12/05/2018

Mai 1926 Pologne, un citoyen fribourgeois devient Président de la République malgré lui...

Moscicki.jpg

Le 12 mai 1926 marque la date du coup d’État militaire qui porta le maréchal Jozef Pilsudski au pouvoir en Pologne.  Le "père de la nation" était irrité par l’instabilité des gouvernements  et par l’anarchie croissante qui minait  les fragiles  institutions polonaises.  Pilsudski ne devint pourtant pas chef de l'Etat et  ne souhaita pas, contrairement à Bonaparte après Brumaire,  prendre la tête de l'Etat.  C'est ainsi que le discret professeur Ignacy Moscicki  revenu de Suisse  quelques années auparavant se retrouva un peu (beaucoup) malgré lui, élu à la présidence de la République le 1er juin 1926 par l'Assemblée nationale. Moscicki était diplômé de la faculté des sciences de l’université de Fribourg . Il  avait acquis la nationalité suisse, devenant bourgeois de la commune de Chandon. A la fois scientifique et entrepreneur, il avait aussi créé avec succès  la société des condensateurs de Fribourg. Pilsudski et Moscicki , tous deux socialistes,  étaient  de vieux compagnons de lutte depuis leur première rencontre à Londres en 1894. Après le coup d’Etat de 1926 et surtout dès 1936, l’opposition polonaise fut  très active depuis la Suisse, regroupée au sein du « Front de Morges » autour de la figure  du premier président de la République de Pologne, le pianiste Ignacy Paderewski. Sa  résidence de Riond-Bosson à Morges constituait  en effet un centre  politique qui tenta de peser sur la vie politique polonaise. Après un premier mandat, Moscicki sera réélu à la présidence de la République en 1933. A l'issue de l'agression simultanée de la Pologne par les armées du Reich  et de l'URSS,  Moscicki et son gouvernement gagnèrent la Roumanie où ils furent internés. En 1940, le Conseil fédéral, malgré les protestations du Reich donna  une suite favorable à la requête du malheureux président polonais qui souhaitait  résider en Suisse. Moscicki se retira à Versoix où il mena une vie paisible avec son épouse en tant que « simple citoyen suisse » jusqu’à son décès, le 2 octobre 1946. Le 11 septembre 1993, après les élections libres qui portèrent  Lech Walesa à la présidence de la République, les cercueils du président Moscicki et de son épouse furent rendus à la Pologne. 

Claude Bonard

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08/05/2018

Le Chancelier Désiré...

Le Chancelier Désiré !

Désiré gravure.jpgAujourd'hui, je vous présente le Chancelier du jour puisque c'est sa fête ! Mais détrompez-vous, il ne s'agit pas de celui – ou celle – que tout Genève attend et désire pour la prochaine législature !

Ce 8 mai est en effet le jour de la Saint Désiré, né en mars 512 et décédé le 8 mai 550. Ce Désiré du jour a eu une  carrière qui avait un lien avec Genève. Cet important  personnage était en effet Chancelier royal, au service des fils de Clovis.

Or comme chacun sait, Clovis, roi des Francs saliens, avait épousé en 493 Clotilde la nièce de notre bon vieux  roi Gondebaud. Et avant son mariage, Clotilde, future épouse de Clovis, résidait à Genève avec sa sœur aînée Sédéleube au Prieuré de Saint-Victor, hors les murs de la cité.

Plus tard, le sage Chancelier Désiré fut nommé évêque de Bourges, il continua à conseiller les rois et tenta de négocier une paix durable entre l'Anjou et le Poitou qui s'épuisaient dans des luttes sans fin. ( ainsi, vous le voyez, il n'y a pas qu'à Piogre qu'on se chamaille !) 

Reste à attendre  notre prochain Chancelier - ou Chancelière -  qui, à défaut de s'appeler Désiré, se fera désirer encore quelques jours. 

Claude Bonard 

Illustration tirée du site Wiki Guy de Rambaud (D.R.)

 

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07/05/2018

7 mai 1954 - Pour ne pas oublier ceux d' Huguette, Anne-Marie, Françoise, Claudine, Isabelle, Gabrielle, Béatrice, Dominique et Eliane !

Dien Bien Phu.jpeg7 mai 1954, Diên Biên Phu, aux confins de la Chine et du Laos, un jour noir et pourtant héroïque pour l'armée française en Indochine. Après des combats d’une rare violence entre les soldats du corps expéditionnaire  et les troupes du Vietminh, le camp retranché français implanté dans la cuvette de Diên Biên Phu, fruit d'une décision stratégique insensée, tombait aux mains des forces du général Võ Nguyên Giáp à 17 h 30. Depuis 30 mars 1954,  la "bataille des cinq collines" faisait rage. La piste d'aviation avait été été rendue inutilisable très rapidement suite aux tirs de l'artillerie du Vietminh. Les points d’appui Huguette, Dominique, Claudine tombèrent les uns après les autres. Restait Eliane, proche du PC du colonel de Castries. C’est là, que se joua l’affrontement final sur Eliane 2 , lieu de la dernière et héroïque résistance française. On peut estimer à environ 8 000 le nombre de soldats vietminh tués pendant la bataille et à 2 293 celui des tués dans les rangs de l'armée française. Plus de 11 000 combattants français et indigènes prirent le chemin des camps de travail et de "rééducation". Les prisonniers qui survécurent après leur long calvaire rentrèrent en France dans un état sanitaire catastrophique. Le camp retranché de Diên Biên Phu était commandé par le colonel Christian de La Croix de Castries ( 1902 – 1991). Un cavalier que rien ne prédestinait à  mener une guerre de positions, retranché dans une cuvette indéfendable en plein territoire hostile. Le colonel  de Castries était sorti de l'Ecole de cavalerie de Saumur en 1926. Christian de La Croix de Castries embarqua pour l’Indochine en septembre 1946 où il commanda le Régiment de Marche de Spahis marocains d'Extrême-Orient. Il  fut blessé le 16 janvier 1951 à Vinh Yên. Rapatrié en juillet 1952, il décida de repartir pour l'Indochine en août 1953. Promu colonel, c'est alors que pour son plus grand malheur, il fut affecté au commandement du camp retranché de Diên Biên Phu. Ses étoiles de général de brigade lui furent  parachutées pendant la bataille. A l'issue des combats, il passa plusieurs mois en captivité avant de rentrer en France. Au nombre des "rescapés de l'enfer" des camps de "rééducation, on trouve  les figures légendaires de la bataille de Diên Biên Phu que furent les colonels Langlais et Bigeard , le commandant Pouget , le médecin-commandant Grauwin, le capitaine Bergot, le capitaine Harvouët ou le sous-lieutenant Mengelle pour ne citer que ces quelques noms. 

Sur le plan diplomatique,  un mois avant le drame  de Diên Biên Phu,  Genève se préparait  déjà à accueillir la conférence sur l'Indochine qui se réunira formellement du 26 avril au 21 juillet en présence des représentants des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'U.R.S.S., de la France, de la République populaire de Chine (dont ce fut l'entrée sur la scène diplomatique), des deux Corées, du Laos, du Cambodge, du Vietnam et du Viêt-minh. La conférence mit d'abord la Corée à son ordre du jour puis consacra ses travaux à l'Indochine. 

Claude Bonard

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