21/06/2018

1609 - un duel au Louvre met indirectement Genève en danger

Le 21 juin 1627, François de Montmorency-Boutteville et François de Rosmadec des Chapelles étaient décapités en place de Grève, à Paris. Le crime de ces jeunes nobles était de s'être battus en duel malgré un édit du 2 juin 1626, pris par le cardinal de  Richelieu au nom du roi Louis XIII qui interdisait les duels et punissait de mort les récidivistes.* Pourtant, bien avant cette décision, au temps du roi Henri IV, les duels étaient déjà fort mal vus à la Cour de France. Jacob Spon, (1647 – 1685), dans son Histoire de Genève publiée à Lyon en 1679 puis enrichie en 1730 par Jean-Antoine Gautier évoque une affaire qui allait indirectement avoir des conséquences pour Genève. Elle impliqua Louis Comboursier, seigneur du Terrail, un proche parent de d’Albigny, le piteux vaincu de l’Escalade. Ce gentilhomme français avait pourtant  été choisi par le roi Henri IV pour être Cornette ( porte étendard) de la compagnie du Dauphin, le futur Louis XIII. A son propos, Jacob Spon écrivit «  Etant haut à la main – aimant les duels – il eut querelle au Louvre contre un Gentilhomme qu’il tua, devant les yeux de Sa Majesté qui étoit aux fenêtres. Ce qui l’obligea de fuir promptement hors de la France, de peur de porter sa tête en Grève ». Après s'être réfugié aux Pays-Bas, du Terrail s'est ensuite établi en Savoie où il ne manqua pas d'aller saluer le duc Charles-Emmanuel qui « s’ouvrit (…) de la passion qu’il avoit de se rendre Maître de Genève par quelque entreprise ». Un plan d’attaque ingénieux fut élaboré. Du Terrail proposa au duc de Savoie de surprendre Genève par bateau, le port du lac étant faiblement gardé. Des soldats débarqués prendraient ensuite d’assaut la porte de Rive pour se ruer sur la cité en prenant les défenses genevoises à revers. L'affaire capota fort heureusement au dernier moment. Du Terrail fut arrêté et mis à la question. Il avoua, fut condamné à mort et décapité au Molard le 19 avril 1609. Spon écrivit  à son propos que « c’étoit un homme de bonne mine ». Le peuple de Genève, au fond, l’aimait bien malgré sa faute et plusieurs quatrains furent composé à sa louange au moment de son exécution dont celui-ci :

« Tel fut de Du Terrail l’injuste et triste sort,

Toujours victorieux, mais vaincu par l’envie,

Sa vie lui devoit une plus belle mort :duel.JPG

Mais sa mort lui promet une plus belle vie ».

 

Claude Bonard

* source : www.herodote.net

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19/06/2018

Il y a 78 ans, 13'000 Polonais sont internés en Suisse

Polonais internés.jpg

Le 19 juin 1940, près de 13'000 militaires polonais appartenant à la 2e Division de chasseurs du  45e C.A. de l'Armée française franchissent  la frontière suisse. A l’issue de combats retardateurs menés contre les troupes allemandes à Maîche et au Clos du Doubs, le général Bronislaw Prugar-Ketling se trouve dans une situation intenable. Il prend la décision de se faire interner en Suisse. Les Polonais passent la frontière à Goumois et gagnent Saignelégier. Ils resteront en Suisse jusqu'en 1945. A leur retour en Pologne, ils seront accueillis comme des parias par le nouveau régime inféodé aux Soviétiques. Leur chef, le général Prugar-Ketling, rejoindra aussi la Pologne, mais périra mystérieusement en 1948. Malgré la défaite et l’internement, ces militaires impressionnèrent la population des Franches-Montagnes par leur tenue et leur discipline. Au cours des années de »Mob », la population suisse manifesta  la plupart du temps à leur égard des sentiments empreints de sympathie et de bienveillance et l’on assista même à plusieurs mariages. Les Polonais internés en Suisse ont joué un rôle significatif au profit de la Suisse notamment dans le cadre de la mise en oeuvre du plan Wahlen. Entre 1940 et 1945, ils effectueront 8,3 millions de jours de travail, dont 1,4 million dans le Réduit. 845 ha de marais seront drainés et asséchés, 160ha de terrain seront nivelés et nettoyés de leurs pierriers, sans parler des travaux forestiers où 23000m3 de bois de construction seront mis à disposition de notre économie. Ils construiront aussi 282km de nouvelles routes et chemins et remettront en service de nombreuses mines de charbon désaffectées depuis la première guerre mondiale. Au cours des années de guerre 1940/1945, les universités suisses accueillent de nombreux « militaires-étudiants ». 466 d'entre-eux obtiendront un diplôme universitaire parmi lesquels il faut mentionner 123 thèses de doctorat et 2 habilitations. Partout en Suisse, divers monuments rappellent la présence des internés polonais, par exemple à Locarno, à Wiesendangen, Büren, Melchnau, Giswil, Madiswil, Alpnach, Losone ou encore Melchnau et Saint-Blaise pour n’en citer que quelques uns. 

 Claude Bonard

 

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18/06/2018

"Du pain et des jeux ! - Plutôt que de vertu, on a soif de gloire ! " (Juvénal )

Au risque de paraître rabat joie, je vous le dis, prenez garde bonnes gens ! Puisqu'aujourd'hui, le monde entier se shoote au foot, un opium qui fait oublier aux foules les problèmes du moment sans les faire disparaître, et que la machine de propagande du "Mondial 2018 " tourne à plein, il ne me paraît pas inutile de rappeler que parfois, par le passé, cette machine pourtant bien huilée a eu des ratés... comme ce fut le cas par exemple le 20 avril 1941 à Berne où l'équipe des grands blonds aux yeux bleus du Reich tout puissant et conquérant a été humiliée  par l'équipe de la "petite et méprisable Suisse". Pour s'en convaincre, il suffit de regarder la photo de la tribune officielle au stade du Wankdorf à Berne au moment des hymnes nationaux qui en dit long sur la morgue des prétendus maîtres du monde faisant le salut hitlérien aux côtés du Conseiller fédéral Karl Kobelt et du général Henri Guisan qui semblent bien seuls au milieu de cette forêt de bras levés. La Suisse l'emporta 2 buts à 1, ironie du sort, le jour même de l'anniversaire du Führer ! Aujourd'hui, les "maîtres du monde" estampillés 2018 ne sont plus les mêmes. Ils ont de drôles de coiffures ou le cheveu rare soigneusement peigné et pourtant nous ne devons pas nous laisser charmer par leur petite musique. Du pain et des jeux, ça ne dure qu'un temps. Demandez aux habitants de Sarajevo ce qu'ils en pensent... Eux qui inauguraient un stade tout neuf en 1984 à l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver et qui se terraient sous les bombes huit ans plus tard alors que leur cité devenait une ruine au cours d'un siège meurtrier. Sans même parler du stade flambant neuf de Donetsk à l'occasion de l'EUROFOOT 2012 qui n'est plus qu'un enchevêtrement de poutrelles décharnées et calcinées au coeur d'une zone de guerre six ans plus tard. Oui, vous avez bien lu... six ans plus tard seulement.... 

Claude Bonardguisan-wankdorf.png

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