30/01/2018

Eugène Bovy, graveur genevois dont l'oeuvre nous accompagne encore aujourd'hui au quotidien

Après un mariage civil le 29 janvier 1853, la jeune comtesse espagnole Eugénie de Montijo épouse religieusement à Notre-Dame de Paris Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III l'année précédente. 17 ans plus tard, dans les derniers jours de l'Empire, en 1870, c'est un artiste genevois, Antoine Bovy né et décédé à Genève ( 1795-1877), graveur de médailles très connu, élève de James Pradier, qui va réaliser un superbe portrait gravé de l'impératrice. Cette médaille fait aujourd'hui partie des collections des Musées de Paris. En Suisse, si nous avons un peu oublié l'oeuvre d'Antoine Bovy, il est pourtant toujours présent dans notre vie quotidienne sans que nous le sachions, lorsque nous manipulons des pièces de 50 centimes, 1 et 2 francs. C'est en effet Bovy qui a gravé la fière HELVETIA avec son bouclier à croix suisse figurant au dos de ces pièces de monnaie.

Bovy -Eugénie.jpgClaude Bonard

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29/01/2018

Souvenez-vous de cette histoire en admirant les boiseries du château de Zizers au Musée d'art et d'histoire

Le 29 janvier 1917, l'empereur d'Autriche Charles 1er tente une manoeuvre diplomatique  aussi dangereuse qu'audacieuse. Se rendant compte que la situation de l'empire austro-hongrois est plus que  critique, il prend l'initiative de négociations de paix secrètes avec l'Entente, par le biais de  sa femme, l'impératrice Zita, née Bourbon-Parme et de ses beaux-frères Sixte et François-Xavier de Bourbon-Parme, qui servaient dans les armées alliées. En raison de l'intransigeance du président français Raymond Poincaré, l'affaire échouera. Pire, elle sera rendue publique, ce qui suscitera la colère de l'empereur d'Allemagne Guillaume II, l'allié de Charles 1er et mettra le pauvre empereur d'Autriche dans une situation impossible.  Après la mort de Charles en exil à Madère en avril 1922, une longue période d'errance commence pour l'ex impératrice Zita qui la conduira finalement en 1959 à Zizers, dans les Grisons où l'évêque de Coire lui offre l'hospitalité au château transformé en hospice. Elle y résidera jusqu'à son décès à l'âge de 96 ans le 14 mars 1989. Pour mes amis genevois, le nom du château de Zizers vous dit-il quelque chose ? Je pense que oui si vous avez visité notre bon vieux Musée d'art et d'histoire. Vous y avez certainement admiré les belles  boiseries du château qui a appartenu à la famille de Salis jusqu'en 1897 quand une fondation catholique  le racheta. Sa transformation en hospice qui suivit entraîna la vente de  l'ameublement  et de la décoration du château. Plusieurs éléments furent achetés par la Société auxiliaire du Musée d'art et d'histoire. La dernière fois que je me suis rendu  au vénérable musée de la rue Charles Galland, les salles de Zizers  étaient fermées au public. Dommage. Mais si elles sont à nouveau accessibles, ne manquez pas de les visiter, et d'avoir une pensée pour l'impératrice Zita. 

Claude Bonard

Pour en savoir davantage sur le château de Zizers : http://www.swisscastles.ch/Graubuenden/zizers.html

Source partielle : https://www.herodote.net/29_janvier_1917-evenement-19170129.php

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24/01/2018

Pologne - un réveil tardif mais bienvenu face à à la montée des idéologies totalitaires

Il y a quelques jours, le magazine « Superwizjer », de l'excellente chaîne privée polonaise TVN diffusait un reportage filmé en caméra cachée montrant un groupe important de néo-nazis polonais vêtus d'uniformes SS et de la Wehrmacht, célébrant au cœur d'une forêt de Silésie décorée d'oriflammes nazis, une grand-messe, avec force « Sieg Heil, » croix gammées, fumigènes et chants glorifiant le Führer. L'onde de choc produite par ce reportage se propage aujourd'hui jusqu'au cœur des institutions où les autorités semblent enfin prendre conscience du danger. Ce n'est pas trop tôt car depuis deux ans environ alors que les signes annonciateurs d'une montée en puissance des groupes d'extrême-droite se sont multipliés, les pouvoirs publics ont fermé les yeux et tenus des propos lénifiants en parlant de « marginaux »  et de "non événements" à chaque fois qu'ils étaient interrogés sur le sujet. Cette attitude de déni semblait être la règle  dans un pays pourtant marqué par une histoire tragique et au sein duquel les jeunes générations confondent de ce fait souvent patriotisme avec nationalisme. Les édiles semblaient frappés de cette sorte de cécité se caractérisant par le fait d'être dépourvus d'une  acuité visuelle suffisante pour distinguer ne serait-ce  que des ombres. Or ces ombres sont bel et bien visibles. Elles ont pour nom "Camp national-radical (ONR)", "Jeunesse de la Grande Pologne" ou "Mouvement National"  pour ne citer que ces quelques  factions. Leur point commun est qu'elles  se fédèrent autour d'un discours visant un ennemi intérieur — les migrants, les Juifs, les tenants de la démocratie libérale, les élites forcément corrompues, et aussi d'un ennemi extérieur - la Russie, l'Islam, l'Union Européenne, les étrangers etc. Le 11 novembre 2017, suite à la « Marche de l'indépendance », au cours d'un interview télévisé, le leader de la droite extrême de la ville de Poznan traitait ouvertement l'épouse du Président de la république de « Juive », ce qui provoqua on s'en doute, une réaction immédiate et appropriée du chef de l'Etat. Plus récemment, encore, alors que le parlement européen  exprimait une nouvelle fois sa préoccupation s'agissant du respect de l'Etat de droit en Pologne, six parlementaires  issus  de de la Plateforme civique (PO, centriste, opposition) qui firent part de leurs craintes, furent pendus en effigie  lors d'une manifestation organisée par le Camp national-radical dans une grande ville du pays avec une réaction plutôt modeste de la part de la police et des autorités. Grâce aux réactions provoquées par la diffusion du magazine  de TVN « Superwizjer », les pouvoirs publics du pays sortent enfin de la torpeur dont ils étaient frappés. A la léthargie succède désormais une détermination  de bon aloi. Vraisemblablement, l'Etat s'apprête à « délégaliser » le Camp national-radical (ONR), à la grande satisfaction des démocrates qui sont nombreux dans le pays quoi que l'on puisse en penser vu de l'extérieur. En revanche, et c'est nettement plus préoccupant, un sondage réalisé hier pour le compte de TVN indique que 38% de jeunes Polonais seraient opposés à cette interdiction. Reste à savoir qui sont ces « jeunes Polonais » et quelle est la tranche d'âge concernée. On ne peut dès lors que saluer les déclarations publiques dénuées de toute ambiguïté du Président de la République, M. Andrzej Duda, et du Premier ministre M. Mateusz Morawiecki qui tous deux viennent publiquement de réaffirmer que le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme et le culte des idéologies totalitaires n'ont pas leur place en Pologne. Un bon point même si la route semble encore longue jusqu'au réveil de toutes les consciences. Il serait bon que la jeunesse de Pologne notamment, s'approprie cette citation de Charles de Gaulle si populaire en Pologne depuis 1919 : « le patriotisme, c'est aimer son pays, le nationalisme, c'est détester celui des autres. »

Claude BonardAigle blog.jpg



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