01/09/2018

1er septembre 1939 - il y a 79 ans - pour ne pas oublier

Pour ne pas oublier ! Après plusieurs années de tensions, le 1er septembre 1939, l’Europe basculait à nouveau dans la guerre. Un conflit dévastateur qui embrasa ensuite le monde entier. Une nouvelle fois, en Suisse, l’armée mobilisa. L’élection du Général Henri Guisan fut accueillie favorablement à Genève et dans toute la Romandie. On était loin des réactions aigries suscitées en 1914 lors de l’élection d’Ulrich Wille. Après l’effondrement de la France au mois de juin 1940, Genève se trouvera stratégiquement dans une situation isolée par rapport au reste de la Suisse. Le 19 juin déjà, les troupes allemandes étaient à Lyon et les forces françaises et polonaises qui tenaient encore le Jura français et le Doubs furent menacées d’encerclement par les blindés de Guderian qui progressaient le long de la frontière suisse. Les Genevois purent observer les Gebirgsjäger allemands à la frontière de Sauverny près de Versoix. Pour Genève et la Suisse, la situation sera désormais délicate au plan géopolitique. La convention d’armistice de 1940 prévoyait l’occupation partielle de la France. La ligne de démarcation principale divisa 13 départements sur près de 1200 km. Les principaux pôles industriels étaient situés dans la zone nord, occupée par les Allemands. Il faut également prendre en compte les 832 km2 de territoires français occupés par les Italiens. Il est important de savoir que d’autres zones non officielles furent créées par les Allemands sans l’assentiment de la France et qui ne figuraient dès lors pas nommément dans les articles de la convention d’armistice. En juillet 1940, les départements du Haut et du Bas Rhin ainsi que la Moselle furent purement et simplement annexés au Reich. Le Nord et le Pas-de-Calais furent rattachés au commandement militaire allemand en Belgique. En ce qui concerne la région proche de la frontière genevoise et suisse, une zone dite interdite englobait le pays de Gex et les cantons de Gex – Ferney-Voltaire et Collonges. Dans le Jura, Dôle, en zone occupée, était le seule ville de France à cheval sur les trois zones. Le village de Lancrans, à proximité immédiate de Bellegarde, était occupée par les Allemands. En d’autres termes, c’est la Valserine qui constitua la limite de secteur de la ligne de démarcation. Ce découpage durera jusqu’à l’invasion de la zone libre du 11 novembre 1942 suite au débarquement américain en Afrique du Nord.

Claude Bonard

 

Source et à lire : Eddy Florentin, L'invasion de la zone libre, Paris, Perrin - Tempus 2010

 

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12:17 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

29/08/2018

Un objet témoin des guerres de l'opium exposé à Genève à la Fondation Zoubov

En marge du Traité de Nankin (Nanjing)  du 29 août 1842 :

Un  étonnant témoin des guerres de l'opium  est visible à Genève. Le public peut en effet admirer ce grand brûle-parfum en émaux cloisonnés de Pékin à la Fondation Zoubov, sise Hôtel de Sellon, 2 rue des Granges. Pourquoi a-t-on fait la guerre au nom de l'opium ? Petit rappel des faits : Le 29 août 1842, le traité de Nankin (Nanjing) mit fin à la première guerre de l'opium. Un conflit qui s'était  terminé l'écrasante victoire du Royaume-Uni face à  l'Empereur Daoguang, 8e empereur  de Chine de la dynastie Qing. Pour comprendre l'origine du conflit il faut remonter à 1773, lorsque le le Royaume-Uni obtint le monopole de la vente d'opium en Chine. Ce trafic était très lucratif pour les Britanniques, qui en vendirent plusieurs milliers de tonnes chaque année en provenance des Indes. En 1839, la Chine interdit l'importation et la consommation d'opium et détruisit plus de 1'000 tonnes d'opium à  Canton. ce fut le début de la première guerre de l'opium qui dura jusqu'en 1842. Pourtant, l'histoire n'allait pas en rester là puisqu'une seconde guerre de l'opium opposera la France et le Royaume-Uni à la Chine dès 1856, la Grande-Bretagne ayant exigé une révision complète du  Traité de Nankin de 1842, afin d'étendre ses privilèges en Chine. Cette demande fut soutenue par la France et les Etats-Unis, mais refusée par  l'Empereur  Xianfeng qui avait succédé à Daoguang. Ce refus entraîna une nouvelle opération militaire conduite brutalement par les forces anglo-françaises dès le mois d'octobre 1856, connue sous le nom de seconde guerre de l'opium. C'est au cours de ce conflit que le Palais impérial d'été Yuanmingyuan (parc de Clarté) à Pékin fut incendié et mis à sac L'imposant brûle-parfum exposé à la rue des Granges à Genève a été miraculeusement sauvé du brasier. Par on ne sait quel miracle, cet incroyable objet se retrouva un jour en vente au bazar de Téhéran où les Zoubov le découvrirent et en firent l'acquisition.Zoubov.jpeg

Claude Bonard

 

A propos des guerres de l'opium, lire : https://www.monde-diplomatique.fr/2004/10/ROUX/11590

A propos du brûle parfum, lire : https://www.ge.ch/zoubov/oeuvres/brule_parfum.asp

A propos de la Fondation Zoubov, lire : https://www.ge.ch/zoubov/comtesse_fondation.asp


Illustration : www.ge.ch

13:07 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/08/2018

Le 15 août 1944, les Alliés débarquaient en Provence

Le débarquement de Provence du 15 août 1944, moins connu des historiens que celui du 6 juin en Normandie, n’en a pas moins été d’une importance capitale pour les Alliés. Pour le général Eisenhower, cette opération était stratégiquement déterminante, de sorte que les troupes débarquées dans le sud de la France constituent la seconde mâchoire de la tenaille venant «enfermer» les troupes allemandes occupant la France, la première mâchoire étant constitués par les troupes progressant depuis la Normandie. Stratégiquement toujours, il était vital pour les Alliés de disposer de nouvelles bases portuaires pour débarquer troupes et matériels sur les plages françaises, afin de libérer la France puis de poursuivre la progression en direction de l’Allemagne.

Grâce aux opérations conduites par les forces placées sous le commandement du général de Lattre de Tassigny et avec  la libération de Toulon puis de Marseille, les Alliés ne cessent de recevoir toujours plus d’armes et de matériels. A partir de la fin du mois d’août 1944,  les ports de les-francais-dans-le-debarquement-de-provence-carte.jpgToulon et Marseille assurent le transit journalier de 14 divisions et 18'000 tonnes de ravitaillement en armes et matériel. La progression des Alliés est rapide. Psychologiquement parlant, grâce au courage des troupes venues d’Afrique notamment, les victoires de Provence constitueront des facteurs déterminants symbolisant le renouveau de la France et de son armée. 

Claude Bonard 

 

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