19/04/2018

Pour ne pas oublier alors que l'antisémitisme se caractérise par un regain de vigueur partout en Europe

Le 19 avril 1943 marqua le début de l'insurrection du ghetto de Varsovie. Pour comprendre cet événement, un retour en arrière s'impose. Entre juillet et la mi-septembre 1942, les Nazis déportèrent plus de 300 000 Juifs du ghetto de Varsovie afin de les exterminer dans les camps de la mort. Pour ceux qui restèrent sur place, la marche vers la mort était inéluctable. Se sachant perdus mais désireux de se sacrifier en hommes libres au nom de la dignité humaine, environ 900 insurgés légèrement armés, qui avaient pu réussir l'exploit de cacher des armes dans le ghetto , bien organisés et déterminés, se soulevèrent contre l’occupant qui mobilisa contre eux plus de 2000 hommes de la SS, de la police et d'auxiliaires à leur solde. Du 19 avril au 16 mai 1943, la première révolte urbaine et la plus importante de l'Europe occupée eut lieu. Les combats durèrent plus d’un mois. 7 000 résidents du ghetto ont été tués et environ 6 000 autres ont été brûlés vifGhetto fleur jaune.jpgs ou gazés durant la destruction totale du secteur. Le 16 mai 1943, les Nazis entreprirent de raser jusqu’à la dernière pierre tout ce qui restait du Ghetto et déportèrent les survivants dans les camps de Poniatowa, de Trawniki et de Majdanek. Historiquement, notamment en Europe occidentale, on a tendance à confondre l’insurrection du Ghetto de Varsovie d’avril 1943 avec celle lancée par l’Armée Secrète polonaise (AK) sur ordre du Gouvernement polonais en exil à Londres et qui dura du 1er août au 2 octobre 1944, faisant, elle, 200'000 victimes civiles et env. 50'000 au sein des insurgés combattants ; la ville de Varsovie, ou du moins ce qu’il en restait vu les précédentes destructions nazies, sera détruite à plus de 85%.

Claude Bonard

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15/04/2018

Il y a 220 ans exactement, Un Genevois devenu général français envahit Genève.

Non, la composition  d'Elzingre qui illustre ce blog ne représente par la maréchaussée genevoise dispersant devant l'Hôtel de Ville les perdants dépités ou furieux, à l'issue des élections genevoises  sous les yeux du Père Glôzu !  Elle représente en réalité une page bien sombre de l'histoire genevoise, celle de l'arrivée des troupes françaises du général Girard d'origine genevoise (!!!) le 15 avril 1798 qui met fin à l'indépendance de la République. Jusqu'en décembre 1813, Genève ne sera que le simple chef-lieu français du département du Léman. Rembobinons le film : le 15 avril 1798, l'armée française du général Jean-Pierre Girard-dit-Vieux, investit Genève. Curieux destin que celui du général Girard, un Genevois qui a été banni par les autorités genevoises en 1782 et qui revient à Genève seize ans  plus tard en tant que général français pour occuper la Cité ! Comment en est-on arrivé là ? Jean Pierre Girard est le fils de de Jean Pierre Girard, maître horloger, d'une famille genevoise originaire d'Italie. Il entre en 1768 dans les gardes suisses au service de la France, et reste pendant douze années dans ce corps. Le 12 mars 1775, il épouse à Genève au Temple Neuf, Suzanne Benoît qui lui donnera deux fils, Déodat, mort à quatre ans et Pierre Louis, qui sera chef d’escadron puis maire de Bains dans les Vosges. En 1782, de retour à Genève , il participe à la prise d'armes et au soulèvement opposant Représentants et Négatifs. Après l'échec du soulèvement, Il fait partie du millier de Représentants condamnés à l'exil. Bénédict Dufour, le père du futur général Dufour fera lui aussi partie des bannis. En France, Girard soutient la Révolution française et devient chef du 3e bataillon de volontaires de la Gironde. Par un paradoxe dont l'Histoire a le secret, le 15 avril 1798, il commande les troupes françaises qui entrent dans Genève au moment de l'annexion préparée par Félix Desportes. L'année suivante, Girard quitte cette ville et reçoit le commandement du département du Pas-de-Calais, puis celui de la 46e division militaire. Il reçoit la croix de la Légion d'honneur. Girard fera ensuite une belle carrière, se battant notamment à Wagram en 1809. Napoléon le fait baron de l'Empire le 31 décembre 1809 et grand officier de la Légion d'honneur le 16 juillet suivant. Le général Girard-dit-Vieux, meurt à Arras le 2 mars 1811. Girard.jpgSon nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile en 1841, sur le pilier Est, 20e colonne.

Claude Bonard

Illustration :  composition d'Edouard Elzingre ( Ed. ATAR, d.r.).

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12/04/2018

François Hollande et les sarcasmes, les leçons du pouvoir

Avec la publication hier de son  livre, "Les Leçons du pouvoir", M. François Hollande est une nouvelle fois l'objet de tous les sarcasmes, de toutes les moqueries. Surtout de la part de ceux qui n'ont pas encore lu le livre. On peut apprécier le personnage , ou au contraire, le détester et le critiquer.  francois-hollande-14-juillet-2012_2503629.jpgIl a commis des erreurs, il s'est trop épanché auprès des journalistes, il n'a pas été "un président normal"... d'ailleurs, ça n'existe pas, un "président normal". Il a parfois pris à contre-pied ses électeurs et électrices. Il n'est pas le premier ni  le seul. Il a en partie coulé son parti - il n'était pas seul à bord - Il n'a pas inversé la courbe du chômage - il a utilisé un scooter à mauvais escient aux yeux des rigoristes et n'a pas servi lui-même les croissants. Il a fait le grand écart politique qui finalement a tout fiché par terre. Pourtant, le cauchemar en Libye ne lui est pas imputable, suivez mon regard... le bourbier irakien, le piège afghan et les horreurs d'Alep non plus... aujourd'hui, celles de la Goutha et de Rafah non plus il y en a d'autres, aux affaires aujourd'hui dans les pays qui sont les gendarmes du monde qui ont quelque chose sur la conscience. Ceci étant précisé, il y a au moins quatre choses qui doivent être retenue en sa faveur : ce président a dû faire face soudainement et comme jamais à une menace terrible et inconnue dans les années qui précédèrent son mandat : le terrorisme islamique radical. Il a aussi eu le courage d'engager la lutte contre ce même terrorisme en l'attaquant à la racine, notamment au Mali alors que les Européens lui ont promis beaucoup mais ont peu - voire rien donné. Et lorsque je lis les ouvrages de deux spécialistes des problèmes de défense en France : d'une part Pierre Servent : "Les présidents et la guerre, 1958-2017 "paru chez Perrin en 2017, et, d'autre part,  Pierre de Villiers, Général d'Armée "Servir" chez Fayard , aussi en 2017, je me dis que ces deux auteurs qui savent de quoi ils parlent  sont plutôt élogieux s'agissant de l'action  du président Hollande en tant que chef des armées.  Un président a qui  a aussi réuni en Normandie les protagonistes de la crise en Ukraine suite à l'annexion de la Crimée par la Russie. La seule véritable tentative, si l'on excepte la médiation de l'OSCE, afin de tenter de trouver une issue à cette crise qui mine le Donbass et pollue les liens entre européens et russes. Enfin, en France, il a dû "faire avec" un budget amputé de 10'000 postes de fonctionnaires de police par son prédécesseur. Et finalement, il s'est retiré sans s'accrocher à son fauteuil contrairement à tant d'autres. Je ne suis ni Français, ni socialiste ni "de gauche", au sens large du terme mais j'aime profondément la France. Rien que pour les quatre poins évoqués ci-dessus,  je pense que l'on doit se méfier des commentaires "de café du commerce" qui fleurissent depuis hier sur les radios et écrans  à propos du nouveau livre de l'ancien Président de la République.

Claude Bonard

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