16/07/2018

France - triste célébration d'une victoire !

Le 25 août 1944, au moment de la libération de Paris, le général de Gaulle s'exprimait ainsi :

"Nous sommes ici. Nous sommes ici chez nous dans Paris levé […] Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière : c'est-à-dire de la France qui se bat. C'est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle."

S'il avait été hier soir à Paris au moment de ce qui devait être un moment festif après la victoire de la France aux championnats du monde de football, il aurait pu dire ceci :

"Nous sommes ici. Nous sommes hélas ici chez nous dans Paris outragé, Paris dévasté, Paris souillé, et Paris mortifié ! Paris saccagé par lui-même, incendié par ses voyous avec le concours d'individus peu recommandables et lâches qui ne sont pas la France, avec  le concours d'irresponsables : c'est-à-dire de la France qui se vautre. C'est-à-dire la France de la désolation, de l'agressivité et des provocateurs. Ce n'est pas la vraie France, la France éternelle."

Avec une pensée pour les quarante-cinq policiers blessés hier soir, les exploitants  des commerces dévastés et les propriétaires des véhicules incendiés.

 
Claude Bonard de Gaulle.jpeg

 
 
 
 

13:50 Écrit par Claude Bonard | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

13/07/2018

Pourquoi ne pas réinventer la Communauté Européenne de Défense (CED) ?

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En 1950, les Européens eurent une idée clairvoyante, celle de la création d'une Communauté Européenne de Défense (CED). Ce projet visionnaire fut pourtant coulé, notamment en raison de la position de la France. Au moment de la guerre froide et alors que la construction de l’Europe prenait son essor, le débat fit rage en France, s’agissant de la création de cette CED, instance qui ne verra finalement pas le jour au vu des multiples oppositions suscitées, au nombre desquelles on trouva celle du général de Goislard de Monsabert, que j'ai bien connu,  et d’autres prestigieux  officiers de « Rhin et Danube ». D'autres officiers généraux furent en revanche favorables à la CED; ce fut  le cas du général de Larminat. Avec la mise en œuvre de la CED, c'était aussi toute la tradition militaire nationale et la "Grandeur de la France" qui étaient en jeu. L'Assemblée nationale refusa alors  en août 1954 de ratifier le traité instituant la CED, signant ainsi la condamnation à mort du projet. Depuis cet échec, la conception d'une défense commune de l'Europe est réduite à portion congrue. On risque bien de le regretter aujourd'hui vu l'évolution de la situation géopolitique et certains  rééquilibrages entre le pays de l'Oncle Sam et le Vieux-Continent. Ne serait-ce pas le moment de remettre l'idée de la CED au goût du jour  en l'adaptant à notre temps et de réinventer ainsi la  défense militaire commune dont l'Europe a  un si urgent besoin ? 

Claude Bonard

 

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14 juillet 1789, un déserteur de Genève prend la Bastille !

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Voici l'histoire d'un déserteur du régiment soldé de la République créé à Genève en 1783 par le gouvernement patricien conservateur suite à l'échec la prise d'armes des Natifs du 8 avril 1782. Ce déserteur du nom de Pierre-Auguste Hulin, sera l'une des figures marquantes de la prise de la Bastille. Hulin avait débuté sa carrière comme sous-officier enrôlé à Genève au sein du Régiment « mercenaire » de la République. Il déserte et quitte Genève pour Paris en 1785. Devenu garde suisse, il est congédié vu sa mauvaise conduite et vit chichement comme employé de buanderie. Il adhère aux idées de la Révolution. Le 14 juillet 1789 à la Bastille le gouverneur Bernard René Jourdan, marquis de Launay refuse de remettre les armes et la poudre que des insurgés parisiens conduits par Hulin sont venus chercher à la forteresse faiblement défendue par 82 invalides et 32 soldats du régiment suisse de Salis-Samedan. Après de multiples tergiversations et sur ordre du marquis de Launay, le lieutenant Ludwig von Flüe commande le feu. A l'issue des combats, on dénombre plusieurs victimes tant parmi les défenseurs de la Bastille que du côté des assaillants. De Launay qui avait menacé de faire sauter la forteresse entière et le quartier environnant finit par capituler en échange de la vie sauve pour lui et ses hommes. Fait prisonnier et plutôt chanceux, le lieutenant Ludwig von Flüe en réchappera.Il mettra sans tarder son épée au service de l'Angleterre puis après le retour de la royauté en 1815, à nouveau au service de France. Comme quoi il avait de la suite dans les idées. En revanche, de Launay fut moins chanceux. Il fut lynché en place de Grève par la foule furieuse et poignardé à plusieurs reprises Sa tête fut sciée par le boucher Mathieu Jouve Jourdan puis fixée au bout d'une pique. Pierre-Auguste Hulin, notre déserteur genevois était une forte tête que rien ne prédisposait à entrer dans l'histoire  une seconde fois, vingt-trois ans plus tard, devenu général et comte d'Empire, en 1812 à Paris, où il sauva le régime impérial en déjouant la conspiration du général Malet alors que Napoléon était embourbé en Russie. Il commandait alors  la place de Paris. Un poste stratégique s'il en est. En pleine tentative de coup d'Etat, le général putschiste tira à bout portant sur Hulin dont la joue fut transpercée par une balle, d'où son surnom depuis lors de "Général bouffe la balle".

Claude Bonard

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