11/07/2018

une "Genevoiserie" tragique, fait du bonnet phrygien l'emblème de la Révolution française !

Bonnet phrygien.png

Plusieurs tableaux et gravures dépeignant  la prise de la Bastille nous montrent  les assaillants coiffés de bonnets phrygiens, une coiffure qui deviendra le symbole de la Révolution. Hélas ces artistes se sont emmêlés les pinceaux puisque c'est seulement en 1792, soit trois ans après le 14 juillet 1789 que le bonnet phrygien aura vraiment son heure de gloire. En voici l'histoire. En août 1790 la garnison de Nancy travaillée par les idées révolutionnaires et mal soldée se mutine. Le régiment de Châteauvieux dont le colonel propriétaire est le Genevois Jacques-André, marquis Lullin de Châteauvieux figure au nombre des mutins, ce qui est extrêmement rare s'agissant d'un régiment suisse au service étranger. Une « Genevoiserie » honteuse et tragique car ce soulèvement fut durement réprimé. Conformément à la coutume régissant la discipline au sein des Suisses un conseil militaire composés d'officiers des régiments suisses de Castella et de Vigier instruisit l'accusation. Dans un premier temps, les mutins furent condamnés à mort mais la sentence fut revue : deux soldats qui étaient parvenus à s'échapper furent condamnés par contumace ; 72 sont emprisonnés ; 41 sont condamnés à trente ans de galère ; 22 furent pendus. Enfin, l'un des cinq membres du comité des rebelles, un Genevois nommé André Soret fut condamné au supplice de la roue ; il fut vraisemblablement le dernier à subir ce supplice en France. En 1791, Jean-Marie Collot d'Herbois défendit les mutins condamnés aux galères et obtint leur réhabilitation. En 1792, après une marche de 25 jours depuis le bagne de Brest, ils arrivèrent à Paris où une « fête de la Liberté » fut organisée en leur honneur le 15 avril. Leur bonnet rouge de bagnard, assimilé par la population parisienne au bonnet phrygien, devint alors « officiellement » l'emblème de la Révolution et par la suite de la République française !

Claude Bonard

10:24 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

10/07/2018

Foot - patriotisme ou nationalisme ?

Nationalisme.jpg

C'est à Charles de Gaulle que l'on doit cette citation : "Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres". Lorsque je vois les explosions de joie et la fierté des uns en cas de victoire ou le désespoir et la fureur des autres en cas de défaite aux championnats du monde de football, et aussi les récupérations politiques de cet événement, je me demande parfois si la frontière clairement énoncée par de Gaulle entre patriotisme et nationalisme est aussi claire qu'il la décrit. Parfois c'est à se rouler par terre et j'ai Neymar ! sans même parler des élucubrations de l'ASF !

Claude Bonard 

19:40 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

05/07/2018

A Genève nous avons aussi notre garde des Sceaux

A Genève, Madame la chancelière d'Etat revêt la fonction de garde des SceauxSceaux.jpg. En effet, dès le XIVe siècle, le gouvernement de l’Evêque de Genève comportait un « Secrétaire de l’évêché » responsable de toutes les écritures. Il était chargé de garder la matrice des sceaux qui permettait de garantir l’authenticité des documents officiels de Genève et avait ainsi  la garde des sceaux. Ce personnage était aussi, comme  Madame la chancelière d'Etat en a la responsabilité aujourd'hui, chargé de dresser et contresigner les actes officiels.

Sur un plan plus général, on doit  la création de l'office de "garde des Sceaux" au roi de France Philippe Auguste suite à la défaite de son armée lors de la bataille de  Freteval du  5 juillet 1194  dans  le Loir-et-Cher contre  les Anglais de Richard Coeur de Lion. A cette occasion, lors de la débandade des Français, les archives du royaume et les sceaux furent perdus. Pour éviter une nouvelle catastrophe de ce  genre, le roi décida de créer l'office de garde des Sceaux et fit bâtir un hôtel des archives à Paris. Genève a suivi le mouvement un peu plus tard sans pour autant perdre de bataille...

Claude Bonard

Illustration : GE.CH / AEG, P.H. 964)

10:41 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |