23/11/2018

23 novembre 1407, vous reprendrez bien un doigt d'Armagnac ?

Les jeunes de ma génération apprenaient à l'école que les terribles Armagnacs du dauphin Louis, futur Louis XI avaient infligé une sévère défaite aux Suisses aux portes de Bâle en 1444. Mais d'où vient ce terme d'Armagnacs ? pour le savoir, il faut remonter à un épisode de la guerre de Cent Ans ayant eu lieu le 23 novembre 1407. Le duc Louis d'Orléans était assassiné ce jour-là par des spadassins masqués à la solde du duc de Bourgogne Jean sans Peur. Ce même Jean sans Peur sera à son tour assassiné par ses adversaires douze ans plus tard. Comme on dit au Grand Conseil genevois "le vote est lancé"... dans ce cas, c'est plutôt le conflit qui fut lancé entre les partisans du frère cadet du roi de France et ceux du duc de Bourgogne. Ces meurtres illustrent la guerre civile à laquelle se livrèrent Charles d'Orléans fils du duc assassiné allié à son beau-père, le comte d’Armagnac face aux Bourguignons. Le comté d'Armagnac était un très ancien comté français dans le duché de Gascogne dont le chef-lieu était Lectoure, terroir actuel du Haut Armagnac pour les connaisseurs. Afin de mener sa guerre, Bernard VII d'Armagnac recruta des bandes de soudards qui firent la guerre avec une violence bestiale et que l'on baptisa du nom de leur maître, "les Armagnacs". Une trêve ayant été conclue en 1410, les bandes d'Armagnacs inemployées devenaient dangereuses et le roi Charles VII convoitant la ville de Bâle dirigea sur la ville ces 40'000 mercenaires pillards sous le commandement du dauphin Louis. La rencontre décisive avec les Confédérés eût lieu à Saint-Jacques sur la Birse et se solda par la victoire de Louis. Sur 1500 Confédérés, 1200 succombèrent. Quant aux Armagnacs, ils perdirent 2000 hommes environ.
Voilà, vous savez tout ! et maintenant, vous reprendrez bien un doigt d' Armagnac ?

Claude Bonard

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21/11/2018

François-Joseph d'Autriche, Elisabeth et Genève

Hier, mardi 20 novembre, le président de la Confédération Alain Berset recevait le chancelier Autrichien Sebastian Kurz à Berne. Curieux paradoxe car cette rencontre a eu lieu à un jour près 102 ans après le décès de François-Joseph, empereur d'Autriche et roi de Hongrie qui s'éteignit le 21 novembre 1916 à l'âge de 86 ans, après un règne de près de 68 ans. Sa disparition préfigurait celle de l'Empire des Habsbourg deux ans plus tard. Aux yeux du public et depuis les années 1955-1956, on ne sait pas trop si l'empereur François-Joseph a été marié à Elisabeth de Bavière ou à Romy Schneider … Au cinéma, Karlheinz Böhm et David Rott ont habité son personnage et James Mason a lui aussi campé un François-Joseph plus vrai que nature dans le film relatant la tragédie de Mayerling. Mais qui était réellement François-Joseph ? La réalité est loin de celle de l'empereur juvénile et romantique idéalisé par le cinéma. Franz était un monarque "à poigne", hostile au libéralisme, travailleur acharné mais dont la vision politique très conservatrice et à courte vue n'a pas facilité le règne. Sa vie a été marquée par les guerres et les tragédies familiales au moment où l'empire vacillait vu l'émergence des mouvements nationalistes qui annonçaient sa désintégration toute proche. Au-delà de l'idéalisation du mythe qui perdure et réjouit plus que jamais les marchands de souvenirs viennois, il faut rappeler que le vieux monarque fut pour une bonne part responsable des événements qui aboutirent au déclenchement de la Première Guerre mondiale suite à l'assassinat de son neveu l'archiduc François-Ferdinand et de son épouse le 28 juin 1914 à Sarajevo. François- Joseph était bien décidé à punir la Serbie par la force. Une décision qui conduisit inexorablement au conflit par l'implacable jeu des alliances. La double monarchie habsbourgeoise n'allait pas s'en relever. A Genève, les passionnés de l'histoire de Franz et Sissi peuvent  contempler au quai du Mont-Blanc la modeste plaque fixée sur la rambarde qui  rappelle l'endroit de l'assassinat de l'impératrice Elisabeth le 10 septembre 1898 par l'anarchiste Luigi Lucheni et découvrir la statue de l'impératrice réalisée par Philip Jackson à la rotonde du Mont-Blanc.  Ils peuvent aussi se rendre à  la basilique Notre-Dame à la place Cornavin construite grâce à de nombreuses donations dont l'une de l'empereur François-Joseph !  pour y admirer le vitrail représentant Sainte Elisabeth de Hongrie dont les traits sont ceux de l'impératrice assassinée. Une œuvre réalisée en 1915 par l'artiste Charles-Emile Brunner et l'atelier Kirsch et Fleckner à Fribourg. La partie inférieure du vitrail rappelle les circonstances du drame qui a coûté la vie  à Genève à Elisabeth, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie. FJ8.jpegOn le voit,  entre l'Autriche, les Habsbourg, Genève et la Suisse, c'est une longue histoire.

Claude Bonard

 

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17/11/2018

Souvenir d'un lieu genevois disparu - la salle de la Réformation

La salle de la Réformation à Genève située alors  au bas du Boulevard Helvétique à mi-chemin entre Rive et la place des Eaux-Vives ... un lieu dont les Genevois d'aujourd'hui ne connaissent même plus l'existence, sauf ceux de ma génération. Petit retour en arrière : L’affirmation de la vocation internationale de Genève se caractérisa d’une part le 22 août 1864 avec la signature de la première Convention de Genève pour les secours aux blessés et, d’autre part, par l’arbitrage de l’Alabama de 1872 faisant suite à la Guerre de Sécession américaine.  Après la fin de la Première Guerre mondiale, la salle de la Réformation connut son heure de gloire. En effet, dès 1919, les ravages de la guerre et la crainte d’un nouveau conflit furent  invoqués pour réclamer le désarmement universel. Le 16 mai 1920, le peuple suisse votait  l’entrée du pays au sein de la Société des Nations. Le 15 novembre 1920, la première Assemblée générale de la Société des Nations (SDN) s'ouvrait  à Genève à la salle de la Réformation sur laquelle les yeux du monde entier étaient alors braqués. Je me souviens très bien de ce bâtiment. Lors de chaque commémoration de l'Escalade, la Compagnie de 1602 organisait  à la salle de la Réformation des projections, faisant découvrir  au public les belles  aquarelles d'Elzingre décrivant les événements de la nuit du 11 au 12 décembre 1602   avant de se présenter sur scène, permettant ainsi à chacun  d'admirer les principaux personnages du cortège et ses plus beaux costumes. C'était au milieu des années 50 et j'étais un gamin ..... tempi passati puisque la salle de la Réformation fut démolie en 1969. 

Claude Bonard

Lire : https://www.notrehistoire.ch/medias/40286

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