28/11/2018

Puisque c'est bientôt l'Escalade, n'oublions pas les blessés de 1602 !

Ce week-end, avec la Course de l'Escalade puis une semaine plus tard grâce aux multiples animations proposées au public par la Compagnie de 1602, Genève s'apprête à commémorer le 416e anniversaire de l'Escalade. Si tout le monde sait  que dix-huit valeureux défenseurs valeureux de Genève ont perdu la vie au cours de la funeste nuit, le nombre des blessés  inscrits à l'Hôpital, se monta  quant à lui  pour le moins  à vingt-quatre, sachant qu'il y en a eu encore d'autres, moins gravement atteints qui furent soignés à domicile. Or dans la mémoire collective des Genevois, force est de constater aujourd'hui que l'on on a totalement oublié ces braves.  Et pourtant, outre leur courage lors de la nuit de l'Escalade, on leur doit aussi  l'origine des premières manifestations festives de l'Escalade dont l'anniversaire fut initialement seulement marqué par un Jeûne et les sermons des pasteurs. C'est  en effet entre 1603 et 1606 1606 selon les sources, que fut organisé le premier banquet réunissant les blessés de l'Escalade. Une première manifestation vraiment festive. Plus tard, suivirent d'autres réjouissances qui ne faisaient, on s'en doute, pas la joie du Consistoire et des pasteurs ....

Alors, pour une fois,  ayons une pensée pour les blessés  "Genevois" de l'Escalade dont voici les noms  : 

Pierre Fabri. Conseiller, Jean Baudichon de la Maison-Neuve, conseiller ; Hugues De Crose, Ami Delacombe, Nicolas Nourison, Jacques Philippe, Jacques Poncet, Jean Foral, Nathanaël Brachet, Paul Dedomo, Philibert Sochard, Samuel Noblet, Etienne Jouvenon, Nicolas Charpentier, Jean Ducrest, François Pellet, Jaques Tornier, Loys de Vorse, Jean-Louis Bron, Pierre Dubiez, Philippe Paquet, Daniel Martinet, Jean Beau, Romain Denanto (Dunant).

 

Claude Bonard

Sources :

Liste des 24 blessés de l'Escalade, tirée du Recueil de l'Escalade 1967, Compagnie de 1602,  édition reliée Vol. IV 1958-1967 page 208.

Jean-Pierre Ferrier : Histoire de la Fête de l'Escalade, Recueil de l'Escalade No 342, année Blessés 1602.jpg 2003 de la Compagnie de 1602.

J. Gaberel : Les Guerres de Genève aux XVIme et XVIIe siècles et l'Escalade du 12 décembre 1602, Genève, Imprimerie Charles Schuchardt 1880 page 196 à 198.

 

 

 

 

16:06 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour Monsieur,

Sait-on quelque chose sur la nature de leurs blessures et la façon dont ils furent soignés aux HUG d'antan ? Ambroise Paré, mort en 1590, avait peut-être formé des confrères genevois. Ses ouvrages sur la chirurgie, l'obstétrique et les maladies épidémiques circulaient en Europe. Clair que pour survivre à une blessure à l'époque, il fallait que celle-ci ne soit pas trop grave et le patient de constitution robuste et très...patient !

Écrit par : Gislebert | 28/11/2018

Cher Monsieur, pour répondre à vos questions, il faudrait travailler sur les sources disponibles aux AEG. En revanche, je vous mets ici le lien de cet intéressant article : https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/genevois-1602-petits-soins/story/16781474
Merci de me lire.
CB

Écrit par : Bonard | 28/11/2018

"Clair que pour survivre à une blessure à l'époque, il fallait que celle-ci ne soit pas trop grave et le patient de constitution robuste et très...patient !"
Ayant travaillé en Angola en 1989 - 1990, je m'étais lié d'amitié avec le padre John, un Irlandais (qui m'a fait découvrir le whisky de son pays...).
Il m'a raconté l'histoire d'un collègue à lui pris dans une embuscade de l'UNITA (une erreur, Savimbi voulait ménager les cathos...). Son collègue a pris plusieurs balles (4, sauf erreur) dans le corps. Il était intransportable, et d'ailleurs qui l'aurait transporté ? Le sorcier du village d'à côté l'a sauvé et même le padre John, pourtant croyant à ce que je crois savoir, en était très surpris...

Écrit par : Géo | 28/11/2018

Géo l’Africain@

Toujours intéressants vos témoignages tirés de votre expérience africaine. En l’occurrence, dites vous bien que les balles (calibre ?) qui ont atteint ce missionnaire n’ont pas touché d’organes vitaux ou sectionné d’artères importantes…

Votre Padre (généralement, ils sont croyants, vous faites bien de le supposer) avait surement un ange gardien particulièrement efficace. Et puis je crois dans certains domaines aux vertus de la médecine naturelle et aux connaissances des sorciers. Un ancien sorcier allopathe.

Bonne soirée.

Écrit par : Gislebert | 28/11/2018

Les balles étaient du 7.62 (Kalachnikov, what else ?). Pas d'organe vital touché ? Façon de parler : toutes dans le corps, le tronc, si vous voulez. Autre exemple, tiré de mon passé gauchiste (1971-1976) : je suis allé écouter une conférence d'un militant genevois parti lutter au Nicaragua contre Somoza et de retour, ayant survécu à 7 balles dans le corps. Lui était un véritable miraculé...Sa vie de guerillero sandiniste ne devait pas être passionnante, mais la conférence oui. Savez-vous que l'on sent la fumée d'une cigarette (donc de l'ennemi) à presque un kilomètre ?
Salut donc à ce survivant, s'il vit encore, il se reconnaîtra...
En Angola, un peu plus tard, j'avais fait la connaissance d'un jeune logisticien MSF belge que j'avais amené à Bailundo, la patrie de Savimbi, pour visiter le centre de santé et les réalisations d'assainissement à y faire. Quand la situation s'est tendue à la suite du refus du résultat des élections (1992) par le Doutor Savimbi, je me suis exfiltré mais MSF a voulu rester. Le jeune logisticien a reçu 4 balles dans le corps par des voleurs UNITA et n'a pas survécu, malgré un transfert en RSA.

Écrit par : Géo | 29/11/2018

Géo@

Ai parcouru (en diagonale) le premier traité écrit en français par A. Paré :
« La méthode de traicter les playes faictes par les arquebutes et aultres bastons à feu ; et celles qui sont faites par flèches, dardz et semblables, aussi des combustions spécialement faites par la poudre à canon ».

Il y est question des plaies diverses provoquées par des armes blanches coupantes, heurtantes, perforantes et contondantes (genre masses, hallebardes, épées…), des brûlures et des «écrasements » (les assaillants repoussés tombant de leurs échelles ou arrosés de poix bouillante), aussi des blessures par arquebusades, mais dans ce cas il n’est nulle part fait mention d’impacts multiples par balles comme dans le cas des miraculés que vous mentionnez. J’en déduis que Kalachnikov, à l’époque de l’Escalade, avait oublié d'équiper ses bâtons à feu d’une fonction tir en rafales.

CB@ Bien votre article, dommage les sources ne sont pas non mentionnées. On trouve des choses intéressantes dans les papiers de la Compagnie 1602, mais cela vous devez le savoir.

Écrit par : Gislebert | 30/11/2018

"Kalachnikov, à l’époque de l’Escalade, avait oublié d'équiper ses bâtons à feu d’une fonction tir en rafales."
A la bourse aux armes à Beaulieu ce matin, j'ai eu l'occasion de voir ces nouvelles mini-mitrailleuses (d'origine belge) de l'infanterie au stand des sous-of de la swiss army. On a discuté un peu avantage du tir en rafale relativement au tir de précision. J'ai cité un document télévisuel d'il y a longtemps, tourné en Angola. Le gouvernement de Luanda a bien compris, après les élections de 1992, que la paix n'arriverait jamais tant que Savimbi était en vie. Il a envoyé un commando pour le tuer sur ses terres... J'ai vu des images de ces types, largués en terre ennemie par hélicos, qui tirent en rafales sur des endroits où ils supposent que se trouvent leurs adversaires. Et à la hanche, en plus. Au bout de quelques minutes, les super-Rambo des FAPLA n'ont plus de munition, évidemment. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé à partir de là mais personne n'aurait aimé se trouver à leur place, c'est certain. La fonction tir en rafale ne sert qu'à condition d'avoir de grosses réserves de munition. Or cela pèse très lourd...
PS. CB a en fait participé au n°30 de "Passé Simple" sur l'Escalade, de décembre 2017, avec trois articles. Vous y trouverez tout ce que vous cherchez. Et en plus, un article de grand intérêt sur mon grand-père...

Écrit par : Géo | 30/11/2018

J'aurais pu aussi bien sûr citer l'embuscade d'Uzbin :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Embuscade_d%27Uzbin
"Controverses internes
Des officiers de l'armée française en France et en Afghanistan ont critiqué également les faibles réserves de munitions,"
Ou plutôt leur mauvais usage...

Écrit par : Géo | 30/11/2018

Oui évidemment, les talibans, ils doivent se montrer nettement plus hargneux que les troupes de Charles-Emmanuel ne le furent jamais, on n’aurait pas pu les chasser à coups de marmites…

On va peut-être en rester là, n’est-ce pas Monsieur Bonard, arrêtons …l’Escalade.

Écrit par : Gislebert | 30/11/2018

Il manque le commentaire d'avant, M.Bonard. Sinon le 2ème n'a aucun sens...

Écrit par : Géo | 30/11/2018

Géo@
Merci pour la référence "Passé simple", vais commander d'anciens numéros ou même m'y abonner.

Écrit par : Gislebert | 30/11/2018

M. Bonnard, pour la pertinence des propos que vous modérez et postez,

merci de permettre cette simple question d'un suisso-suisse, contribuable de générations en génération à cette Suisse anciennement prospère et non détenteur de passeports multinationaux,

au pseudo Gislebert dont les commentaires peuvent prêter à interprétation déviantes lors de votation sur referendum, et à confusion:

Gislebert: êtes-vous né en Suisse?

Écrit par : divregente | 30/11/2018

Réponse à la personne portant le pseudo de divergente :
Madame, j'ai publié tous les commentaires reçus suite à ma publication qui portait, je le rappelle, sur le fait qu'il ne fallait pas oublier les blessés de l'Escalade de 1602 dont la mémoire est totalement oubliée aujourd'hui. J'ai aussi publié votre commentaire concernant la personne portant le pseudo de Gislebert malgré le fait que vous posez une question qui relève de la sphère privée de la personne à laquelle vous vous adressez. . Mais je n'ai pas envie de voir mon blog transformé et foire d'empoigne et à des propos inquisitoriaux. Je décide dès lors de mettre un terme aux commentaires à propos de cette note. C'est ma responsabilité de modérateur.
Je pars de l'idée que vous comprendrez ma démarche. Et je vous souhaite une bonne Escalade.
Bien à vous, C. Bonard

Écrit par : Bonard | 30/11/2018

Ce message s'adresse à la personne au pseudo "divergente" qui m'a adressé deux messages alors que les commentaires sont clos sur ce blog. Je n'entends pas entrer dans une polémique. Il n'y a aucune censure de ma part mais je ne vais pas me laisser entraîner sur des sujets dans lesquels il est question pêle-mêle de résidents fiscaux ou de migrants économiques... Des thèmes qui n'ont rien à voir avec le sujet de mon texte sur les blessés de l'Escalade en 1602. Les commentaires qui ont suivi ma publications correspondaient au sujet puisqu'il y est question de blessures, de soins aux blessés, et de comparaisons avec les blessures dans les conflits modernes sur la base d'expériences vécues.
Je m'en tiendrai donc là et ne vais pas ni répondre à ces commentaires, ni me justifier, ni polémiquer. Et au risque de me répéter, les commentaires sont clos.
Bien à vous
Claude Bonard

Écrit par : Bonard | 30/11/2018

Les commentaires sont fermés.