02/08/2018

As-tu vu la casquette, la casquette ? Si tu ne l'as pas vue, tu la verras !

Mais vers où va-t-on bonnes gens !  ... la canicule fait perdre la tête à certaines personnes qui travaillent du chapeau ! En Suède on vole les joyaux de la couronne, à Avenches, on vole une casquette du général Guisan. Probablement des individus qui en avaient ras la couronne ou ras la casquette !  Genève sauve pourtant  l'honneur puisque le Musée Militaire Genevois possède dans ses collections une casquette et une tunique du plus célèbre des Vaudois. En  2006, ces augustes coiffures s'arrachaient  déjà à prix d'or. En effet, deux casquettes de notre cher général Guisan trouvèrent alors  preneur à 168.000 francs !  Bon, vous me direz que c'est nettement moins que pour ce chapeau de Napoléon  acheté  pour 1 Mio .884.000 Euros  en 2014 par un collectionneur sud-coréen !

Ce vol de casquette  à Avenches me rappelle cette chanson que nous apprenions  lorsque j'étais enfant :

As-tu vu la casquette, la casquette
As-tu vu la casquette au père Bugeaud ?
Si tu ne l'as pas vue, tu la verras
La casquette, la casquette
Si tu ne l'as pas vue, tu la verras
La casquette du père Bugeaud !

J'ai appris bien plus tard que Thomas Robert Bugeaud, marquis de La Piconnerie, duc d'Isly et Maréchal de France, excusez du peu !  avait "pacifié" l'Algérie avec des méthodes d'une  odieuse brutalité. « Le but n'est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; […]. Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes […], ou bien exterminez-les jusqu'au dernier. Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, fumez-les à outrance comme des renards. »

Les historiens  de la colonisation ont donné à ces méthodes criminelles  le nom d'enfumades . Même à Paris, on s'indigna une fois l'enfumage  connu de près de mille hommes, femmes et enfants dans les grottes du Dahra à  Ghar El Frachih  le 18 juin 1845. Napoléon Joseph Ney,  fils de l'infortuné  maréchal Ney protesta à la Chambre des pairs. Bugeaud interpellé, assuma la responsabilité des enfumages et de la répression. Décidément,  s'il me faut choisir, casquette contre  casquette, je préfère nettement celle de notre valeureux Général Guisan à celle de l'ignoble Maréchal Bugeaud.20150724_203106 (1).jpg

Claude Bonard

 

 

18:34 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

30/07/2018

1er août 1944- Varsovie, le cauchemar d'une capitale - une publication éditée à Genève secoue les consciences

Varsovie célèbre chaque année  le souvenir de l'insurrection qui débuta le 1er août 1944 à 17h00 pour se terminer le 2 octobre de la même année. Varsovie, une métropole qui comptait 1Mio 300'000 habitants en septembre 1939 et qui n'en comptait plus que quelques centaines en mai 1945. En Suisse en cet été 1944, l'insurrection de Varsovie, personne ou presque n'en parlait. La population, surtout en Suisse romande, se passionnait plutôt  pour les combats qui allaient se dérouler du 19 au 25 août afin de libérer Paris. Varsovie, c'était bien loin..... Les Suisses avaient d'autres chats à fouetter et nos voisins d'outre-Jura aussi. Pourtant, en décembre 1944, soit tout juste deux mois après la défaite des insurgés varsoviens, c'est à Genève que les Editions de la Frégate publiaient une brochure intitulée “Varsovie 1944” sous la plume d'André Lenoir, avec une préface de Georges Rigassi, journaliste vaudois bien connu à l'époque qui fut tout d'abord rédacteur à l'agence télégraphique suisse à Bâle avant de devenir rédacteur en chef puis directeur de la Gazette de Lausanne en 1939. Grâce à cette  brochure imprimée sur les presses de l'imprimerie du Courrier à Genève, l'histoire tragique de Varsovie commença à être connue en Suisse romande. Les troupes de l'Armée rouge finirent par "libérer" la capitale polonaise le 17 janvier 1945. La ville était détruite à 85% et vidée de ce qui restait de la population. Les 350 000 civils qui avaient miraculeusement survécus aux combats avaient fui ou avaient été déportés en Allemagne. Les pertes s’élevèrent à 20'000 insurgés tués et 25'000 blessés. S'agissant des civils, on dénombra entre 160'000 et 180'000 morts et des milliers de blessés et de disparus. Du côté de l'occupant nazi, 17'000 militaires et miliciens auxiliaires furent tués et 9'000 blessés. Alors oui, en Suisse, on savait... mais on ne voulait pas voir et on a banalisé... un peu comme aujourd'hui d'ailleurs s'agissant d'autres conflits qui ravagent notre monde. Merci aux Editions de la Frégate et à l'imprimerie du Courrier d'avoir sauvé l'honneur en cette  fin d'année 1944 annonciatrice de lendemains qui chantent Varsovie brochure Genève.jpgpour les uns et qui firent déchanter les autres, notamment à Varsovie.

Claude Bonard

16:53 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | | |

29/07/2018

Les Suisses de Crimée inventent le Malakoff

Petite historiette si l'envie vous prend d'aller déguster des Malakoffs à l'occasion du 1er août : 
Au cours de la Guerre de Crimée (1854-1856), les troupes anglaises et françaises dans le rang desquelles combattaient des Suisses, se trouvèrent immobilisées devant la ville de Sébastopol, puissamment défendue par l’artillerie lourde du fort Malakoff. Ces Suisses n'étaient pas  les tuniques rouges de la British-Swiss Legion qui ne prit pas part aux opérations. Après plusieurs assauts infructueux, le général Pélissier organisa un blocus de la ville et fit creuser des tranchées.Pendant ce travail de sape les soldats organisaient des bivouacs au cours desquels ils faisaient frire des tranches de fromage dans une poêle ou simplement réchauffées autour d’un feu de camp. Après un long siège, le fort fut pris et Sébastopol tomba, mettant fin à la guerre. Le  traité de Paris fut  signé le 30 mars 1856. A leur retour au foyer, quelques Suisses d'origine vaudoise se regroupèrent pour commémorer la prise de Sébastopol et prirent l’habitude de célébrer l'événement en se réunissant autour d’un feu de camp qui leur rappelait les bivouacs de Crimée. Ils  dégustaient comme  au "bon vieux temps"  des tranches de fromage frites à la poêle dans du beurre, accompagnées de pain et de bouteilles de blanc. En souvenir des assauts de la célèbre tour de Sébastopol, on donna à ce met à base de fromage le nom de Malakoff. En ce qui concerne la recette des Malakoffs, il faut revenir aux années qui suivirent la fin du Second Empire sur la Côte vaudoise et plus particulièrement à Bursins. Jules et Ida Larpin, étaient au service du prince Napoléon Jérôme Bonaparte (1822-1891), surnommé Plon-Plon, neveu de Napoléon 1er et cousin de  l'empereur déchu Napoléon III.  Or donc, ledit Plon-Plon organisa une réception à laquelle participaient des vétérans de la guerre de Crimée. À cette occasion, Mme Larpin, à la demande du Prince, servit comme entrée une version adaptée de Malakoffs sous forme d’une tranche de gruyère enrobée de pâte à frire et cuite dans du beurre. Devant le succès de sa recette, elle eut l’idée d’en faire bénéficier ses cousins Alfred et Rose Larpin alors tenanciers de l’Auberge d’Eysins. Devenu plat principal de l’auberge, la recette fit le succès de l'établissement accompagnée de salade, cornichons, petits oignons et moutarde.

Claude Bonard

Source :  CB et Wikipedia  et divers sites internet consacrés aux Malakoffs dont celui de l'Ecusson Vaudois dont est tiré l'anecdote du couple Larpin. (d.r.)Malakoff.jpg


11:42 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |