07/08/2018

Téflon, Kevlar ou Lycra... avec le bonjour d'Eleuthère Irénée du Pont, fils du député de Nemours !

A propos du décès de Pierre Samuel du Pont le 7 août 1817 :

 " A h ! Monsieur Dupont, on vous trouve toujours là où on a besoin de vous ! “ aurait dit l'infortuné roi de France Louis XVI à son ami Pierre Samuel du Pont de Nemours et à son fils Eleuthère Irénée qui furent dit la légende, de ceux qui le défendirent  ainsi que la reine Marie-Antoinette au moment de l’insurrection parisienne d'août 1792. Eleuthère Irénée et son père échappèrent heureusement à la guillotine contrairement à leur roi et leur reine. Pierre Samuel du Pont, ami de Turgot, était un esprit des Lumières déjà connu  puisqu'il était l'un des initiateurs du mouvement  des Physiocrates, ce courant qui caractérisa bien avant la Révolution l'approche philosophique de l'économie. Outre différentes brochures de son cru, en mai 1768, il rédigea avec François Quesnay l'un des ouvrages fondateurs de la pensée physiocratique : Physiocratie, ou constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au genre humain. La physiocratie, première école économique des temps modernes s'est développée en France au XVIIIe siècle. Selon Jean Touchard, dans son Histoire des idées politiques parues aux Presses Universitaires de France en 1958, “la doctrine des physiocrates est un mélange de libéralisme économique et de despotisme éclairé   [...] leur pensée s'ordonne autour de quatre grands thèmes : la nature, la liberté, la terre, le despotisme légal” . Vous m'avez compris, et c'est là que le bât blesse, les physiocrates sont des partisans inconditionnels de la monarchie et s'appuient sur elle pour propager leur doctrine En 1789, ça fait désordre. La Révolution française faisant son œuvre, Pierre Samuel du Pont, député de Nemours aux Etats Généraux, fidèle au roi Louis XVI sent progressivement le vent tourner. Il fait habilement le dos rond puis se décide tout de même à émigrer aux Etats-Unis en 1800 avec sa famille. Il s'établit tout d'abord à Rhode Island. Son fils Eleuthère Irénée, passionné de chimie et disciple du grand Lavoisier, lui aussi guillotiné le 8 mai 1794 à Paris, se lance alors dans la fabrication de poudre à canon. Il développe alors son entreprise qui se spécialise ensuite dans l'industrie chimique balbutiante en Amérique. C'est le début d'une saga qui va aboutir à la création puis à l'âge d'or de la maison Du Pont de Nemours si familière aux Américains...... et  aux Genevois.

Claude Bonard

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02/08/2018

As-tu vu la casquette, la casquette ? Si tu ne l'as pas vue, tu la verras !

Mais vers où va-t-on bonnes gens !  ... la canicule fait perdre la tête à certaines personnes qui travaillent du chapeau ! En Suède on vole les joyaux de la couronne, à Avenches, on vole une casquette du général Guisan. Probablement des individus qui en avaient ras la couronne ou ras la casquette !  Genève sauve pourtant  l'honneur puisque le Musée Militaire Genevois possède dans ses collections une casquette et une tunique du plus célèbre des Vaudois. En  2006, ces augustes coiffures s'arrachaient  déjà à prix d'or. En effet, deux casquettes de notre cher général Guisan trouvèrent alors  preneur à 168.000 francs !  Bon, vous me direz que c'est nettement moins que pour ce chapeau de Napoléon  acheté  pour 1 Mio .884.000 Euros  en 2014 par un collectionneur sud-coréen !

Ce vol de casquette  à Avenches me rappelle cette chanson que nous apprenions  lorsque j'étais enfant :

As-tu vu la casquette, la casquette
As-tu vu la casquette au père Bugeaud ?
Si tu ne l'as pas vue, tu la verras
La casquette, la casquette
Si tu ne l'as pas vue, tu la verras
La casquette du père Bugeaud !

J'ai appris bien plus tard que Thomas Robert Bugeaud, marquis de La Piconnerie, duc d'Isly et Maréchal de France, excusez du peu !  avait "pacifié" l'Algérie avec des méthodes d'une  odieuse brutalité. « Le but n'est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; […]. Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes […], ou bien exterminez-les jusqu'au dernier. Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, fumez-les à outrance comme des renards. »

Les historiens  de la colonisation ont donné à ces méthodes criminelles  le nom d'enfumades . Même à Paris, on s'indigna une fois l'enfumage  connu de près de mille hommes, femmes et enfants dans les grottes du Dahra à  Ghar El Frachih  le 18 juin 1845. Napoléon Joseph Ney,  fils de l'infortuné  maréchal Ney protesta à la Chambre des pairs. Bugeaud interpellé, assuma la responsabilité des enfumages et de la répression. Décidément,  s'il me faut choisir, casquette contre  casquette, je préfère nettement celle de notre valeureux Général Guisan à celle de l'ignoble Maréchal Bugeaud.20150724_203106 (1).jpg

Claude Bonard

 

 

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30/07/2018

1er août 1944- Varsovie, le cauchemar d'une capitale - une publication éditée à Genève secoue les consciences

Varsovie célèbre chaque année  le souvenir de l'insurrection qui débuta le 1er août 1944 à 17h00 pour se terminer le 2 octobre de la même année. Varsovie, une métropole qui comptait 1Mio 300'000 habitants en septembre 1939 et qui n'en comptait plus que quelques centaines en mai 1945. En Suisse en cet été 1944, l'insurrection de Varsovie, personne ou presque n'en parlait. La population, surtout en Suisse romande, se passionnait plutôt  pour les combats qui allaient se dérouler du 19 au 25 août afin de libérer Paris. Varsovie, c'était bien loin..... Les Suisses avaient d'autres chats à fouetter et nos voisins d'outre-Jura aussi. Pourtant, en décembre 1944, soit tout juste deux mois après la défaite des insurgés varsoviens, c'est à Genève que les Editions de la Frégate publiaient une brochure intitulée “Varsovie 1944” sous la plume d'André Lenoir, avec une préface de Georges Rigassi, journaliste vaudois bien connu à l'époque qui fut tout d'abord rédacteur à l'agence télégraphique suisse à Bâle avant de devenir rédacteur en chef puis directeur de la Gazette de Lausanne en 1939. Grâce à cette  brochure imprimée sur les presses de l'imprimerie du Courrier à Genève, l'histoire tragique de Varsovie commença à être connue en Suisse romande. Les troupes de l'Armée rouge finirent par "libérer" la capitale polonaise le 17 janvier 1945. La ville était détruite à 85% et vidée de ce qui restait de la population. Les 350 000 civils qui avaient miraculeusement survécus aux combats avaient fui ou avaient été déportés en Allemagne. Les pertes s’élevèrent à 20'000 insurgés tués et 25'000 blessés. S'agissant des civils, on dénombra entre 160'000 et 180'000 morts et des milliers de blessés et de disparus. Du côté de l'occupant nazi, 17'000 militaires et miliciens auxiliaires furent tués et 9'000 blessés. Alors oui, en Suisse, on savait... mais on ne voulait pas voir et on a banalisé... un peu comme aujourd'hui d'ailleurs s'agissant d'autres conflits qui ravagent notre monde. Merci aux Editions de la Frégate et à l'imprimerie du Courrier d'avoir sauvé l'honneur en cette  fin d'année 1944 annonciatrice de lendemains qui chantent Varsovie brochure Genève.jpgpour les uns et qui firent déchanter les autres, notamment à Varsovie.

Claude Bonard

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