07/04/2018

Quel sens donner à nos publications sur les réseaux sociaux ?

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Si je regarde ce que j'ai posté hier sur Facebook, je découvre avec des sentiments mélangés que mes publications s'enchaînent d'une façon désordonnée, au gré de mes humeurs du jour. Est-ce pareil pour chacun d'entre nous ? Jugez un peu : tout d'abord un “post” à caractère historique sur le siège de Nice par les Turcs en 1543, quelques heures plus tard une publication relative aux Vélib polonais vu l'échec renouvelé du projet à Genève, puis un texte relatif à l'immonde rafle des enfants d'Izieu, le 6 avril 1944, pour ne pas les oublier. Ont suivi une publication relative à une belle initiative, en France, visant à préserver les espèces d'oiseaux menacées, et enfin une vidéo publiée en Pologne prêchant la tolérance dans un pays ancré dans ses certitudes nationalistes et conservatrices . Que dire en résumé... passer d'un point d'histoire ancienne à la saga des Vélib genevois pour ensuite traiter de l'indicible avec la tragédie d'Izieu, pour revenir ensuite au sauvetage des oiseaux menacés et terminer par une vidéo traitant de l'état d'esprit actuel de la société polonaise... je m'interroge... Ai-je raison d'avoir publié pêle-mêle ces informations qui me parlent? elles ne touchent peut-être que moi... est-ce une raison pour envahir les pages Facebook de mes amis ? Est-ce ça l'immédiateté des réseaux sociaux ? Où sont ces vraies valeurs ? Ce matin je doute encore en regardant d'un oeil critique mon activité facebookienne de la journée d'hier. Le tragique y rejoint le futile, l'anecdote y succède à l'actualité, le sérieux à la légèreté. Est-ce le vrai reflet de notre monde, ou seulement un miroir en trompe - l'oeil ? Où se situe la vérité, dans mon univers personnel, dans notre quotidien à tous ?... je n'ai pas la réponse sauf que demain, je sais que je recommencerai de même. Est-ce un bien ? est-ce un mal, je ne sais.....

 Claude Bonard

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05/04/2018

La haine politique au pays de Frédéric Chopin

La RTS a consacré tout récemment plusieurs sujets à la Pologne. Dans le prolongement de ces émissions et en tant qu'observateur régulier de la vie politique polonaise, je voudrais mettre en évidence l'un des effets pervers découlant du processus ayant conduit depuis 2015 à l'établissement d'une « démocratie illibérale » dans le pays de Chopin et de Marie Marie Skłodowska-Curie, à savoir la haine politique. L'idée de traiter ce sujet m'est venue le 10 mars dernier alors que je participais par un temps maussade au Chapitre de printemps de l'Académie du Cep à Peissy. Quel lien y-a-t-il me direz-vous entre la célébration de la vigne et des vins du terroir genevois et la haine en politique sur les bords de la Vistule  ? Eh bien je vais vous le dire. Le spectacle auquel j'ai assisté à Peissy dans une ambiance chaleureuse et conviviale est tout simplement inimaginable en Pologne. Le soleil était dans les coeurs. Voir dix-huit candidats aux élections cantonales, tant pour le Conseil d'Etat que pour le Parlement genevois, issus de tous les courants politiques de la gauche à la droite en passant par le centre, intronisés, voire distingués pour leur talent de dégustateur,   fraternisant dans une ambiance chaleureuse et posant ensemble pour la photo de groupe dans un esprit potache, ayant tous en commun une seule chose en ce samedi pluvieux :  l'amour du vin genevois !  Certes, au cours des semaines qui suivirent, la campagne fut moins joyeuse et se caractérisa par plusieurs rebondissements et aussi par quelques boules puantes. En Pologne, un tel événement est impensable. En effet, la vie politique actuelle  se caractérise dans l'espace public et aussi dans les lieux où se déroule la vie institutionnelle du pays par une dureté inouïe, par une mise à l'index individuelle et collective  par le parti dominant, des élites assimilée à des castes "ayant profité  du peuple", par un mépris  sarcastique envers tous ceux qui ne partagent pas ses vues, par un nationalisme sourcilleux, par un rejet de "l'autre" d'où qu'il vienne. Dans les débats à la radio et à la télévision, les dérapages verbaux sont nombreux, attisant souvent la haine par la vulgarités des propos. Du côté des tenants de la « démocratie illibérale », de tels propos assénés avec une force inouïe sont érigés en système et ça marche, auprès d'un électorat catholique - conservateur  et plutôt nationaliste qui avait, il faut le dire, été laissé sur le bord du chemin par les précédents gouvernements au moment  de la marche vers la croissance à partir de l'indépendance pleinement retrouvée en  1989. Cette haine se retrouve aussi sur les réseaux sociaux. Elle effraie le citoyen suisse que je suis habitué à une vie politique plus sereine. Les clivages sont irrémédiables. Chez nous, la plupart du temps, - pas toujours il est vrai lorsque je pense à un certain verre d'eau - après s'être écharpés verbalement au Grand Conseil ou au Conseil municipal, les députés et conseillers se retrouvent à la buvette ou dans l'un ou l'autre estaminet de la vieille ville. Impensable sur les bords de la Vistule où chacun reste droit dans ses bottes, muré dans ses propres certitudes et protégé par les machicoulis de sa propre forteresse partisane. La chaîne de télévision privée TVN24 diffuse chaque jour un débat télévisé de vingt minutes sur un thème politique d'actualité au cours duquel deux députés ou sénateurs, l'un du parti au pouvoir, l'autre d'un parti d'opposition sont interviewés. Je suis toujours surpris de voir que le plus souvent, ils ne se saluent même pas en début d'émission, ne se regardent pas pendant l'émission et une fois le débat terminé, se lèvent et partent chacun de leur côté, mâchoire serrée sans se saluer ni même échanger ne serait-ce qu'un regard. Je me prends alors à rêver … pourquoi n'existe-t-il pas dans le beau pays de l'aigle blanc, une Académie de la vodka destinée à célébrer les produits du terroir polonais organisant des chapitres conviviaux autour d'une bonne table et réunissant dans un esprit chaleureux et festif des représentants de tous les partis politiques que compte le pays, unis autour d'une seule cause, celle du respect, de la promotion du produit local  et de l'amitié ?... je sais... je rêve.....

Claude Bonard

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13:14 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

27/03/2018

Pastiche genevois du poème "l'Expiation" de Victor Hugo

L'actualité genevoise  m'inspire ce pastiche du poème de Victor Hugo “L'Expiation” :

"Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle et la clé de Genève baissaient la tête.
Sombres jours ! (...)
Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
Celle de Plainpalais. On ne reconnaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier les grandes ambitions, et maintenant les déceptions.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. (…) 
Boulets, mitraille, obus, rumeurs et fausses nouvelles mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les Genevois , surpris d'être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
(...)
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense cohorte un immense linceul.

Genève ! Genève ! Genève ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.

D'un côté c'est le Grand Genève, et de l'autre, Piogre.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Genève ! je pleure et je m'arrête, hélas !
(...)
S'agissant de la campagne électorale qui s'achève, le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l'offensive et presque la victoire ;
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l'horizon, sombre comme la mer.
L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme."

Et ce sera tout pour aujourd'hui !

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12:21 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |