29/07/2018

Les Suisses de Crimée inventent le Malakoff

Petite historiette si l'envie vous prend d'aller déguster des Malakoffs à l'occasion du 1er août : 
Au cours de la Guerre de Crimée (1854-1856), les troupes anglaises et françaises dans le rang desquelles combattaient des Suisses, se trouvèrent immobilisées devant la ville de Sébastopol, puissamment défendue par l’artillerie lourde du fort Malakoff. Ces Suisses n'étaient pas  les tuniques rouges de la British-Swiss Legion qui ne prit pas part aux opérations. Après plusieurs assauts infructueux, le général Pélissier organisa un blocus de la ville et fit creuser des tranchées.Pendant ce travail de sape les soldats organisaient des bivouacs au cours desquels ils faisaient frire des tranches de fromage dans une poêle ou simplement réchauffées autour d’un feu de camp. Après un long siège, le fort fut pris et Sébastopol tomba, mettant fin à la guerre. Le  traité de Paris fut  signé le 30 mars 1856. A leur retour au foyer, quelques Suisses d'origine vaudoise se regroupèrent pour commémorer la prise de Sébastopol et prirent l’habitude de célébrer l'événement en se réunissant autour d’un feu de camp qui leur rappelait les bivouacs de Crimée. Ils  dégustaient comme  au "bon vieux temps"  des tranches de fromage frites à la poêle dans du beurre, accompagnées de pain et de bouteilles de blanc. En souvenir des assauts de la célèbre tour de Sébastopol, on donna à ce met à base de fromage le nom de Malakoff. En ce qui concerne la recette des Malakoffs, il faut revenir aux années qui suivirent la fin du Second Empire sur la Côte vaudoise et plus particulièrement à Bursins. Jules et Ida Larpin, étaient au service du prince Napoléon Jérôme Bonaparte (1822-1891), surnommé Plon-Plon, neveu de Napoléon 1er et cousin de  l'empereur déchu Napoléon III.  Or donc, ledit Plon-Plon organisa une réception à laquelle participaient des vétérans de la guerre de Crimée. À cette occasion, Mme Larpin, à la demande du Prince, servit comme entrée une version adaptée de Malakoffs sous forme d’une tranche de gruyère enrobée de pâte à frire et cuite dans du beurre. Devant le succès de sa recette, elle eut l’idée d’en faire bénéficier ses cousins Alfred et Rose Larpin alors tenanciers de l’Auberge d’Eysins. Devenu plat principal de l’auberge, la recette fit le succès de l'établissement accompagnée de salade, cornichons, petits oignons et moutarde.

Claude Bonard

Source :  CB et Wikipedia  et divers sites internet consacrés aux Malakoffs dont celui de l'Ecusson Vaudois dont est tiré l'anecdote du couple Larpin. (d.r.)Malakoff.jpg


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28/07/2018

27 juillet 1953 - Corée - les Suisse de Panmunjeom

Corée SVMM 1.jpg

27 juillet 1953 : L'armistice, toujours en vigueur aujourd'hui, consacre le retour au “Statu quo ante bellum en Corée. Une Commission de Surveillance des Nations Neutres pour l'Armistice en Corée est alors créée. Cet organisme qui porte le nom de “Neutral Nations Superviser Commission” (NNSC) est basé à Panmunjeom,  nom d'un ancien village aujourd'hui disparu de la zone démilitarisée situé en Corée du Nord à moins de 500 mètres de la frontière entre les deux Corées, dans la province de Hwanghae du Nord. La NNSC était composée à l'origine d'officiers Suisses et Suédois d'une part, Polonais et Tchèques d'autre part. C'est le 7 juillet 1953, que le Conseil fédéral décida de l’envoi de militaires suisses non armés pour surveiller le respect de l’armistice coréen. Au départ, le contingent suisse en Corée comptait pas moins de 146 militaires. Avec leurs confrères suédois, avec les représentants de la partie adverse, Tchèques et Polonais, leur mission consistait, comme aujourd'hui, à veiller au respect du traité d’armistice dans la partie sud de la zone démilitarisée (DMZ), qui est en fait une des régions les plus militarisées du monde. Les Suisses et les Suédois sont aujourd'hui encore sur la ligne de démarcation avec quelques officiers seulement. Le divisionnaire Patrick Gauchat est actuellement le “patron” de la délégation suisse auprès de la NNSC. 

Claude Bonard

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25/07/2018

La princesse Isabelle du Portugal repose à la cathédrale Saint-Pierre à Genève - pourquoi ?

le 25 juillet 1139 a eu lieu la bataille d'Ourique au sud du Portugal. Alfonso Henriques y bat les Maures. Cet événement marque la naissance de l'indépendance du Portugal. A cette occasion, je voudrais rappeler pourquoi nous avons une "chapelle du Portugal" à la cathédrale Saint-Pierre de Genève et pourquoi la princesse Émilie d’Orange-Nassau y est ensevelie. C'est ePortugal.jpgn raison de sa foi réformée cette princesse  portugaise s’était réfugiée avec ses enfants à Genève. Elle avait aussi acheté en 1627 la seigneurie et le château de Prangins. Toutes deux reposent dans la chapelle du Portugal, en la Cathédrale Saint-Pierre. Emilie de Nassau née en 1569, était la fille de Guillaume le Taciturne et épousa  Don Manuel  de Portugal. Après moult péripéties, elle  vint se réfugier à Genève en 1625, y mourut en 1629, et fut ensevelie dans une des chapelles de Saint-Pierre, à gauche du choeur; elle y fut rejointe en 1647 par sa fille Maria-Belgia et, en 1660, par une deuxième fille. Le mari d'Emilie, Don Manuel de Portugal, était le fils illégitime d'Antoine de Portugal. Il fut prince héritier de Portugal pendant  la courte période du règne  contesté de son père qui fut d'ailleurs  invalidé. Après une défaite des Portugais contre l'armée espagnole à la bataille d'Alcantara, il prit la route de l'exil et s'établit en France. En 1625, menant une vie plutôt tumultueuse et fantasque, dilapidant sa fortune au jeu.  Il révoqua son mariage, ce qui explique que son épouse passa plusieurs années avec ses filles dans nos régions et notamment à Genève. Le frère d'Emilie, Maurice de Nassau, prince d'Orange, fils du prince Guillaume d’Orange-Nassau et d'Anne de Saxe fut prince souverain  d'Orange à partir de 1618. Il devint stathouder des Provinces-Unies des Pays-Bas de 1585 jusqu'à sa mort en 1625. Il a organisé la rébellion néerlandaise contre l'Espagne en un tout cohérent, a contribué à la réussite de la révolution et a acquis une grande renommée en tant que stratège militaire et défenseur de la foi protestante. Sa statue  est visible sur le Mur des Réformateurs à Genève.
 
Claude Bonard

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