21/11/2018

François-Joseph d'Autriche, Elisabeth et Genève

Hier, mardi 20 novembre, le président de la Confédération Alain Berset recevait le chancelier Autrichien Sebastian Kurz à Berne. Curieux paradoxe car cette rencontre a eu lieu à un jour près 102 ans après le décès de François-Joseph, empereur d'Autriche et roi de Hongrie qui s'éteignit le 21 novembre 1916 à l'âge de 86 ans, après un règne de près de 68 ans. Sa disparition préfigurait celle de l'Empire des Habsbourg deux ans plus tard. Aux yeux du public et depuis les années 1955-1956, on ne sait pas trop si l'empereur François-Joseph a été marié à Elisabeth de Bavière ou à Romy Schneider … Au cinéma, Karlheinz Böhm et David Rott ont habité son personnage et James Mason a lui aussi campé un François-Joseph plus vrai que nature dans le film relatant la tragédie de Mayerling. Mais qui était réellement François-Joseph ? La réalité est loin de celle de l'empereur juvénile et romantique idéalisé par le cinéma. Franz était un monarque "à poigne", hostile au libéralisme, travailleur acharné mais dont la vision politique très conservatrice et à courte vue n'a pas facilité le règne. Sa vie a été marquée par les guerres et les tragédies familiales au moment où l'empire vacillait vu l'émergence des mouvements nationalistes qui annonçaient sa désintégration toute proche. Au-delà de l'idéalisation du mythe qui perdure et réjouit plus que jamais les marchands de souvenirs viennois, il faut rappeler que le vieux monarque fut pour une bonne part responsable des événements qui aboutirent au déclenchement de la Première Guerre mondiale suite à l'assassinat de son neveu l'archiduc François-Ferdinand et de son épouse le 28 juin 1914 à Sarajevo. François- Joseph était bien décidé à punir la Serbie par la force. Une décision qui conduisit inexorablement au conflit par l'implacable jeu des alliances. La double monarchie habsbourgeoise n'allait pas s'en relever. A Genève, les passionnés de l'histoire de Franz et Sissi peuvent  contempler au quai du Mont-Blanc la modeste plaque fixée sur la rambarde qui  rappelle l'endroit de l'assassinat de l'impératrice Elisabeth le 10 septembre 1898 par l'anarchiste Luigi Lucheni et découvrir la statue de l'impératrice réalisée par Philip Jackson à la rotonde du Mont-Blanc.  Ils peuvent aussi se rendre à  la basilique Notre-Dame à la place Cornavin construite grâce à de nombreuses donations dont l'une de l'empereur François-Joseph !  pour y admirer le vitrail représentant Sainte Elisabeth de Hongrie dont les traits sont ceux de l'impératrice assassinée. Une œuvre réalisée en 1915 par l'artiste Charles-Emile Brunner et l'atelier Kirsch et Fleckner à Fribourg. La partie inférieure du vitrail rappelle les circonstances du drame qui a coûté la vie  à Genève à Elisabeth, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie. FJ8.jpegOn le voit,  entre l'Autriche, les Habsbourg, Genève et la Suisse, c'est une longue histoire.

Claude Bonard

 

12:30 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Détail macabre à propos de Lucheni : ai le souvenir, au temps de mes études, d’avoir « admiré » sa tête, ma foi bien fripée, immergée dans un bocal de formol, dans une vitrine de l’ancienne Ecole-de-médecine (ou est-ce à l’Institut de pathologie de l’époque ?). Elle ne faisait plus vraiment recette. On l’avait montrée à Lénine quand il séjournait à Genève. La tête d’un anar rencontrant le futur petit-père des peuples… Elle se trouve actuellement à Vienne.

Écrit par : Gislebert | 21/11/2018

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Gislebert@ Et qu'est-ce qu'elle faisait là, cette tête ? Une petite contribution à la typologie anthropométrique criminelle ? On lui a autopsié le cerveau, à l'anarchiste ? Pascal Holenweg doit-il impérativement léguer sa tête à la science, pour comparaison ?

Écrit par : Géo | 21/11/2018

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« Entre l’Autriche, les Habsbourg, Genève et la Suisse, c’est une longue histoire »

Surtout d’assassinat!

Écrit par : Patoucha | 21/11/2018

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« Pascal Holenweg doit-il impérativement léguer sa tête à la science, pour comparaison « 

MDR! Il aurait assassiné le OUI?

Écrit par : Patoucha | 21/11/2018

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Géo@ Rires...Effectivement on croyait à l'époque à l’anthropométrie pour caractériser des types de criminels...Le délit au faciès en quelque sorte. Quant au cerveau autopsié, il a révélé une matière grise carrément noire charbon comme le drapeau anarchiste...Concernant Monsieur Holenweg, j'ignore ses intentions, n'étant pas informé de ses directives anticipées. Point commun avec Lucheni : ce dernier a tenu un journal, une espèce de blogue avant la lettre...

Écrit par : Gislebert | 21/11/2018

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L'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand a été le détonateur - ou la goutte d'eau qui a fait déborder le vase si vous préférez - de la première guerre mondiale.

En réalité, tout a commencé le 11 juin 1903, des Officiers Serbes avaient assassiné le Roi et son épouse en tuant les gardes pour entrer dans le palais royal, puis ont continué en tuant des membres du Gouvernement. La Main Noire commençait à se former ...

Je vous conseille vivement de lire l'excellent ouvrage "Les Somnanbules" écrit par Christopher Clark, paru dans la collection Champs Histoire (livre de poche 780 pages). La couverture du livre mentionne ceci : "Eté 1914 Comment l'Europe a marché vers la guerre".

Écrit par : Marie A. | 22/11/2018

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