25/06/2018

Depuis 1953, des militaires suisses surveillent le respect de l’armistice en Corée

La situation en Corée fut à la pointe de l'actualité récemment à l'occasion de la rencontre au sommet entre MM. Kim Jong-un, chef suprême de la Corée du Nord et le président des Etats-Unis d'Amérique M. Donald Trump. L'occasion pour moi de rappeler qu'il y a 68 ans aujourd'hui, le 25 juin 1950 la guerre de Corée débutait. 135 000 soldats Nord-Coréens lancent alors  leur offensive en pénétrant sur le territoire de la Corée du Sud. Le conflit va rapidement s'internationaliser alors que le monde se trouve en pleine guerre froide. Les forces des Nations Unies soutiennent la République de Corée et alors que Soviétiques soutiennent la République populaire démocratique de Corée. Près d'un demi-million de “volontaires” chinois combattent aux côtés des Coréens du Nord. Ce conflit meurtrier et dévastateur tant pour les combattants en présence que pour les populations civiles durera jusqu'à l'armistice – toujours en vigueur aujourd'hui – du 27 juillet 1953 qui consacra le retour au “Statu quo ante bellum. Une Commission de Surveillance des Nations Neutres pour l'Armistice en Corée fut créée. Cet organisme qui porte le nom de “Neutral Nations Superviser Commission” (NNSC) est basé à Panmunjeom, ( ou Pan Mun Jon ), nom d'un ancien village aujourd'hui disparu de la zone démilitarisée situé en Corée du Nord à moins de 500 mètres de la frontière entre les deux Corées, dans la province de Hwanghae du Nord. La NNSC était composée à l'origine d'officiers Suisses et Suédois d'une part, Polonais et Tchèques d'autre part. C'est le 7 juillet 1953, que le Conseil fédéral décida de l’envoi de militaires suisses non armés pour surveiller le respect de l’armistice coréen. Cette décision marquait la naissance de la promotion militaire de la paix de la Confédération. Au départ, le contingent suisse en Corée comptait pas moins de 146 militaires. Avec leurs confrères suédois, avec les représentants de la partie adverse, Tchèques et Polonais, leur mission consistait, comme aujourd'hui, à veiller au respect du traité d’armistice dans la partie sud de la zone démilitarisée (DMZ), qui est en fait une des régions les plus militarisées du monde. Les Suisses et les Suédois sont aujourd'hui encore sur la ligne de démarcation avec quelques officiers seulement. Si cet engagement pouvait encore il y a peu paraître symbolique, les récents événements prouvent que la NNSC a encore un rôle à jouer. C'est le divisionnaire Patrick Gauchat qui est aujourd'hui le “patron” de la délégation suisse auprès de la NNSC. Corée SVMM 1.jpg

Claude Bonard

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24/06/2018

1812 - pour ne pas oublier les Genevois et ceux du Département du Léman tombés en Russie

Le 24 juin 1812 débutait la funeste campagne de Russie. 614'000 hommes de la Grande Armée de Napoléon franchirent le Niémen. En décembre, soit six mois plus tard, les pertes furent  effroyable à l'issue de la retraite. Selon l'historien Thierry Lentz que je cite ici, on peut les estimer ainsi  :  environ 200'000 morts, (la moitié au combat et le reste de froid, de faim ou de maladie), 150'000 à 190'000 prisonniers tombés entre les mains des Russes. On compte aussi 130'000 soldats disparus ou ayant déserté au cours de la marche sur Moscou et près de 60'000 qui tentèrent de se réfugier chez l'habitant. Enfin, moins de 30'000 soldats repassèrent le Niémen à la fin de la campagne. De nombreux  soldats originaires de Genève et du département du Léman perdirent la vie ou disparurent en Russie. Ils étaient notamment incorporés au sein du 35e régiment d'infanterie de ligne. Au 31 décembre 1812, ce régiment ne comptait plus que 36 officiers et 76 sous-officiers et soldats. Plus généralement, au cours des guerres de l’Empire, selon les chiffres cités par le regretté retraite_russie Kossak.jpgWalter Zurbuchen dans son étude intitulée "Genevois sous les Aigles" parue en juin 1964, près d’un millier de conscrits de Genève et du Département du Léman sont morts au combat ou ont été portés disparus, en Prusse orientale, en Russie ou encore du côté de Raguse ou de la Catalogne en défendant une cause qui n’était pas forcément la leur. Il ne faut pas les oublier.

Claude Bonard

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23/06/2018

Enigma- les trois Polonais et Alan Turing, une incroyable histoire !

Le 23 juin 1912,  le génial mathématicien Alan Turing naissait à Londres. Nombreux sont ceux qui croient que c'est lui qui a percé les secrets du code d'Enigma, la machine électromécanique servant au chiffrement de l'information développée en Allemagne depuis 1919. Un film récent accrédite d'ailleurs cette thèse.  C'est en partie vrai, mais en partie seulement et je vais vous raconter pourquoi. Ce sont  trois jeunes mathématiciens de l'université de Poznan , Marian Rejewski, Jerzy Różycki et Henryk Zygalski qui sont parvenus les premiers à briser le code d’Enigma. Une machine réputée inviolable inventée en 1919 en Allemagne  et perfectionnée dès  le milieu des  années 30 par  les Nazis  et dont l'utilisation va trouver son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale. Grâce aux trois mathématiciens géniaux de Poznan, de nombreux messages sont décryptés bien avant le début de la guerre. Après l’invasion de la Pologne en 1939, Marian Rejewski et son équipe  arriva à rejoindre la France où il poursuivit sa mission et ses expériences au sein des services de renseignements français. Après juin 1940, exfiltrés,  les trois Polonais parvinrent  à passer en Angleterre et mirent leurs  compétences en matière de cryptage et décryptage au service des Anglais à Bletchley Park à 60km de Londres. C'est là qu'il firent  la connaissance d'Alan Turing. Lorsque les Nazis mirent en service une nouvelle version d’Enigma, Rejewski Turing et leurs équipes arriveront à mettre au point les mesures permettant de percer à nouveau leurs codes. Ce sera l'un des "Jokers" des Alliés. La découverte géniale de Marian Rejewski  et de ses deux collègues polonais bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale puis les travaux  conduits à Bletchley Park permettront alors à Alan Turing de prendre le relais et finalement de percer le code de la version la plus élaborée d'ENIGMA, ce qui donnera aux Alliés un avantage déterminant sur leur adversaire. Dès cet instant, les Polonais passent la main et Turing prend le leadershipEnigma Poznan.jpg. Grâce à une nouvelle machine développée par Turing et son équipe, à des documents récupérés sur un sous-marin allemand, et à l'aide technique des Etats-Unis, l'équipe de Bletchley Park parvient  à la mi-1943 à percer le nouveau code  et à décrypter les messages allemands. Le cours de la guerre en sera changé.

Claude Bonard
Sources : 
ieeeghn.org
http://www.bibmath.net/crypto/index.php
http://www.enseignement.polytechnique.fr/…/poup…/enigma.html Wikipedia :
• Cryptanalyse d'Enigma
• Biuro Szyfrów
• Histoire des codes secrets de Simon Singh
The Enigma Code Breach : An Account of the Polish Role, J. Bury
The Breaking of Enigma by the Polish Mathematicians, T. Sale
How Mathematicians Helped Win WWII, National Security Agency

12:22 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |