14/11/2017

Aigle noir et aigle blanc, ce que ne dit pas la chanson de Barbara en ce mois de novembre 2017

L'Aigle noir... j'aime cette superbe chanson de Barbara. Pourtant depuis peu, à 1'700 km de Piogre, l'aigle noir qui tournoie dans mon ciel est un oiseau de proie belliqueux et menaçant. Un peu à l'instar de ces aigles caricaturés en France par les illustrateurs du Crapouillot entre 1914 et 1918 pour symboliser l'envahisseur d'outre - Rhin. Cet aigle noir est bien là, surtout depuis quelques jours où il s'est fait plus vindicatif, insistant et implacable. Moi, qui aime les contes et légendes qui finissent bien, j'ai envie  dans mon songe de voir s'évanouir de ma vue ce rapace maléfique et de voir arriver l'aigle blanc. Dans la vraie vie aussi. Ce grand oiseau blanc qui m'était si familier  il n'y a pas si longtemps. Et  je me surprends à fredonner certains couplets la belle chanson de Barbara :

"Lentement, les ailes déployées, 
Lentement, je le vis tournoyer. 
Près de moi, dans un bruissement d'ailes, 
Comme tombé du ciel, 
L'oiseau vint se poser. 
(...)
"Dis l'oiseau, O dis, emmène-moi. 
Retournons au pays d'autrefois, 
Comme avant, dans mes rêves d'enfant, 
Pour cueillir en tremblant 
Des étoiles, des étoiles. 


Aigle noir.jpgClaude Bonard

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13/11/2017

Les joueurs de flûte de Hamelin sur les bords de la Vistule. Grimm revisité

Un peu partout en Europe, et notamment, en Europe orientale, au coeur de pays ayant retrouvé leur indépendance il y a un peu plus d'un quart de siècle, refleurissent des mouvements constitués de gens qui n'ont rien appris et qui, pour le surplus, se complaisent souvent dans le révisionnisme de l'histoire. Le 11 novembre, date de l'indépendance retrouvée de la Pologne 123 ans après avoir été rayée de la carte politique de l'Europe après son troisième partage de 1795 entre la Prusse, la Russie et l'Autriche, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé à Varsovie à la « Marche de l'indépendance » dont le thème cette année était « Nous voulons Dieu ». Un slogan qui n'était pas pour déplaire à la frange la plus conservatrice du clergé catholique polonais. Cet impressionnant défilé coloré par de nombreux fumigènes rougeoyants se déroule chaque 11 novembre. La participation a battu tous les records cette année à la grande satisfaction des autorités, aucun incident grave n'ayant été à déplorer contrairement à ce qui fut le cas par le passé. Si de nombreux participants étaient  simplement là pour célébrer joyeusement ce jour de fête nationale en famille ou entre amis en affichant leur fierté d'être Polonais, un peu comme nous nous réunissons à Genève pour fêter l'Escalade, ce ne fut cependant pas le cas de tout le monde. A y regarder de plus près, on s'aperçoit que cet imposant défilé est organisée par un cartel d'organisations patriotiques dont certaines sont ce que l'on qualifierait chez nous des groupes nationalistes, voire de la droite la plus extrême. Les slogans et les banderoles étaient éloquents : « pour une Pologne pure et blanche », « réfugiés hors de Pologne », « pour Dieu, l'honneur et la patrie », « gloire à nos héros ». Une marche aussi, dont la renommée dépasse les frontières nationales puisque des délégations de plusieurs mouvements d'extrême droite européens ayant pignon sur rue s'y associent désormais ouvertement. Cette marche symbolique est regardée avec bienveillance par les autorités. En effet, si elle se veut une démonstration populaire destinée à célébrer le patriotisme polonais, son but est aussi d'affirmer haut et fort la posture qui caractérise aujourd'hui le pays. Elle constitue ainsi un signal envoyé à quiconque voudrait chercher des noises à la Pologne, qu'il s'agisse de l'Union européenne ou des pays qui l'entourent. J'ai le sentiment désagréable qu'autour de moi, au coeur de cette Europe qui se cherche et vacille, de funestes musiciens, dignes du "Joueur de flûte de Hamelin" des frères Grimm, tentent de charmer les opinions publiques avec des mélodies aux sons pervers. Si nous n'y prenons pas garde, j'ai bien peur que nos sociétés ne ressemblent plus tôt que tard aux créatures Grünewald.jpgdémoniaques telles que celles peintes par Matthias Grünewald ( 1512-1516), visibles sur le retable d'Unterlinden à Colmar.

Claude Bonard

 

 

 

 

 

 

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08/11/2017

Berne - droit de veto sur les ordonnances ? Montesquieu reviens !

Un article de la Tribune de Genève de ce jour nous apprend que sous la coupole fédérale,  le Parlement serait prêt à museler le Parlement. Faire "mumuse" avec le droit de veto, où que ce soit et quel qu'il soit, c'est à mon sens le début des ennuis ou, pour le moins l'immobilisme et le désordre qui guettent. Comparaison n'est pas raison, regardons ce qui se passe au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies avec un droit de veto paralysant. Au XVIIIe siècle, l'une des raisons de l'anarchie qui a miné l'Etat polonais fut le droit de veto poussé à l'extrême, le "liberum veto". (du latin, littéralement « j'interdis librement »). Un seul parlementaire pouvait, en faisant usage de cet outil, bloquer tout projet en cours d’examen et n’importe quel vote. Imaginez ça au Grand Conseil genevois où sous la coupole fédérale !... C’est de cette manière que progressivement, la Pologne institutionnelle s'est trouvée paralysée avant de disparaître purement et simplement du paysage politique européen. Dans ses considérations sur le gouvernement de Pologne, Notre compatriote Jean-Jacques Rousseau estimait curieusement, que le « liberum veto » était t un « beau droit » mais il en mesurait les effets pernicieux , préconisant de le limiter aux point fondamentaux de la Constitution. Pour revenir à l'an 2017 et à nos institutions fédérales, j'estime contrairement à ce qu'écrit Mr. Florent Quiquerez dans son article par ailleurs excellent publié dans la Tribune, que Montesquieu aurait vraiment de quoi se retourner dans sa tombe si le Parlement devait en arriver à museler le Gouvernement au moyen d'un droit de veto sur les ordonnances. A contrario, les ordonnances ne doivent pas servir à "bypasser" le Parlement. Dans un cas comme dans l'autre, comme l'a écrit Talleyrand qui s'y connaissait en diableries boiteuses, "tout ce qui est excessif est insignifiant".

Claude BonardVeto.png

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