13/11/2018

Urania Genève Sport - Servette : match nul 0-0

Le  9 novembre 1932 avaient lieu à Genève les tragiques événements  que l'on sait. Un peu moins de trois mois après, le Département militaire fédéral publia son rapport sur l'intervention de la troupe au cours de cette funeste journée.  Il sera publié dans la Tribune de Genève du 31 janvier 1933. La vie "normale" avait alors repris son cours pour un temps et le journal consacra le même jour un important article au match de football qui vit les deux grands rivaux genevois de l'époque, le Servette FC et Urania-Genève-Sports  (UGS) s'affronter au plus haut niveau. Les Violets et les Grenats firent match nul 0-0. Ainsi alla la vie... mais heureusement, aujourd'hui, on se souvient  encore ... et peut-être encore mieux de cet événement sinistre et hors du commun qui a marqué le paysage politique genevoise à tout jamais. Quant à  UGS et Servette, sur un ton nettement plus badin, c'est une autre histoire.

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09/11/2018

Commémoration du 11 novembre 1918 – avec ou sans Philippe Pétain ?

La personne de Philippe Pétain, héros de Verdun en  1916 doit-elle être rappelée lors des commémorations du 11 novembre 1918 en France, lui qui fut après la défaite de juin 1940 l'homme de la poignée de main avec Hitler à Montoire qui incarna le régime de Vichy et sa politique de collaboration menée avec l'Allemagne nazie ? Le débat qui fait rage à ce propos en France  et sur les réseaux sociaux depuis quelques jours démontre bien la complexité et les ambiguïtés relatives l'image de personnages ayant marqué favorablement leur époque dans un premier temps, négativement dans un second, avec toutes les nuances et les déclinaisons qui viennent encore compliquer l'analyse. En littérature, on a eu le débat relatif à Ferdinand Céline, écrivain de génie d'un côté, sinistre personnage de la collaboration de l'autre. Et pourtant, on continue à lire Céline. Idem avec Charle Maurras condamné après 1945 à l'indignité nationale. Ces cas se comptent en nombre en France et aussi dans les autres pays ayant subi une occupation au cours de la Seconde Guerre mondiale. Héros et salauds à la fois, comme Joseph Darnand, ancien combattant décoré de la Première Guerre mondiale de 1914-1918 et combattant volontaire de la Seconde, devenu pourtant le chef de la sinistre Milice...et le 8 novembre 1942, lors du débarquement américain en Algérie,  avons-nous jugé à sa juste valeur le fait que la plupart des officiers de l'armée française d'Afrique furent "surpris" par le débarquement allié, à commencer par  Alphonse Juin lui-même, maréchal de France respecté  après la guerre. Juin avait hésité et louvoyé dans un premier temps, fidèle à Vichy. Et que dire alors de l'amitié indéfectible liant François Mitterrand à René Bousquet ? une amitié au grand jour. Assez surprenant lorsqu'on sait que c'est Mitterrand qui a inauguré le mémorial des enfants d'Izieu. Et pour revenir à Pétain, ce n'est pas pour rien que de Gaulle, qui fit tout pour rejoindre son état-major après 1918 et qui fut même  pour un temps sa principale plume, avait souhaité en 1945, que Pétain revenu de Sigmaringen  reste en Suisse ; ça lui aurait évité bien ennuis. Pétain étant revenu de son plein gré en France, il a été jugé, condamné à mort puis gracié par de Gaulle; officiellement vu le grand âge du condamné, officieusement aussi, parce que de Gaulle  se "souvenait du temps d'avant". Oui, il y a le Pétain de 1916 – 1918, celui qui a mis fin aux mutinerie de 17, celui qui  a regonflé le moral des troupes. Le vainqueur de Verdun a bel et bien été un personnage déterminant à cette époque cruciale de l'histoire de la France. Décidément, histoire et politique font rarement bon ménage. Un fait déterminant pourtant, démontre que le sens de l'honneur devrait prévaloir car dans leur grande majorité, les Français d'aujourd'hui savent sur la base des sources et du travail des historiens, que la loi sur le statut des Juifs de France édictée par Vichy était  une décision prise en conscience qui a envoyé des milliers d'innocents à la mort. L'une des pires mesures adoptées par Vichy avec, pour le moins  l'assentiment du vieux maréchal, voire à son initiative. Alors célébrer Pétain ou non  le 11 novembre ? Pour moi une seule réponse s'impose... et vous aurez compris que c'est non.

 Pétain.jpgClaude Bonard

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07/11/2018

Pierre Curie a posé un lapin à l'Université de Genève ... une Genferei scientifique

Le 7 novembre 1867, Maria Salomea Sklodowska naissait à Varsovie. Elle s'éteindra le 4 juillet 1934 au sanatorium de Sancellemoz situé sur la commune de Passy, au plateau d'Assy, ce balcon du Mont-Blanc que les Genevois connaissent bien. Marie Curie-SklCurie.jpgodowska faillit d'ailleurs venir habiter à Genève puisque son mari, Pierre Curie y avait accepté un poste de professeur avant de se rétracter pour le plus grand déplaisir du rectorat de notre Alma mater et du Conseil d'Etat genevois. Un  dossier concernant le célèbre physicien  est d'ailleurs conservé aux Archives d'État de Genève (AEG 1985 va 5.3.26). Pierre Curie a failli mettre son savoir au service de l'Université de Genève dès 1900. Rien ne s'est passé comme prévu. À l'époque, l'Université de Genève souhaite repourvoir sa chaire de physique en attirant dans la Cité de Calvin une personnalité étrangère de renom «capable de donner un état spécial à l'enseignement de la physique». Les responsables de la Faculté des sciences jettent leur dévolu sur le professeur français Pierre Curie. Les discussions prennent une tournure favorable. L'Université, enthousiaste, saisit le Conseil d'État qui ratifie le choix des autorités académiques. Pierre Curie (1859-1906) était alors considéré comme un pionnier de la chimie-physique sur la radioactivité. Pierre Curie fait progressivement volte-face et décide après bien des hésitations de rester à Paris.  Sous la plume de Georges Favon, le 5 octobre 1900, le Conseil d'État lui écrit: «Je n'ai pas à vous juger; si vous croyez avoir bien agi, c'est parfait. Je constate seulement que vous avez rompu un engagement formel dans des conditions propres à mettre dans l'embarras des hommes qui avaient en vous la plus entière confiance.» Ainsi se termine cette curieuse et regrettable affaire.

Claude Bonard

Extrait de mon article publié dans le numéro 11 du magazine Passé-simple paru en janvier 2016 et  repris sur le site internet https://www.notrehistoire.ch/medias/3175https

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