31/12/2018

18 mois d'occupation autrichienne à Genève, entre nuisances et brosse à reluire ......

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A Genève, à partir du 30 décembre 1813, avec l'arrivée des troupes autrichiennes du Comte Ferdinand De Bubna et Littitz, les réquisitions, les nuisances, les atteintes à la propriété et autres inconvénients seront le lot du quotidien. Les arbres de nos parcs et de nos campagnes seront abattus en grand nombre afin de pourvoir les feux et les campements autrichiens. Les finances de Genève s’en ressentiront aussi lourdement car des impôts extraordinaires seront levés pour faire face à cette occupation militaire qui, même pacifique, resta une occupation. L’hôpital général surpeuplé soignera en nombre les militaires autrichiens accidentés ou atteints de maladies diverses si vous voyez ce que je veux dire. Laissant son armée sur place, Bubna quittera Genève le 23 mars 1814. Ainsi que l’écrivit François Ruchon :  « Les Genevois le virent partir sans beaucoup de regrets ; très populaire au début, Bubna indisposa très vite la population par ses réquisitions et le Conseil par ses tracasseries, par ses ruses, par la regrettable affaire des canons ». Mais, comme le dit le proverbe : tout est bien qui finira bien. Le 10 juillet 1815, le Comte Ferdinand De Bubna et Littitz sera  admis à la bourgeoisie d’honneur par les autorités  genevoises qui joueront à fond la carte de la diplomatie, de l’apaisement et surtout de la brosse à reluire ( on ne sait jamais...). Bubna se verra décerner cet honneur : « pour l’appui qu’il a donné à notre Gouvernement naissant ; pour la discipline qu’il a maintenue parmi ses troupes, pour la protection paternelle qu’il a accordée à nos personnes et à nos propriétés et pour la fermeté avec laquelle il a préservé notre ville de l’invasion des troupes françaises. » Aujourd'hui, seul le « Passage De-Bubna » presque oublié des Genevois reliant le Boulevard Helvétique à la rue des Glacis-de-Rive rappelle cet épisode contrariant de notre histoire.

Claude Bonard

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30/12/2018

Une belle Genferei : la proclamation de la Restauration genevoise a eu lieu le 1er janvier 1814 !

Chacun croit savoir que la Restauration de la République a été annoncée à la population genevoise Restauration Proclamation.jpg le 31 décembre 1813. Faux ! Toutes celles et ceux qui assistent chaque 30 décembre au soir  à la cérémonie organisée par la Société Militaire de Genève connaissent le texte de la proclamation datée du 31 décembre 1813 rédigée par les  “Magnifiques et Très-Honorés Seigneurs Syndics et Conseil de la Ville et République de Genève". Pourtant, ironie de l'histoire, cette proclamation ne sera  lue en divers points de la ville qu'un jour plus tard,  le 1er janvier 1814 ! En effet, le général autrichien von Bubna exigea d'avoir un droit de regard sur le texte  de ce manifeste hautement politique dont la lecture était destinée à informer la population de la restauration de la République. Un témoin du temps, Amédée Jules Pictet de Sergy , avocat  et  membre du Conseil Représentatif, a décrit ces péripéties dans un livre  publié en 1869: "... la journée tout entière s'est écoulée à discuter, corriger, imprimer, réimprimer, et rien ne s'était trouvé prêt avant la nuit. On dut renvoyer la publication au lendemain, mais on oublia d'en changer la date primitive."

Ainsi s'écrivit  la première Genferei de l'histoire de Genève restaurée !

Claude Bonard

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28/12/2018

Genève et les estomacs d'Autriche

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Dans son ouvrage publié en 1911 intitulé « 1814 - roman historique genevois » dont je vous ai parlé hier, Théodore Aubert nous brosse le portrait savoureux de madame Rosine, l'épouse de Narcisse, le tenancier de l'hôtellerie du Lion d'Or à Nyon dont le désespoir est perceptible après le passage de la soldatesque autrichienne en marche sur Genève : « Ces affamés, ces assoiffés payaient avec de jurons, accaparaient tout ce qui pouvait être englouti et saccageaient la salle à boire en poussant des hurlements incompréhensibles. Ces soudards m'ont ruinée ! glapissait-elle après le départ des soudards ! » Un autre auteur genevois, Louis Dumur, à la plume facétieuse publia un roman en 1913 sous forme d'un feuilleton au titre évocateur “Un estomac d'Autriche” qui évoque aussi Genève au moment de l'arrivée des régiments “libérateurs” du comte Ferdinand von Bubna et Littitz. Un ouvrage judicieusement réédité chez Infolio en 2014.

Avec l'arrivée des Autrichiens, d'énormes quantités de vivres, de boissons et de fourrages sont réquisitionnés jour après jour pour ravitailler les hommes et les chevaux. Un casse-tête pour la population genevoise. Les gens de Piogre effarés affublèrent les Autrichiens du sobriquet d' “Estomacs d'Autriche” .

C'est avec un soulagement non dissimulé que Madame Rosine à Nyon et les Genevois ont vu partir ces encombrants “Estomacs d'Autriche” après dix-huit longs mois d'une présence pesante.

Claude Bonard

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