30/07/2018

1er août 1944- Varsovie, le cauchemar d'une capitale - une publication éditée à Genève secoue les consciences

Varsovie célèbre chaque année  le souvenir de l'insurrection qui débuta le 1er août 1944 à 17h00 pour se terminer le 2 octobre de la même année. Varsovie, une métropole qui comptait 1Mio 300'000 habitants en septembre 1939 et qui n'en comptait plus que quelques centaines en mai 1945. En Suisse en cet été 1944, l'insurrection de Varsovie, personne ou presque n'en parlait. La population, surtout en Suisse romande, se passionnait plutôt  pour les combats qui allaient se dérouler du 19 au 25 août afin de libérer Paris. Varsovie, c'était bien loin..... Les Suisses avaient d'autres chats à fouetter et nos voisins d'outre-Jura aussi. Pourtant, en décembre 1944, soit tout juste deux mois après la défaite des insurgés varsoviens, c'est à Genève que les Editions de la Frégate publiaient une brochure intitulée “Varsovie 1944” sous la plume d'André Lenoir, avec une préface de Georges Rigassi, journaliste vaudois bien connu à l'époque qui fut tout d'abord rédacteur à l'agence télégraphique suisse à Bâle avant de devenir rédacteur en chef puis directeur de la Gazette de Lausanne en 1939. Grâce à cette  brochure imprimée sur les presses de l'imprimerie du Courrier à Genève, l'histoire tragique de Varsovie commença à être connue en Suisse romande. Les troupes de l'Armée rouge finirent par "libérer" la capitale polonaise le 17 janvier 1945. La ville était détruite à 85% et vidée de ce qui restait de la population. Les 350 000 civils qui avaient miraculeusement survécus aux combats avaient fui ou avaient été déportés en Allemagne. Les pertes s’élevèrent à 20'000 insurgés tués et 25'000 blessés. S'agissant des civils, on dénombra entre 160'000 et 180'000 morts et des milliers de blessés et de disparus. Du côté de l'occupant nazi, 17'000 militaires et miliciens auxiliaires furent tués et 9'000 blessés. Alors oui, en Suisse, on savait... mais on ne voulait pas voir et on a banalisé... un peu comme aujourd'hui d'ailleurs s'agissant d'autres conflits qui ravagent notre monde. Merci aux Editions de la Frégate et à l'imprimerie du Courrier d'avoir sauvé l'honneur en cette  fin d'année 1944 annonciatrice de lendemains qui chantent Varsovie brochure Genève.jpgpour les uns et qui firent déchanter les autres, notamment à Varsovie.

Claude Bonard

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29/07/2018

Les Suisses de Crimée inventent le Malakoff

Petite historiette si l'envie vous prend d'aller déguster des Malakoffs à l'occasion du 1er août : 
Au cours de la Guerre de Crimée (1854-1856), les troupes anglaises et françaises dans le rang desquelles combattaient des Suisses, se trouvèrent immobilisées devant la ville de Sébastopol, puissamment défendue par l’artillerie lourde du fort Malakoff. Ces Suisses n'étaient pas  les tuniques rouges de la British-Swiss Legion qui ne prit pas part aux opérations. Après plusieurs assauts infructueux, le général Pélissier organisa un blocus de la ville et fit creuser des tranchées.Pendant ce travail de sape les soldats organisaient des bivouacs au cours desquels ils faisaient frire des tranches de fromage dans une poêle ou simplement réchauffées autour d’un feu de camp. Après un long siège, le fort fut pris et Sébastopol tomba, mettant fin à la guerre. Le  traité de Paris fut  signé le 30 mars 1856. A leur retour au foyer, quelques Suisses d'origine vaudoise se regroupèrent pour commémorer la prise de Sébastopol et prirent l’habitude de célébrer l'événement en se réunissant autour d’un feu de camp qui leur rappelait les bivouacs de Crimée. Ils  dégustaient comme  au "bon vieux temps"  des tranches de fromage frites à la poêle dans du beurre, accompagnées de pain et de bouteilles de blanc. En souvenir des assauts de la célèbre tour de Sébastopol, on donna à ce met à base de fromage le nom de Malakoff. En ce qui concerne la recette des Malakoffs, il faut revenir aux années qui suivirent la fin du Second Empire sur la Côte vaudoise et plus particulièrement à Bursins. Jules et Ida Larpin, étaient au service du prince Napoléon Jérôme Bonaparte (1822-1891), surnommé Plon-Plon, neveu de Napoléon 1er et cousin de  l'empereur déchu Napoléon III.  Or donc, ledit Plon-Plon organisa une réception à laquelle participaient des vétérans de la guerre de Crimée. À cette occasion, Mme Larpin, à la demande du Prince, servit comme entrée une version adaptée de Malakoffs sous forme d’une tranche de gruyère enrobée de pâte à frire et cuite dans du beurre. Devant le succès de sa recette, elle eut l’idée d’en faire bénéficier ses cousins Alfred et Rose Larpin alors tenanciers de l’Auberge d’Eysins. Devenu plat principal de l’auberge, la recette fit le succès de l'établissement accompagnée de salade, cornichons, petits oignons et moutarde.

Claude Bonard

Source :  CB et Wikipedia  et divers sites internet consacrés aux Malakoffs dont celui de l'Ecusson Vaudois dont est tiré l'anecdote du couple Larpin. (d.r.)Malakoff.jpg


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28/07/2018

27 juillet 1953 - Corée - les Suisse de Panmunjeom

Corée SVMM 1.jpg

27 juillet 1953 : L'armistice, toujours en vigueur aujourd'hui, consacre le retour au “Statu quo ante bellum en Corée. Une Commission de Surveillance des Nations Neutres pour l'Armistice en Corée est alors créée. Cet organisme qui porte le nom de “Neutral Nations Superviser Commission” (NNSC) est basé à Panmunjeom,  nom d'un ancien village aujourd'hui disparu de la zone démilitarisée situé en Corée du Nord à moins de 500 mètres de la frontière entre les deux Corées, dans la province de Hwanghae du Nord. La NNSC était composée à l'origine d'officiers Suisses et Suédois d'une part, Polonais et Tchèques d'autre part. C'est le 7 juillet 1953, que le Conseil fédéral décida de l’envoi de militaires suisses non armés pour surveiller le respect de l’armistice coréen. Au départ, le contingent suisse en Corée comptait pas moins de 146 militaires. Avec leurs confrères suédois, avec les représentants de la partie adverse, Tchèques et Polonais, leur mission consistait, comme aujourd'hui, à veiller au respect du traité d’armistice dans la partie sud de la zone démilitarisée (DMZ), qui est en fait une des régions les plus militarisées du monde. Les Suisses et les Suédois sont aujourd'hui encore sur la ligne de démarcation avec quelques officiers seulement. Le divisionnaire Patrick Gauchat est actuellement le “patron” de la délégation suisse auprès de la NNSC. 

Claude Bonard

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