12/04/2018

François Hollande et les sarcasmes, les leçons du pouvoir

Avec la publication hier de son  livre, "Les Leçons du pouvoir", M. François Hollande est une nouvelle fois l'objet de tous les sarcasmes, de toutes les moqueries. Surtout de la part de ceux qui n'ont pas encore lu le livre. On peut apprécier le personnage , ou au contraire, le détester et le critiquer.  francois-hollande-14-juillet-2012_2503629.jpgIl a commis des erreurs, il s'est trop épanché auprès des journalistes, il n'a pas été "un président normal"... d'ailleurs, ça n'existe pas, un "président normal". Il a parfois pris à contre-pied ses électeurs et électrices. Il n'est pas le premier ni  le seul. Il a en partie coulé son parti - il n'était pas seul à bord - Il n'a pas inversé la courbe du chômage - il a utilisé un scooter à mauvais escient aux yeux des rigoristes et n'a pas servi lui-même les croissants. Il a fait le grand écart politique qui finalement a tout fiché par terre. Pourtant, le cauchemar en Libye ne lui est pas imputable, suivez mon regard... le bourbier irakien, le piège afghan et les horreurs d'Alep non plus... aujourd'hui, celles de la Goutha et de Rafah non plus il y en a d'autres, aux affaires aujourd'hui dans les pays qui sont les gendarmes du monde qui ont quelque chose sur la conscience. Ceci étant précisé, il y a au moins quatre choses qui doivent être retenue en sa faveur : ce président a dû faire face soudainement et comme jamais à une menace terrible et inconnue dans les années qui précédèrent son mandat : le terrorisme islamique radical. Il a aussi eu le courage d'engager la lutte contre ce même terrorisme en l'attaquant à la racine, notamment au Mali alors que les Européens lui ont promis beaucoup mais ont peu - voire rien donné. Et lorsque je lis les ouvrages de deux spécialistes des problèmes de défense en France : d'une part Pierre Servent : "Les présidents et la guerre, 1958-2017 "paru chez Perrin en 2017, et, d'autre part,  Pierre de Villiers, Général d'Armée "Servir" chez Fayard , aussi en 2017, je me dis que ces deux auteurs qui savent de quoi ils parlent  sont plutôt élogieux s'agissant de l'action  du président Hollande en tant que chef des armées.  Un président a qui  a aussi réuni en Normandie les protagonistes de la crise en Ukraine suite à l'annexion de la Crimée par la Russie. La seule véritable tentative, si l'on excepte la médiation de l'OSCE, afin de tenter de trouver une issue à cette crise qui mine le Donbass et pollue les liens entre européens et russes. Enfin, en France, il a dû "faire avec" un budget amputé de 10'000 postes de fonctionnaires de police par son prédécesseur. Et finalement, il s'est retiré sans s'accrocher à son fauteuil contrairement à tant d'autres. Je ne suis ni Français, ni socialiste ni "de gauche", au sens large du terme mais j'aime profondément la France. Rien que pour les quatre poins évoqués ci-dessus,  je pense que l'on doit se méfier des commentaires "de café du commerce" qui fleurissent depuis hier sur les radios et écrans  à propos du nouveau livre de l'ancien Président de la République.

Claude Bonard

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L'engrenage des alliances, vous connaissez ?

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L'engrenage des alliances, vous connaissez ? - ce qui se passe en Syrie me fait aujourd'hui furieusement penser à la situation de 1914 ... un implacable engrenage se met en place entre partisans, soutiens et adversaires de Bachar el-Assad. En 1914, l'engrenage funeste a eu pour point de départ l’attentat de Sarajevo. Le 28 juin 1914, l'héritier de l'empire austro-hongrois et son épouse étaient assassinés à Sarajevo par un terroriste serbe de 19 ans, Gavrilo Princip. Dès cet instant, la mèche de la bombe qui allait mettre l'Europe à feu et à sang était allumée et le conflit programmé. Imputé à la Serbie par le gouvernement autrichien, l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand incite le gouvernement austro-hongrois à demander à enquêter sur le territoire serbe... Essuyant un refus, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, le 28 juillet 1914. La Russie, au nom de la solidarité slave mobilise contre l’Autriche-Hongrie dès le 29 juillet ; c’est alors au tour de l’Allemagne de se porter au secours de son allié  en déclarant la guerre à la Russie ; le 1er août, la France allié de l’Empire russe mobilise ; l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août et entre en Belgique après lui avoir lancé un ultimatum la veille. Le 4 c'est alors l'Angleterre qui, pour cette raison, déclare la guerre à l'Allemagne et le 6 août, L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie et la Serbie déclare la guerre à l'Allemagne. Enfin, les 11 et 13 août, la France et le Royaume-Uni déclarent à la guerre à l'Autriche-Hongrie.... Dès cet instant, l'engrenage de la mort est incontrôlable et la suite on la connaît, avec à la clé 18,6 millions de morts dont 9,7 millions de morts pour les combattants et 8,9 millions pour les civils. 

Messieurs les Grands d'aujourd'hui, ne serait-il pas temps de faire une pause et de redevenir raisonnable ? le moment me paraît utile de remiser les armes et les tweets au vestiaire. Mais je sais, je rêve...... Ouvrons les yeux ! Il n'y a qu'à relire Victor Hugo ! A son époque, il avait déjà tout compris !

"Bêtise de la guerre"

"Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l’animal,
Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?"

Rien à ajouter !

Claude Bonard 

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07/04/2018

Quel sens donner à nos publications sur les réseaux sociaux ?

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Si je regarde ce que j'ai posté hier sur Facebook, je découvre avec des sentiments mélangés que mes publications s'enchaînent d'une façon désordonnée, au gré de mes humeurs du jour. Est-ce pareil pour chacun d'entre nous ? Jugez un peu : tout d'abord un “post” à caractère historique sur le siège de Nice par les Turcs en 1543, quelques heures plus tard une publication relative aux Vélib polonais vu l'échec renouvelé du projet à Genève, puis un texte relatif à l'immonde rafle des enfants d'Izieu, le 6 avril 1944, pour ne pas les oublier. Ont suivi une publication relative à une belle initiative, en France, visant à préserver les espèces d'oiseaux menacées, et enfin une vidéo publiée en Pologne prêchant la tolérance dans un pays ancré dans ses certitudes nationalistes et conservatrices . Que dire en résumé... passer d'un point d'histoire ancienne à la saga des Vélib genevois pour ensuite traiter de l'indicible avec la tragédie d'Izieu, pour revenir ensuite au sauvetage des oiseaux menacés et terminer par une vidéo traitant de l'état d'esprit actuel de la société polonaise... je m'interroge... Ai-je raison d'avoir publié pêle-mêle ces informations qui me parlent? elles ne touchent peut-être que moi... est-ce une raison pour envahir les pages Facebook de mes amis ? Est-ce ça l'immédiateté des réseaux sociaux ? Où sont ces vraies valeurs ? Ce matin je doute encore en regardant d'un oeil critique mon activité facebookienne de la journée d'hier. Le tragique y rejoint le futile, l'anecdote y succède à l'actualité, le sérieux à la légèreté. Est-ce le vrai reflet de notre monde, ou seulement un miroir en trompe - l'oeil ? Où se situe la vérité, dans mon univers personnel, dans notre quotidien à tous ?... je n'ai pas la réponse sauf que demain, je sais que je recommencerai de même. Est-ce un bien ? est-ce un mal, je ne sais.....

 Claude Bonard

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