07/02/2018

Les traces de Charles Dickens et William Haldimand à Nyon et Lausanne

Le 7 février 1812 naissait Charles Dickens. Quel rapport entre le célèbre romancier, Nyon et Lausanne me direz-vous ?

Nyon tout d'abord : Le 12 octobre 1857, le notaire Samuel Claire Matthey dépose au greffe du tribunal de Nyon l'acte de fondation de la Société anonyme de la clinique La Métairie. Au nombre de souscripteurs des actions, on trouve William Haldimand et Alexandre-Louis Prévost-Martin, ancien consul général de la Confédération Suisse à Londres. Or c'est à Londres que les banques Haldimand & Sons, Louis Prevost et Morris & Co financèrent entre 1825 et 1827 la construction de l'Earl Grosvernor et de Belgravia Square. William Haldimand devint directeur de la Banque d'Angleterre à l'âge de 25 ans et membre du Parlement et c'est à Londres qu'il fit la connaissance de Charles Dickens.

Lausanne ensuite : William Haldimand se retira à Ouchy en 1828 et c'est en cette ville, dans sa villa du Denantou qu'il reçut son ami Dickens. Il fut d'ailleurs  le parrain de son cinquième fils qui porta le nom de Sydney Smith Haldimand qui  fera carrière  comme officier de marine  au sein de la Royal Navy. A Ouchy, William Haldimand fit construire vers 1830 la tour qui porte son nom.

 Dickens_Gurney_head.jpgClaude Bonard

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01/02/2018

Projet de loi polonais sur la Shoah, le sens de l'intérêt général doit reprendre le dessus

L'affaire du projet de loi polonais sur la Shoah prend une sale tournure.  Ce texte vise à sanctionner par des amendes ou des peines de prison allant jusqu'à trois ans de réclusion ceux qui attribuent "à la nation ou à l'Etat polonais" des crimes commis par les nazis  en Pologne durant la Seconde Guerre mondiale. Les effets secondaires induits par ce texte  adopté tant par la chambre basse que par la chambre haute mais non encore ratifié par le Président de la République  se succèdent "à la vitesse grand V". et les fronts se durcissent. Hier soir, c'est le Département d'Etat américain qui réagissait, et à Varsovie, les autorités   interdisaient une manifestation nationaliste devant l'ambassade d'Israël.  Aujourd'hui,  c'est l'OSCE à Vienne qui se fend d'un communiqué.  Tout est parti il y a quelques jours de la réaction de l'Etat d'Israël  par rapport à l'idée même  des autorités polonaises de légiférer sur la Shoah C'est l'ambassadrice d'Israël qui a ouvert les feux lors de son allocution au cours de la cérémonie commémorative de la libération du camp d'Auschwitz en présence des rescapés des camps et de tous les représentants des corps constitués. Je ne peux peux pas  croire que son action n'ait pas été coordonnée avec son gouvernement. A y regarder de plus près, ce n'était   ni l'endroit ni le moment d'agir ainsi. Ceci étant dit, le malaise était perceptible depuis longtemps.

S'agissant du texte de loi suscitant cette tempête politique, émotionnelle  et médiatique, toute personne sensée  connaissant  un tant soi peu l'histoire de la Seconde guerre mondiale sait que l'Etat polonais n'est pour rien dans la construction des camps nazis en Pologne occupée, le seul gouvernement polonais ayant été alors le gouvernement polonais en exil à Londres reconnu par les Alliés.  La formulation  ambiguë de la  loi ouvre en revanche  la porte  à de  potentielles  pressions sur les chercheurs où qu'ils soient, qui étudient cette période. Elle  peut ainsi  être de nature à limiter la liberté d’expression, ce qui peut conduire insensiblement à brider la recherche historique. Comme l'a fort justement écrit le professeur Michel Grandjean dans la Tribune de Genève, il faut laisser les historiens faire leur métier.

Vu de Varsovie, j'ai  le sentiment d'assister aujourd'hui à un sinistre ballet dans lequel se mêlent à la fois l'incompréhension, la fierté de deux nations meurtries, une relecture de l'histoire, un antisémitisme latent qui ne demande qu'à refaire surface, des jeux diplomatiques et des calculs politiques iniques.  Tout ça peut très mal finir si le sens de l'intérêt général ne reprend pas le dessus. Ce débat surréaliste  et nauséabond est une insulte faite aux  victimes de la tragédie de la Shoah.Parlement polonais.jpeg

Claude Bonard 

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30/01/2018

Eugène Bovy, graveur genevois dont l'oeuvre nous accompagne encore aujourd'hui au quotidien

Après un mariage civil le 29 janvier 1853, la jeune comtesse espagnole Eugénie de Montijo épouse religieusement à Notre-Dame de Paris Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III l'année précédente. 17 ans plus tard, dans les derniers jours de l'Empire, en 1870, c'est un artiste genevois, Antoine Bovy né et décédé à Genève ( 1795-1877), graveur de médailles très connu, élève de James Pradier, qui va réaliser un superbe portrait gravé de l'impératrice. Cette médaille fait aujourd'hui partie des collections des Musées de Paris. En Suisse, si nous avons un peu oublié l'oeuvre d'Antoine Bovy, il est pourtant toujours présent dans notre vie quotidienne sans que nous le sachions, lorsque nous manipulons des pièces de 50 centimes, 1 et 2 francs. C'est en effet Bovy qui a gravé la fière HELVETIA avec son bouclier à croix suisse figurant au dos de ces pièces de monnaie.

Bovy -Eugénie.jpgClaude Bonard

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