24/06/2018

1812 - pour ne pas oublier les Genevois et ceux du Département du Léman tombés en Russie

Le 24 juin 1812 débutait la funeste campagne de Russie. 614'000 hommes de la Grande Armée de Napoléon franchirent le Niémen. En décembre, soit six mois plus tard, les pertes furent  effroyable à l'issue de la retraite. Selon l'historien Thierry Lentz que je cite ici, on peut les estimer ainsi  :  environ 200'000 morts, (la moitié au combat et le reste de froid, de faim ou de maladie), 150'000 à 190'000 prisonniers tombés entre les mains des Russes. On compte aussi 130'000 soldats disparus ou ayant déserté au cours de la marche sur Moscou et près de 60'000 qui tentèrent de se réfugier chez l'habitant. Enfin, moins de 30'000 soldats repassèrent le Niémen à la fin de la campagne. De nombreux  soldats originaires de Genève et du département du Léman perdirent la vie ou disparurent en Russie. Ils étaient notamment incorporés au sein du 35e régiment d'infanterie de ligne. Au 31 décembre 1812, ce régiment ne comptait plus que 36 officiers et 76 sous-officiers et soldats. Plus généralement, au cours des guerres de l’Empire, selon les chiffres cités par le regretté retraite_russie Kossak.jpgWalter Zurbuchen dans son étude intitulée "Genevois sous les Aigles" parue en juin 1964, près d’un millier de conscrits de Genève et du Département du Léman sont morts au combat ou ont été portés disparus, en Prusse orientale, en Russie ou encore du côté de Raguse ou de la Catalogne en défendant une cause qui n’était pas forcément la leur. Il ne faut pas les oublier.

Claude Bonard

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23/06/2018

Enigma- les trois Polonais et Alan Turing, une incroyable histoire !

Le 23 juin 1912,  le génial mathématicien Alan Turing naissait à Londres. Nombreux sont ceux qui croient que c'est lui qui a percé les secrets du code d'Enigma, la machine électromécanique servant au chiffrement de l'information développée en Allemagne depuis 1919. Un film récent accrédite d'ailleurs cette thèse.  C'est en partie vrai, mais en partie seulement et je vais vous raconter pourquoi. Ce sont  trois jeunes mathématiciens de l'université de Poznan , Marian Rejewski, Jerzy Różycki et Henryk Zygalski qui sont parvenus les premiers à briser le code d’Enigma. Une machine réputée inviolable inventée en 1919 en Allemagne  et perfectionnée dès  le milieu des  années 30 par  les Nazis  et dont l'utilisation va trouver son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale. Grâce aux trois mathématiciens géniaux de Poznan, de nombreux messages sont décryptés bien avant le début de la guerre. Après l’invasion de la Pologne en 1939, Marian Rejewski et son équipe  arriva à rejoindre la France où il poursuivit sa mission et ses expériences au sein des services de renseignements français. Après juin 1940, exfiltrés,  les trois Polonais parvinrent  à passer en Angleterre et mirent leurs  compétences en matière de cryptage et décryptage au service des Anglais à Bletchley Park à 60km de Londres. C'est là qu'il firent  la connaissance d'Alan Turing. Lorsque les Nazis mirent en service une nouvelle version d’Enigma, Rejewski Turing et leurs équipes arriveront à mettre au point les mesures permettant de percer à nouveau leurs codes. Ce sera l'un des "Jokers" des Alliés. La découverte géniale de Marian Rejewski  et de ses deux collègues polonais bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale puis les travaux  conduits à Bletchley Park permettront alors à Alan Turing de prendre le relais et finalement de percer le code de la version la plus élaborée d'ENIGMA, ce qui donnera aux Alliés un avantage déterminant sur leur adversaire. Dès cet instant, les Polonais passent la main et Turing prend le leadershipEnigma Poznan.jpg. Grâce à une nouvelle machine développée par Turing et son équipe, à des documents récupérés sur un sous-marin allemand, et à l'aide technique des Etats-Unis, l'équipe de Bletchley Park parvient  à la mi-1943 à percer le nouveau code  et à décrypter les messages allemands. Le cours de la guerre en sera changé.

Claude Bonard
Sources : 
ieeeghn.org
http://www.bibmath.net/crypto/index.php
http://www.enseignement.polytechnique.fr/…/poup…/enigma.html Wikipedia :
• Cryptanalyse d'Enigma
• Biuro Szyfrów
• Histoire des codes secrets de Simon Singh
The Enigma Code Breach : An Account of the Polish Role, J. Bury
The Breaking of Enigma by the Polish Mathematicians, T. Sale
How Mathematicians Helped Win WWII, National Security Agency

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21/06/2018

1476 Guerres de Bourgogne - Pas de bol, les Genevois étaient dans le camp du perdant !

La date du 22 juin 1476 est une date mythique dans notre histoire. Elle marque la seconde victoire des Suisses contres Charles le Téméraire à Morat après celle de Grandson le 2 mars de la même année. Les petits Genevois de ma générations apprenaient fièrement à l'école les exploits des vaillants Confédérés face à la redoutable armée du duc de Bourgogne et récitaient  la fameuse formule : «Le duc perdit son trésor à Grandson, son honneur à Morat et la vie à Nancy.».  Pourtant, je l'ai su bien plus tard, il y avait un hic... Nos bons maîtres d'école avaient passé sous silence le fait qu'en 1476 nous étions dans le camp du perdant ! Les guerres de Bourgogne ont en effet constitué un épisode délicat dans les relations de Genève avec les Suisses, l'évêque de Genève Jean-Louis de Savoie (1460-1482) étant l'allié du duc de Bourgogne. Le retour de manivelle ne s'est pas fait attendre puisque après leur victoire finale contre le duc Charles, les Suisses punirent Genève et exigèrent le versement d'une amende de 28'000 écus, ce qui correspondait à 12% des actifs de la fortune totale des particuliers. Un montant considérable que Genève était dans l'impossibilité de payer vu l'état de ses finances publiques. (déjà à l'époque!). Les Genevois n’arrivant pas à réunir ce montant, une bande armée incontrôlée d’environ 1700 hommes provenant notamment d’Uri et de Schwyz fit mouvement sur Genève pour punir la cité et saisir la part de la rançon non versée. Le 4 mars 1477, grâce à l’intervention et à la médiation de plusieurs cantons, cette troupe fut heureusement stoppée près de Lausanne.  Cette opération est connue en Suisse allemande sous le nom de « Saubannerzug », (l’expédition du drapeau à la truie), appelée en Français « l’expédition de la Folle Vie » L’emblème de ces hommes était un drapeau représentant un sanglier et non une truie comme d’anciennes chroniques le laissèrent entendre.  Les Genevois furent toutefois obligés de payer immédiatement à la soldatesque en furie  le solde de l’amende qui leur avait été infligée. Ils se consolèrent en se disant qu'ils avaient échappé au pire, la mise à sac pure et simple de Genève.

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Claude Bonard

 

Pour en savoir davantage : http://ge.ch/archives/3-folle-vie-premier-traite-de-combo...

Dufour Alfred : Histoire de Genève, Paris, Que sais-je, PUF, 1997, p.34

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