25/07/2018

La princesse Isabelle du Portugal repose à la cathédrale Saint-Pierre à Genève - pourquoi ?

le 25 juillet 1139 a eu lieu la bataille d'Ourique au sud du Portugal. Alfonso Henriques y bat les Maures. Cet événement marque la naissance de l'indépendance du Portugal. A cette occasion, je voudrais rappeler pourquoi nous avons une "chapelle du Portugal" à la cathédrale Saint-Pierre de Genève et pourquoi la princesse Émilie d’Orange-Nassau y est ensevelie. C'est ePortugal.jpgn raison de sa foi réformée cette princesse  portugaise s’était réfugiée avec ses enfants à Genève. Elle avait aussi acheté en 1627 la seigneurie et le château de Prangins. Toutes deux reposent dans la chapelle du Portugal, en la Cathédrale Saint-Pierre. Emilie de Nassau née en 1569, était la fille de Guillaume le Taciturne et épousa  Don Manuel  de Portugal. Après moult péripéties, elle  vint se réfugier à Genève en 1625, y mourut en 1629, et fut ensevelie dans une des chapelles de Saint-Pierre, à gauche du choeur; elle y fut rejointe en 1647 par sa fille Maria-Belgia et, en 1660, par une deuxième fille. Le mari d'Emilie, Don Manuel de Portugal, était le fils illégitime d'Antoine de Portugal. Il fut prince héritier de Portugal pendant  la courte période du règne  contesté de son père qui fut d'ailleurs  invalidé. Après une défaite des Portugais contre l'armée espagnole à la bataille d'Alcantara, il prit la route de l'exil et s'établit en France. En 1625, menant une vie plutôt tumultueuse et fantasque, dilapidant sa fortune au jeu.  Il révoqua son mariage, ce qui explique que son épouse passa plusieurs années avec ses filles dans nos régions et notamment à Genève. Le frère d'Emilie, Maurice de Nassau, prince d'Orange, fils du prince Guillaume d’Orange-Nassau et d'Anne de Saxe fut prince souverain  d'Orange à partir de 1618. Il devint stathouder des Provinces-Unies des Pays-Bas de 1585 jusqu'à sa mort en 1625. Il a organisé la rébellion néerlandaise contre l'Espagne en un tout cohérent, a contribué à la réussite de la révolution et a acquis une grande renommée en tant que stratège militaire et défenseur de la foi protestante. Sa statue  est visible sur le Mur des Réformateurs à Genève.
 
Claude Bonard

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24/07/2018

Alexandre Dumas - le roman de son père -

Il y a 216 ans aujourd'hui naissait  Alexandre Dumas, surnommé "le romancier de l'Histoire". Ce que l'on sait moins c'est que la vie de son père Thomas Alexandre fut aussi un incroyable roman puisqu'il était le fils d’un noble normand, le marquis Davy de la Pailleterie et d'une esclave d'origine africaine, Marie-Césette Dumas. Thomas Alexandre est né le 25 mars 1762 à Jérémie, Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti où  son  marquis de père  était parti rejoindre son frère dans ses plantations de Saint-Domingue. Il vendit Thomas Alexandre en tant qu'esclave avec faculté de rachat et retourna en France. Pris de remords, il le racheta et le fit venir à Paris où il lui donna une éducation de jeune noble. Thomas Alexandre s’engage alors dans l’armée en 1786 dans le régiment de cavalerie des dragons de la Reine sous le nom d’Alexandre Dumas, portant ainsi  le nom de sa mère. Il se lie avec trois officiers : Jean-Louis Espagne, Louis-Chrétien Carrière de Beaumont et Joseph Piston. Leur amitié et leurs exploits  serviront plus tard de modèle à Dumas fils  pour son roman  « Les Trois Mousquetaires » . Acquis aux idées de la Révolution, le père de l'écrivain  monte en grade et fait une carrière fulgurante, devenant le premier général français ayant des origines afro-antillaises. Il se distingue en Belgique, en Vendée, en Italie et en Egypte.  C'est alors qu'il se brouille avec Bonaparte. A l’époque du Consulat, en 1802, il est victime de l’épuration raciale de l’armée au moment de l’insurrection de Saint-Domingue puis licencié. Anatole France a dit de lui : « Le plus grand des Dumas, c’est le fils de la négresse. Il a risqué soixante fois sa vie pour la France et est mort pauvre. Une pareille existence est un chef-d’œuvre auprès duquel rien n’est à comparer »26230382_1549610485153144_4347218617074512109_n.jpg

Claude Bonard

Source : http://www.amis-robespierre.org/Le-General-Dumas-biographie

Lire :  http://www.haiticulture.ch/haiti_Alexandre_Dumas.html

http://www.afrikipresse.fr/culture/ces-noirs-qui-ont-fait-la-france-les-dumas-celebres-le-maire-noir-de-paris-oublie-coup-de-coeur-de-la-semaine

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23/07/2018

L'espion strasbourgeois d'hier et le nouveau Vidocq parisien d'aujourd'hui

L'actualité politique chez nos voisins français depuis quatre jours est assez étonnante, renversante et rocambolesque. En suivant les péripéties du nouveau Vidocq  qui agitent   l'Hexagone, un nom me revient en mémoire, celui de Charles Louis Schulmeister, immortalisé sur le petit écran dans les années 70 par l'immense Jacques Fabbri. Schulmeister, à la fois épicier, marchand de tabac, qui aimait se déguiser et revêtir des costumes qui n'étaient pas les siens et usurper d'autres identités que la sienne.  Un peu comme le nouveau Vidocq d'aujourd'hui. Schulmeister qui se faisait passer pour ce qu'il n'était pas, était roublard et mythomane. Il était aussi  un agent de renseignement et un espion génial, toujours dans l'ombre du prince - en l'occurence de l'Empereur. Agent double, un peu margoulin sur les bords, il se faisait Javert.jpgrémunérer tant par la France que par l'Autriche. Ces deux personnages ont au moins un point commun. L'un s'adonnait à une vie mondaine et se fit construire un château, celui de la Meinau à Strasbourg avec de l'argent douteux. L'autre aime paraître et semble occuper un appartement aux frais de la princesse au quai Branly à Paris. S'agissant de ce qui les sépare, que je sache, Schulmeister n'a pas fait le coup de poing contre les opposants à Napoléon. Il préférait les mystifier et abuser de leur crédulité. En ce qui me concerne, je préfère l'espion strasbourgeois d'hier au nouveau Vidocq parisien d'aujourd'hui.
 
Claude Bonard

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