être très audible en ce moment,  de mettre en évidence le fait que ces mêmes pays sont   les principaux bénéficiaire de fonds européens depuis leur  entrée au sein de l'UE.  Pour conclure et revenir au milliard d'aide aux pays de l'Est que Berne serait prêt à verser, je voudrais prendre l'exemple de la Pologne où  les effets du vote du peuple du peuple suisse de 2006  sur le premier milliard ont été massifs. Les montants qui ont servi à financer des projets de développement ont représenté 489 millions de francs suisses.  A l'époque, j'avais voté OUI avec enthousiasme. Aujourd'hui, au vu de ce qui se passe en certains endroits de l'Est du continent européen,  je me dis que la Suisse ferait bien d'y regarder à deux fois avant d'attribuer les mannes de son nouveau milliard de cohésion à certains bénéficiaires potentiels chez qui  les valeurs de tolérance et de respect de l'Etat de droit  prônées par  la Suisse ne sont pas forcément en tête de l'agenda politique. J'en suis d'autant plus affligé que je suis partisan d'une collaboration étroite entre l'UE et notre pays mais honnêtement, ce second milliard, je ne le sens pas et je me dis que c'est une fausse bonne idée.

Claude Bonard

16:17 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook | | | |

Commentaires

A la lecture de votre billet, je me sens du coup très en faveur de ce milliard pour les pays de l'Est. On pourrait même préciser qu'il devrait servir exclusivement à contrer les entreprises de subversion de Georges Soros...

Écrit par : Géo | 29/09/2018

Réponse à la personne signant Géo : Merci de m'avoir lu, mais je ne vois vraiment pas ce que M. Soros vient faire là-dedans !... et mon constat se base sur mes seules observations du fait que je passe plusieurs mois par an à l'Est de l'Europe. Si mon propos n'est pas clair à vos yeux, vous voudrez bien m'en excuser. Ceci dit je persiste et signe et assume l'entier de mon propos. Je m'en tiendrai là en vous souhaitant un excellent dimanche. CB

Écrit par : Bonard | 29/09/2018

A vous lire, on dirait que vous n'avez pas compris que ces dirigeants que vous critiquez ont été élus démocratiquement. Est-ce à dire que la démocratie n'est une valeur que lorsque ce sont des dirigeants fidèles à vos idées qui sont élus?

Qui a fait le forcing pour que ces pays intègrent l'ue? Maintenant ils auraient tort de ne pas en profiter.

Écrit par : Daniel | 29/09/2018

Réponse à la personne portant le prénom Daniel : Tout d'abord, merci de m'avoir lu. Vous aurez de ce fait remarqué que je ne mets pas en doute la légitimité des dirigeants dont j'évoque l'action puisque j'écris, je cite, : "Des gouvernants qui, ayant été démocratiquement portés au pouvoir" etc. etc. Par ailleurs, je n'évoque pas "mes idées" qui n'intéressent personne... Je fais en revanche un constat sur la base de mes observations et de mon vécu tout au long des mois que je passe à l'Est de l'Europe. Ni plus, ni moins. Et dans mon texte, j'évoque le ressenti de l'opinion publique majoritaire ET aussi minoritaire. Vous n'êtes pas d'accord avec moi, c'est ainsi en démocratie, raison pour laquelle j'ai publié votre commentaire même si je ne suis pas d'accord avec le procès d'intention que vous me faites. C'est ainsi et c'est bien ainsi. Bien cordialement, CB

Écrit par : Bonard | 29/09/2018

@Daniel
Une élection démocratique et une conduite démocratique d'un pays n'est pas la même chose.
Le choix d'un type d'économie se résout par la démocratie. Les libertés, elles, ne doivent pas être liées à une élection démocratique, les liberté sont les fondements de la démocratie.

Un gouvernement élu qui limite des libertés n'agit pas dans un cadre démocratiques.

La démocratie et liberté sont les 2 faces de la même pièce.

La Pologne en bafouant certaines libertés, bafoue la démocratie, même si la majorité de la population les suivent. Est-ce que la Suisse reste démocratiques si les suisse-allemands décident que les romands doivent être sous leurs contrôles ?

Une élection démocratique ne détermine pas si un pays est démocratique, uniquement son fonctionnement.

Écrit par : motus | 29/09/2018

Hormis la question financière, je dirais que les pays de l'Est européens sont assez méfiants lorsqu'il s'agit d'influence extérieures et ont peut les comprendre, surtout que cette UE ressemble de plus en plus également à une sorte de régime autoritaire et gare à ceux qui veulent garder leurs particularismes.

Les pays de l'ex-empire soviétique devenus européens, souvent dans un désordre que l'on pourrait comparer à une forme de colonialisme, doivent suite à l'invasion soviétique se retrouver et retrouver leurs identités et tous ce qui leur a manqué pendant l'occupation russe.

Donc, l'Europe a hérité de certains scepticismes concernant toute forme d'autoritarisme et de pouvoir extérieur. De plus, pendant le soviétisme totalitaire et meurtrier les axiomes idéologiques des européens de l'Est penchaient plus sur le modèle américain que sur la disparité européenne.

C'est pour cette raison que je souri lorsque l'on parle "d'Europe" !

Écrit par : Corto | 30/09/2018

Les fonds de cohésion sont à destination de l'Europe centrale (par exemple, Pologne) et non de l'Europe de l'Est (par exemple, Biélorussie).

Je reviens d'un voyage en Pologne. Les routes et autoroutes sont souvent neuves et "financées par Bruxelles". Les trams, les musées sont eux aussi "financés par Bruxelles" Mon aveuglement ne m'a pas permis de voir les "poches profondes" dont vous parlez.

Le financement européen fonctionne comme suit: La Pologne verse 1 euro à l'UE et en reçoit 3 en retour. C'est un peu comme la péréquation financière entre cantons suisses. Rien de plus.

Écrit par : yvan-pierre chabloz | 02/10/2018

Encore milliard de perdu? Non, car l`argent ne se perd pas, il se trompe de poche. Et les poches, dans les pays d`Europe de l`Est que nous savons, elles sont aussi opaques que profondes.

Écrit par : Jean Jarogh | 30/09/2018

Monsieur Bonnard, c'est justement ce genre de fait qui fait que ces pays sont en confrontation avec l'UE et que l'Autriche, l'Italie et même la Suède qui ne faisaient pas partie de l'ex-bloc de l'Est semble les suivre, et ce ne seront pas les derniers !

Bien à vous

Écrit par : Corto | 30/09/2018

Réponse au pseudo Corto : Monsieur, une fois encore je ne peux accepter des invectives du type : son "conseil fédéral et ses banques crapuleuses !" sur mon blog. Il y a des limites de bienséance au débat que je dois préserver quels que soient les avis, même tranchés, des uns et des autres. On peut tout dire mais il y a la manière. Mon blog portait sur certains régimes qui bafouent le droit en Europe de l'Est et sur le choix par nos autorités fédérales des prochains bénéficiaires du nouveau "milliard de cohésion" destiné à l'Est de l'Europe. Rien d'autre. Merci de relire mon texte initial. On peut parler tout, mais le respect ça change la vie. Bien à vous. Claude Bonard

Écrit par : Bonard | 30/09/2018

Merci de votre réaction. L'agenda politique du PIS (le parti au pouvoir) est effectivement une autre histoire!

Écrit par : chabloz | 02/10/2018

Réponse à M. Yves-Pierre Chabloz : Monsieur, merci d'avoir réagi à mon propos. Séjournant régulièrement en Pologne, je partage pleinement votre constat lorsque vous décrivez la qualité des infrastructures polonaises financées par Bruxelles. S'agissant de la notion d'Europe centrale et d'Europe de l'Est, vous avez raison aussi s'agissant de la notion de l'espace géographique. La Pologne par exemple se trouve comme vous le relevez en Europe centrale. Pour ma part, je me réfère à la notion idéologique et politique qui se réfère aux pays ayant été dans la sphère d'influence de l'URSS jusqu'à la chute du mur de Berlin, l'ancien Bloc de l'Est. La Pologne, et vous l'illustrez bien dans votre propos, est l'un des principaux bénéficiaire de fonds européens depuis son entrée au sein de l'UE le 1er mai 2004. Pour la période 2014-2020 par exemple, elle reçoit pour divers programmes de développement 82,5 milliards d'Euros. Une ballade dans les rues de Varsovie de Poznan de Wroclaw en témoigne. A de nombreux endroits, sur les façades de châteaux magnifiquement restaurés, ou au fronton de superbes infrastructures techniques commerciales ou culturelles, on découvre des plaques épigraphiques indiquant : “construit – ou restauré – avec le concours des fonds européens”. Mais il n'y a pas que le financement européen. La Suisse joue aussi un rôle significatif avec les 485 millions de CHF investis en Pologne dans le cadre du premier "milliard de cohésion" voté en 2006. Toutefois la question de fond que je pose dans mon blog va au-delà du seul aspect économique et je pense que vous l'aurez remarqué puisqu'elle touche aux valeurs de tolérance et de respect de l'Etat de droit prônées par la Suisse qui ne sont pas forcément en tête de l'agenda politique. dans ces pays, ou du moins, certains d'entre eux. Bien à vous, CB.

Écrit par : Bonard | 02/10/2018

Monsieur Bonard, certes vos constats sont bien réels, cependant, ne pensez-vous pas qu'en échange de ces financements la Suisse ou l'Europe ne peuvent que se renforcer, avez-vous comparés les investissements et autres allègements douaniers accordés à d'autres régions du monde qui ne vont certes pas renforcer l'économie européenne, voir lui nuire ?

Les ex-conquêtes soviétiques ont un potentiel productif impressionnant, également dû aux coûts de main d'oeuvre mais également du fait que ces pays ressentent un besoin vital de développement dans une époque où l'Asie devient une sérieuse menace économique pour l'Europe.

Ne pas voir le renforcement de ces pays comme un signe de fermeture, mais plutôt comme un signe d'ouverture de l'Europe et de es capacités innovatives sur le reste du monde.

Écrit par : Corto | 02/10/2018

Monsieur Bonard,

Faut-il que je fasse une explication de texte pour faire resortir les idées qui sont expimées dans votre texte? Vous ne faites pas un "constat", vous exprimez des idées et des valeurs qui ne sont pas partagées par tout le monde.

Ainsi vous écrivez: "plusieurs régimes qui ont instauré des politiques se caractérisant par un néo-autoritarisme marqué."

Pourquoi écrire "régimes"? Ce terme est péjoratif. Le terme correct est "gouvernement". "néo-autoritarisme marqué"? Ou exprimant la volonté de la majorité de votants? Vous ne dites pas en quoi consiste cet "autoritarisme"...

Plus loin: "font malheureusement appel à un nationalisme sourcilleux en s'appuyant sur un révisionnisme historique et un euroscepticisme érigés en dogme pour asseoir leur politique."
De nouveau vous utilisez des termes péjoratifs qui dénotent un jugement et trahissent vos idées: révisionnisme, dogme, sourcilleux... Ces gouvernement n'ont-ils pas été élus sur le programme que vous décrivez de manière partisane?

Les populations de ces pays ne veulent-ils pas vivre dans des pays souverains non soumis à une dictature étrangère et non élue, elle? Vous ne nous dites pas en quoi consiste ce "révisionnisme".

"égratigner l'Etat de droit et dire tout le mal qu'ils pensent de la démocratie libérale considérée comme porteuse de tous les maux."
Je vous saurai gré de nous informer en quoi ces pays "égratignent l'Etat de droit"? Qui a dit du mal de la démocratie ou du libéralisme? J'aimerais le savoir et je vous remercie de m'éclairer.

"Une partie de l'opinion publique sensible à ces sirènes affiche par exemple ouvertement une intolérance de plus en plus marquée envers Bruxelles, l'UE étant accusée d'adopter une posture néocolonialiste qui bafoue les prérogatives d'Etats souverains."
Pourquoi inversez-vous les causes et les conséquences? C'est bien parce que cette "partie de l'opinion publique" est MAJORITAIRE que les gouvernements que vous critiquez sont au pouvoir. Les sirènes n'ont rien à voir là-dedans. Sans doute voudriez-vous que les gouvernements ainsi élus trahissent leurs électeurs...

Pour terminer je vous ferai remarquer que la grande majorité du peuple suisse rejette le "néocolonialisme" de Bruxelles et que la Suisse reste un pays souverain et qui entend le rester. Maintenant si vous estimez que le souverainisme est un mal (ce qui transpire de vos lignes), dites-le clairement. Nous serons fixés.

Il n'y a pas de ma part de "procès d'intention". Je vous fais part de mon ressenti à la lecture de votre texte qui me semble d'un parti pris anti-souverainiste et pro-ue.

Dites-moi si je me trompe.

Merci également de m'avoir lu.

Bien cordialement.

Écrit par : Daniel | 03/10/2018

Réponse à la personne ayant le pseudo Daniel,
Monsieur, j'ai lu votre long message avec intérêt. Vous jugez bon de me faire la leçon par le truchement d'une explication de texte. Soit. Hélas tout serait trop simple si la situation des pays concernés se réduisait à l'analyse que vous faites. Il ne s'agit pas seulement d'un débat pro ou anti UE.... Bruxelles ou pas Bruxelles... mondialiste ou souverainiste. Mon propos porte aussi et surtout sur bien des aspects qui touchent au respect des droits constitutionnels, des droits de la personne, des droits des femmes et du révisionnisme historique pour ne citer que ces quelques exemples. Et si je respecte pleinement votre point de vue et les opinions que vous exprimez, il en va de même me concernant. Les idées que je défends ne sortent pas de nulle part et mes convictions reposent sur des expériences vécues. Bien cordialement, Claude Bonard

Écrit par : Bonard | 03/10/2018

"euro-scepticisme" bon courage, je n'en rajouterai pas, en réponse à Daniel, nous avons vu encore une fois les limites des euro-non-sceptiques avec le départ du ministre français de l'intérieur, ils tous "unis" par leur ferveur "européenne" mais n'arrivent même pas à être unis au niveau national !

Si ils se mettent au service de causes qui les dépassent pour justifier des comportements abjectes et égoïstes, on est très loin du but.

Écrit par : Corto | 03/10/2018

Il serait peut être temps que l'Europe s'adapte à la Suisse qui fonctionne plutôt que la Suisse qui s'adapte à une "l'Europe" en fin de course !

Écrit par : Corto | 03/10/2018

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