12/07/2018

12 juillet 1789, un gentilhomme soleurois prend une mauvaise décision et Paris s'embrase

Connaissez-vous notre compatriote soleurois, Pierre Victor de Besenval de Brunnstatt ? Si ce n'est pas le cas, voici  l'histoire de ce gentilhomme de haute lignée qui fut l'un des favoris de la reine Marie-Antoinette. Pierre-Victor de Besenval fit une belle carrière au service des rois de France Louis XV et Louis XVI. Il occupa  d'ailleurs  le poste prestigieux de lieutenant-général  et la charge d'Inspecteur général des troupes suisses et grisonnes. Sa carrière bascula en 1789. L'infortuné Besenval prit de mauvaises décisions au pire moment. Il commandait alors la garnison de Paris et décida malencontreusement le 12 juillet de retirer les troupes de la capitale au moment où la situation devenait tendue en ville. Une tragique erreur de jugement. La voie était désormais libre pour les émeutiers qui, deux jours plus tard, le 14 juillet, purent sans problèmes marcher sur la Bastille après s'être emparés des armes entreposées aux Invalides. Besenval ne réagira pas. L'infortuné officier sera doublement victime. Des royalistes d'abord, qui le considérèrent comme un traître, et des révolutionnaires ensuite, qui voyaient en lui un royaliste pur sucre. Il sera arrêté fin juillet 1789, jugé et finalement acquitté en 1790. Une triste fin de carrière pour Besenval qui mourra le 2 juin 1791 affaibli par les conditions de sa détention. Curieux retournement de l'histoire, c'est le magnifique hôtel particulier de Pierre-Victor de Besenval au 142 rue de Grenelle qui, depuis 1938, abrite  l'ambassade de Suisse en France.

Claude BonardPeter_Viktor_von_Besenval.jpg

11:57 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

11/07/2018

En marge du Foot, Croates et Français ont des liens communs au moins depuis 1667 !

Un peu d'histoire pour élever le débat en marge de la prochaine finale du championnat du monde de Football . Il s'agit de celle du "Royal Cravates  Cavalerie", formé de cavaliers Croates que les Français appelaient les Cravates. Un régiment au service du roi de France mais pas seulement... car ces redoutables cavaliers sont aussi à l'origine de....  la cravate ! 


Le 20 août 1667, ce régiment de cavalerie légère était créé au sein de l'armée royale de France. Il portera désormais le nom de "Royal - Cravates - Cavalerie" . Ces Cravates (Croates) étaient braves, mais indisciplinés et parfois féroces. Après la dissolution de l'armée royale, le "Royal Cravates Cavalerie" sera transformé en régiment de cRoyal Cravates.JPGuirassiers et sera dissout en 1815.

Ces Croates portaient en signe distinctif un tissu noué autour du cou : la "cravate" était née et intégrera ainsi la mode européenne dès le XVIIIe siècle  et nous accompagne jusqu'à aujourd'hui !

Claude Bonard 

23:30 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

une "Genevoiserie" tragique, fait du bonnet phrygien l'emblème de la Révolution française !

Bonnet phrygien.png

Plusieurs tableaux et gravures dépeignant  la prise de la Bastille nous montrent  les assaillants coiffés de bonnets phrygiens, une coiffure qui deviendra le symbole de la Révolution. Hélas ces artistes se sont emmêlés les pinceaux puisque c'est seulement en 1792, soit trois ans après le 14 juillet 1789 que le bonnet phrygien aura vraiment son heure de gloire. En voici l'histoire. En août 1790 la garnison de Nancy travaillée par les idées révolutionnaires et mal soldée se mutine. Le régiment de Châteauvieux dont le colonel propriétaire est le Genevois Jacques-André, marquis Lullin de Châteauvieux figure au nombre des mutins, ce qui est extrêmement rare s'agissant d'un régiment suisse au service étranger. Une « Genevoiserie » honteuse et tragique car ce soulèvement fut durement réprimé. Conformément à la coutume régissant la discipline au sein des Suisses un conseil militaire composés d'officiers des régiments suisses de Castella et de Vigier instruisit l'accusation. Dans un premier temps, les mutins furent condamnés à mort mais la sentence fut revue : deux soldats qui étaient parvenus à s'échapper furent condamnés par contumace ; 72 sont emprisonnés ; 41 sont condamnés à trente ans de galère ; 22 furent pendus. Enfin, l'un des cinq membres du comité des rebelles, un Genevois nommé André Soret fut condamné au supplice de la roue ; il fut vraisemblablement le dernier à subir ce supplice en France. En 1791, Jean-Marie Collot d'Herbois défendit les mutins condamnés aux galères et obtint leur réhabilitation. En 1792, après une marche de 25 jours depuis le bagne de Brest, ils arrivèrent à Paris où une « fête de la Liberté » fut organisée en leur honneur le 15 avril. Leur bonnet rouge de bagnard, assimilé par la population parisienne au bonnet phrygien, devint alors « officiellement » l'emblème de la Révolution et par la suite de la République française !

Claude Bonard

10:24 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |