09/10/2018

7 octobre 2001 – 7 octobre 2018 – 17 ans de guerre en Afghanistan. Tout ça pour ça ?

Les stratèges occidentaux auraient mieux fait de relire l'histoire de cette région montagneuse et d'y regarder à deux fois avant de débuter leurs opérations militaires en 2001. Petit retour en arrière : en 1839 se déroula la première guerre anglo-afghane. Les Britanniques déterminés à briser l'influence russe auprès de l'Emir Dost Mohammed envoyèrent sur place une armée d'environ 17'000 avec toute sa logistique. Les Anglais occupèrent Kandahar et Kaboul. Les Afghans prirent les armes en 1841 et harcelèrent les troupes de la reine Victoria qui se replièrent sur Jalalabad. Cette retraite fut terrible. Un médecin militaire, le docteur Brydon fut le seul survivant de la colonne anglaise de plus de 15 000 personnes qui avait quitté Kaboul le 6 janvier 1842. L'armée anglaise fut anéantie par les redoutables guerriers afghans. Toujours déterminés à contrer l'influence russe dans la région, les Britanniques lancèrent une nouvelle campagne en 1879 avec une armée reconstituée. Une campagne connue sous le nom de deuxième guerre anglo-afghane. Là encore, la résistance des montagnards afghans va infliger des pertes sévères aux tuniques rouges. Le 26 mai 1879, l'Empire britannique et les Afghans signèrent néanmoins le traité de Gandomak. Avec cet accord, l'Afghanistan devient alors un protectorat britannique, conservant son autonomie au plan intérieur. Une demi victoire pour John Bull. Les Britanniques s'assurent toutefois le contrôle du col de Khyber, l'un des passages les plus importants entre l'Afghanistan et les Indes britanniques. Une troisième guerre anglo-afghane opposa le Royaume-Uni à l'Afghanistan entre le 6 mai et le 8 août 1919.  Une guerre oubliée aujourd'hui. Plus près de nous, on se souvient du conflit connu sous le nom de “Vietnam Soviétique”. De 1979 à 1989, après l'échec des gouvernements socialistes afghans et une guerre civile, les troupes soviétiques interviennent et tentent de prendre le contrôle de la région. Ce sera pour elles un sanglant bourbier. Les Russes vont subir le même sort que les Britanniques. L'instabilité va demeurer après le retrait des Soviétiques. Les guerres civiles s'enchaînent les unes après les autres pour aboutir finalement à l'intervention que l'on sait en 2001 des Américains puis de la coalition occidentale avec des résultats plus que mitigés. Non, définitivement, l'Afghanistan est une région dont les habitants ne se laissent dompter par personnes, ayant mis en échec les forces armées des plus puissantes nations de leur temps.  Avec le recul, et sans vouloir jouer au stratège en chambre, j'ai peine à croire que les leçons des expériences des guerres passées  en Afghanistan aient pu être oubliées à ce point en voyant ce qui se passe aujourd'hui dans cette région du monde. Les guerres ne sont jamais fraîches et joyeuses.

Claude Bonard

Sources :  https://www.courrierinternational.com/article/2001/10/11/n-oublions-pas-les-lecons-de-l-histoire

Wikipedia

Dr Brydon.jpg

13:21 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je suis certain que, dans la tres grande majorité des cas, lorsque des hommes de pouvoir ordonnent une guerre, ce n`est pas pour rendre le monde meilleur contrairement a ce qu`ils prétendent, mais pour construire leur propre légende de "héros" quand ce n`est pas pour renvoyer l`ascenseur a des groupes d`influence qui les ont aidés a devenir des hommes de pouvoir.

Écrit par : Jean Jarogh | 09/10/2018

Wikipédia est l'outil idéal pour des gens comme vous. L'ignorant qui se pique de réflexion historique.

Écrit par : Anastase de Saint-Senestre | 10/10/2018

Réponse à la personne dont le pseudo est Anastase de Saint-Senestre : Monsieur, je vous remercie de votre commentaire. Suis-je inculte ?... je ne sais... et je me dis qu'il appartient aux autres et surtout à celles et ceux qui me rencontrent dans la vraie vie d'en juger. Mais si tel est votre jugement à mon propos, soit. Quant à votre second point, Wikipedia, l'outil idéal dites-vous.. pour des gens comme moi... ? eh bien vous avez raison, je vous réponds deux fois oui. Oui, j'aime l'histoire depuis plus de 60 ans, et Oui, s'agissant de Wikipedia, et pas seulement Wikipedia, mais quantité d'autres sources dont les versions anciennes et actuelles du Dictionnaire Historique de la Suisse, du Dictionnaire Encyclopédique d'Histoire, communément appelé "le Mourre", du nom de soin auteur, ou de bien d'autres références qu'il serait fastidieux d'énumérer. Conformément à une règle constante que je m'applique, je cite mes sources en petit caractère en bas de mes blogs à caractère historique depuis que j'ai commencé à en écrire, c'est-à-dire en mai 2017 lorsqu'il ne s'agit pas de réflexions purement personnelles ou découlant de mes propres travaux; ou alors j'ajoute en bas de blog, "Pour en savoir plus sur... etc. etc"que je cite les sources consultées au sein desquelles j'ai été puiser mes informations. L'histoire se construit brique par brique, et ces briques ont pour nom les sources et parmi elles , Wikipedia en est une qui est vaste et pratique mais dont il s'agit régulièrement de vérifier la fiabilité. En citant mes sources et diverses références en petit caractère dans certains blogs lorsque la situation l'exige, je pars de l'idée que la déontologie est respectée. Pour conclure, si je m'étais senti attaqué, démasqué ou offensé par votre commentaire, je ne l'aurais tout simplement pas publié. CQFD. En vous remerciant de m'avoir lu et de m'avoir donné la possibilité par votre commentaire de préciser ma démarche d'écriture, je vous souhaite une bonne journée et m'en tiendrai là. Claude Bonard

Écrit par : Bonard | 10/10/2018

Anastase de Saint-Senestre est le pseudo d'une sorte de pseudo-anarchiste schizophrène, prof d'uni en biologie le jour, peu respectueux des lois de la science (négateur des races à une époque où seul le 1% du génome humain avait été décrypté : lui et ses semblables ont simplement décrété que les 99% restant étaient de l'ADN poubelle...) et chroniqueur la nuit chez Charlie-Hebdo puis Siné-Hebdo sous le pseudo Dédé-la-Science, en mémoire d'un membre de la bande à Bonnot et en référence à son nom, André Langaney.

Écrit par : Géo | 10/10/2018

On ne peut pas taxer Darwin d'anar et encore moins de gauchiste, pourtant, au milieu du XIXe siècle, il écrivait, et après lui bien d'autres écrirons et diront, ce que Dédé la science disait dans les années 1980 ! Géo ferait bien de se former et de s'informer un minimum avant de dire n'importe quoi.

"On a étudié l'homme avec plus de soin qu'aucun autre être organisé ; cependant, les savants les plus éminents n'ont pu se mettre d'accord pour savoir s'il forme une seule espèce, deux (Virey), trois (Jacquinot), quatre (Kant), cinq (Blumenbach), six (Buffon), sept (Hunter), huit (Agassiz), onze (Pickering), quinze (Bory Saint-Vincent), seize (Desmoulins), vingt-deux (Morton), soixante (Crawford), ou soixante-trois, selon Burke. Cette diversité de jugement ne prouve pas que les races humaines ne doivent pas être considérées comme des espèces, mais elle prouve que ces races se confondent les unes avec les autres, de telle façon qu'il est presque impossible de découvrir des caractères distinctifs évidents qui les séparent les unes des autres.

Le naturaliste qui a eu le malheur d'entreprendre la description d'un groupe d'organismes très variables (je parle d'expérience) a rencontré des cas précisément analogues à celui de l'homme ; s'il est prudent, il finit par réunir en une espèce unique toutes les formes qui se confondent les unes avec les autres, car il ne se reconnaît pas le droit de donner des noms à des organismes qu'il ne peut pas définir."

"Charles Darwin, 1985 (original 1871). La descendance de l'Homme et la sélection liée au sexe. p190.

Écrit par : Ninian Hubert | 15/10/2018

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